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2 semaines de safari en Ouganda

Pendant des années, j’ai rêvé de réaliser un safari en Ouganda pour partir à la rencontre des gorilles des montagnes et des chimpanzés. Ce rêve est devenu réalité. Et je n’ai pas été déçu, les observations sur le terrain ont été à la hauteur de mes rêves.

Je suis parti deux semaines en Ouganda pour découvrir les parcs nationaux et les réserves du sud de la perle de l’Afrique. Deux semaines de safari où l’observation et la photographie des primates et des oiseaux ont été au cœur du voyage. Je vous embarque dans ma valise ? Voici le récit de mon voyage. C’est un premier article. Voyez-le comme une ébauche, un premier retour. De nombreux autres articles suivront sur des sujets plus spécifiques sur un parc national ou une espèce…

Il est 22h30 lorsque l’avion se pose sur le tarmac de l’aéroport d’Entebbe. Nous passons les formalités Covid-19 avec une rapidité inattendue. Nous faisons un test PCR, obligatoire à l’arrivée et au départ d’Ouganda au moment de notre voyage, et obtenons les résultats quatre heures plus tard par email et WhatsApp. A ce moment là, nous dormons profondément dans notre hôtel à Entebbe.

1er safari dans le parc national du lac Mburo

Après un transfert en 4×4 d’environ 5h, nous nous installons au Rwakobo Rock Lodge à l’entrée du parc national du lac Mburo. Le parc national n’était pas sur notre liste des incontournables en Ouganda mais permet de faire une halte intéressante et d’éviter des transferts trop longs. On y a fait deux safaris : un l’après-midi après notre arrivée sur le site et un autre le lendemain matin avant notre poursuite du voyage.

Aussi étrange que cela puisse paraître, le parc national du lac Mburo, d’une superficie de 256 km², est l’unique parc en Ouganda où observer l’impala et le seul avec Kidepo pour le zèbre des plaines et l’éland du Cap. Le cobe de fassa, le guib harnaché et le phacochère sont communs. On peut aussi y observer la girafe Rothschild et le topi.

J’ai trouvé le parc national plus intéressant pour les oiseaux que pour les mammifères. Plus de 310 espèces d’oiseaux ont déjà été observées. Le martin-chasseur du Sénégal, le martin-pêcheur pie ou encore le francolin à gorge rouge qu’on ne trouve que dans le sud du pays sont communs. J’ai pu faire de très belles observations de rapaces et d’ombrettes africaines.

A lire sur le parc national du lac Mburo :

A la rencontre du gorille des montagnes dans le parc national Mgahinga

Après un transfert en voiture vers le lac Mulehe, nous nous sommes installés sur le bord du lac. Les chalets du lodge donnaient sur le plan d’eau. Un magnifique décor. Depuis la terrasse de mon chalet, j’ai pu observer le martin-pêcheur huppé et le martin-pêcheur pie en chasse, des pêcheurs ainsi que des loutres à cou tacheté dont le statut IUCN est alarmiste puisque l’espèce est classée « quasi menacée ». C’est l’une des deux loutres qu’on trouve en Ouganda.

Les deux jours suivant, équipé de mes bottes de randonnée en caoutchouc, j’ai arpenté à pied le parc national Mgahinga, le plus petit d’Ouganda (37 km²), pour en découvrir ses trésors. La première matinée, j’ai réalisé une randonnée éprouvante à la rencontre du singe doré, une espèce de cercopithèque endémique aux volcans de Virunga à cheval sur le Rwanda, la République démocratique du Congo et l’Ouganda. On peut dire que j’ai bien transpiré cette matinée là. La même journée, j’ai enchaîné avec une autre randonnée, ornithologique cette-fois-ci pour observer et photographier les oiseaux endémiques du rift Albertin comme le tisserin de montagne ou le souimanga royal. Une journée bien remplie, exténuante mais pleine de surprise comme je les aime.

Le second jour dans le parc national Mgahinga était consacré à la rencontre avec les gorilles de montagne. Les voyageurs en Ouganda ont plutôt tendance à aller les observer au parc national Bwindi mais un groupe de gorilles à Mgahinga accepte la présence de l’Homme. Quel moment incroyable avec le groupe Nyakagezi composé de 9 gorilles : trois dos argentés, un mâle adulte (qui n’est pas encore silverback), deux enfants, deux femelles adultes et un juvénile. C’est sûr, voir les gorilles des montagnes coûtent cher. 700$ par personne pour rester une heure à leur contact c’est un budget conséquent mais l’expérience est unique. Je ne peux que la recommander aux amoureux de la nature qui ont les moyens et l’envie de rencontrer les gorilles des montagnes.

A lire sur le parc national Mgahinga :

Safari et croisière dans le parc national Queen Elizabeth

Toujours en 4×4, nous partons vers le nord rejoindre le parc national Queen Elizabeth. Nous entrons par le sud et le secteur d’Ishasha réputé pour l’observation de lions dans les arbres. Nous n’en verrons pas. Le mois de novembre n’est vraiment pas la meilleure période pour observer les mammifères dans le parc national. On s’en rendra compte mais nous avons quand même pu faire de belles observations les jours suivants dans le secteur des plaines de Kasenyi où nous avons pu observer des cobes d’Ouganda en grande nombre sur leur lek, des cobes de fassa, des topis, un léopard, des lions.

A cette époque de l’année, le parc national est par contre extrêmement intéressant pour l’observation des oiseaux, en safari à bord du 4×4 ou en croisière sur le Kasinga Channel. Il faut dire que le parc national Queen Elizabeth comptabilise plus de 600 espèces d’oiseau, soit autant qu’en France alors que sa superficie est 275 fois plus petite. Voici quelques espèces que j’ai apprécié observer et photographier : veuve dominicaine, bec-en-ciseaux d’Afrique, martin-pêcheur pie, cisticole de Woosnam, vautour palmiste, vanneau du Sénégal.

A lire sur le parc national Queen Elizabeth :

4 heures avec les chimpanzés du Parc national Kibale

Le voyage en Ouganda se poursuit toujours plus vers le nord. Nous mettons le cap vers la petite ville de Bigodi en bordure du parc national Kibale, un des hots spots pour l’observation des chimpanzés. Après avoir déposé nos affaires au superbe Turaco Treetops Lodge qui domine la canopée, nous partons découvrir une première fois à pied le marais de Bigodi en compagnie d’un ornithologue local. Le site est réputé pour l’ornithologie et les primates. La progression n’est pas simple en saison des pluies même avec des bottes. De cette première sortie,  je n’ai aucune photo. J’ai malencontreusement écrasé le contenu de ma carte mémoire. Fort heureusement, je n’ai pas reproduit l’erreur une seconde fois en y retournant. Les marais de Bigodi sont propices à l’observation de plusieurs espèces de primates : le colobe guéréza, colobe bai, cercopithèque ascagne ou encore le très discret cercopithèque de l’Hœst. Plus de 200 espèces d’oiseaux peuvent y être rencontrées dont les touracos : le touraco géant, le touraco de Ross et le touraco à queue barrée.

L’autre moment très attendu de ces deux semaines de safari en Ouganda, c’était l’exploration de la forêt du parc national de Kibale à la rencontre des chimpanzés. Nous avions opté pour une session d’habituation dont la durée avec le groupe de chimpanzés dure 4h au lieu des 1h lorsqu’on réserve pour un tracking. La différence de tarif n’était pourtant pas si énorme : 250$ par personne d’un côté contre 200$ de l’autre. Comme pour les gorilles des montagnes, l’expérience a dépassé mes attentes. C’était juste incroyable d’être à leur contact à moins de 10 mètres. Tantôt ils étaient dans les arbres mangeant des fruits, tantôt au sol s’épouillant, se reposant tout en prenant des pauses non sans rappelées des attitudes humaines. Là encore, venir en Ouganda sans vivre cette expérience serait un crime de lèse-majesté.

3 jours de safari au parc national Murchison Falls

Le voyage en Ouganda se poursuit toujours plus au nord dans le parc national Murchison Falls. On s’installe à la nuit tombée au Murchinson River Lodge en bordure du Nil.

Les deux jours suivant, nous avons exploré le parc national en bateau ainsi qu’en 4×4. C’est un sanctuaire animalier très intéressant pour la diversité de sa faune. En 4×4, nous avons découvert les secteurs de Paraa, Pakuba et Buligi. En bateau, nous sommes partis de notre lodge jusqu’au delta du Nil.

Les mammifères les plus fréquemment observés sont le cobe d’Ouganda, l’oribi, le bubale de Jackson, le buffle, l’hippopotame, la girafe de Rothschild, le singe patas et l’éléphant dont on trouve ici de grands troupeaux. Mais on a aussi pu faire de très bonnes observations de lions et de léopards.

Les oiseaux ne sont pas en reste avec plus de 450 espèces observables. Le parc national Murchison Falls est un bon spot pour le pygargue vocifère, le martin-chasseur du Sénégal, le guêpier écarlate mais aussi le bucorve d’Abyssinie. Le bec-en-sabot du Nil peut se rencontrer mais nous n’avons pas eu cette chance. Inutile de vous citer tous les oiseaux observés, je vais écrire des articles spécifiques sur ce parc national (comme pour les autres d’ailleurs).

Approche à pied des rhinocéros blancs au Ziwa Rhino Sanctuary

Le voyage en Ouganda commence à toucher à sa fin. Tout doucement, nous reprenons la route vers la capitale Kampala. En route, nous faisons un arrêt au Ziwa Rhino Sanctuary pour approcher les rhinocéros blancs à pied. Ziwa est un sanctuaire de 7000 hectares qui accueille une trentaine de rhinocéros. Ils sont surveillés jour et nuit par une équipe de rangers. C’est le seul sanctuaire animalier en Ouganda avec une population de rhinocéros.

On peut y dormir mais nous n’y sommes que passé en fin de matinée à des heures moins propices à des observations intéressantes car il commençait à faire bien chaud et les rhinocéros rencontrés étaient le plus souvent allongés à l’ombre d’un arbre. Préférez venir tôt le matin ou en fin de journée.

Le soir même, nous sommes à notre hôtel sur le bord du lac Victoria.

Le bec-en-sabot du Nil dans le marais de Mabamba et les jardins d’Entebbe

C’est déjà le dernier jour de mes 2 semaines de safari en Ouganda. Mais avant de prendre l’avion, je pars découvrir le marais de Mabamba en barque situé à un peu plus d’une heure de route. Avec du recul, j’aurais préféré prendre un lodge près du marais de Mabamba.

Le marais de Mabamba est réputé pour être l’un des meilleurs spots en Ouganda pour observer le bec-en-sabot du Nil. C’était clairement l’objectif de cette sortie. Cet échassier aux allures préhistoriques peut faire penser à un mélange de cigogne, de pélican et de héron mais c’est bien la seule espèce du genre Balaeniceps. Mission réussie, j’ai pu observer pour la première fois cet oiseau incroyable et dans de bonnes conditions.

Il me restait du temps à tuer avant de prendre mon vol à 23h30. Je suis donc allé traîner mes basques au jardin botanique d’Entebbe. Plus d’une vingtaine d’espèces d’oiseaux observées en moins de deux heures. Une façon de dire au revoir à ce beau pays qu’est l’Ouganda. Je reviendrai, promis.

De nombreux autres articles sur l’Ouganda sont prévus. restez à l’affût en vous inscrivant à la Wildletter.

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Avec qui faire un safari en Ouganda ?

Pour votre safari en Ouganda, je vous conseille d’adresser votre demande de voyage sur mesure auprès de l’agence locale ougandaise qui travaille avec des guides francophones.  Je l’ai sélectionné pour sa connaissance du terrain, son sérieux et sa capacité à répondre aux demandes personnalisées. Contactez Eric, Expert sur l’Ouganda.

Où dormir ?

Voici les références des hôtels et lodges de mon voyage. Ils se classent dans la catégorie moyenne gamme (3 étoiles norme locale) :

  • The Boma Hotel : Situé au calme près de l’aéroport avec un joli jardin fréquenté par de nombreux oiseaux. Piscine. Excellent petit-déjeuner. Accueil chaleureux.
  • Rwakobo Rock Lodge : Lové sur une colline à l’entrée du parc national du lac Mburo, le lodge est animé par une atmosphère sympathique et décontracté. L’équipe n’y est pas pour rien. Bonne table. Piscine.
  • Lake Muhele Safari Lodge: Tous les cottages en pierre donnent sur le lac Muhele. Vaste chambre. Equipe très sympathique. On y mange bien aussi. A 45 mn de l’entrée du parc national Mgahinga.
  • Queen Elizabeth Bush Lodge : Bush camp disposant de toiles de tente qui donnent sur le Kazinga Channel du parc national Queen Elizabeth. Non clôturé, le lodge est fréquenté régulièrement par les éléphants, les hippopotames et de nombreux oiseaux. Bonne table. Service un peu lent.
  • Turaco Treetops Lodge: Très beau lodge près du parc national Kibale. Magnifique et grande chambre avec une terrasse ouverte sur la canopée. Piscine. Excellente table. Personnel au petit soin. La meilleure adresse du voyage.
  • Murchison River Lodge: Lodge dans le parc national Murchison Falls le long du Nil qui comprend des hébergements pour tous les budgets, du camping au cottage en toit de chaume en passant par la tente de safari. Excellente table. Piscine.
  • Ziwa Rhino Sanctuary : Nous n’y avons pas dormi mais cela est une option à envisager.
  • Kaazi Beach Resort : Hôtel avec une vue imprenable sur le lac Victoria. Piscine. Bonne table. Restaurant et bar fréquentés par les locaux. Un peu bruyant. Si vous aimez le calme, passez votre chemin.

Quand faire un safari en Ouganda ?

Quand partir en Ouganda pour un safari ? Pas facile de répondre à cette question car le pays se trouve à la lisière entre l’Afrique de l’est et l’Afrique centrale avec des écosystèmes très variés allant de la jungle tropicale d’altitude à la savane en passant par les marais.

Il y a deux périodes pour la saison sèche : de juin à septembre et de décembre à février. Mais voyager en saison des pluies est possible. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait (en novembre).

Vous êtes ornithologue ? L’Ouganda est fait pour vous avec près de 1100 espèces d’oiseaux dans un pays dont la surface est inférieure de moitié à celle de la France. Préférez la période de novembre à avril qui compte une plus grande diversité d’espèces avec la présence des oiseaux migrateurs.

Livres et guides d’observation et de voyage

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Safari en Ouganda, gorille des montagnes
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4 commentaires au sujet de “2 semaines de safari en Ouganda”

  1. Quel voyage magnifique ! J’avais adoré l’Ouganda, un rêve que je n’imaginais pas qu’il était possible de réaliser (notamment la rencontre avec les gorilles) et un voyage dont je me souviendrais toute ma vie bien que beaucoup trop court (malheureusement pas le budget pour rester plus qu’une semaine). La biodiversité est tellement incroyable c’est vraiment dingue, que ce soit la rencontre avec les Gorilles ou bien les safaris dans les Parcs Nationaux !!
    Comme d’habitude tes photos sont magnifiques !

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    • Je ne vois pas un amoureux de la nature être déçu de l’Ouganda. Le pays est tellement unique par sa biodiversité et les espèces qu’il recense. Pas étonné donc que tu es adoré. C’est aussi mon cas. Et je suis ravi de maintenant pouvoir encadrer des voyages photo en Ouganda. Tellement hâte d’y retourner.

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  2. Bonjour,
    Merci pour ce très beau récit.
    Nous envisageons un voyage en Ouganda cette année, mais avons du mal à trouver des infos sur les restrictions Covid. En particulier, on parle de PCR avant le départ, et avant les sorties gorilles, où avez vous fait ces test?
    Merci d’avance,

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    • Bonjour Denis,

      Au moment de mon voyage en novembre 2021, il fallait avoir un test PCR négatif de moins de 72h00 avant d’arriver en Ouganda, faire un test PCR à l’arrivée à l’aéroport (résultat dans les 6h00 lorsque vous êtes à l’hôtel) puis nouveau test PCR avant de sortir du pays. Pas d’autres tests à faire. Pour les sorties primates, il fallait porter le masque en présence des gorilles, chimpanzés et singes dorés. Ces mesures pouvant changer avec l’évolution de la pandémie, il faut soit les vérifier auprès de votre agence de voyage ou auprès de https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays-destination/ouganda/ si vous êtes français résidant en France.

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