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Voir le gorille des montagnes dans le parc national Mgahinga

Lors de mon dernier voyage en Ouganda, j’ai eu la chance de voir le gorille des montagnes dans le parc national Mgahinga. Je reviens pour vous sur cette expérience inoubliable qui restera à jamais gravée dans ma mémoire et dans mon cœur.

Le gorille des montagnes

Le gorille des montagnes (Gorilla beringei beringei) est l’une des quatre sous-espèces de gorilles. Il existe en réalité deux espèces de gorilles, elles-mêmes divisées en deux sous-espèces. On distingue en Afrique :

  • le gorille de l’Ouest (Gorilla gorilla) : Gorille des plaines occidentales (Gorilla gorilla gorilla), Gorille de la rivière Cross (Gorilla gorilla diehli),
  • le gorille de l’Est (Gorilla beringei) : Gorille des montagnes (Gorilla beringei beringei), Gorille des plaines orientales ou Gorille de Grauer (Gorilla beringei graueri).

Le gorille des montagnes vit dans la région des Grands lacs Africains, en particulier dans le massif des Virunga à cheval sur la République Démocratique du Congo, le Rwanda et l’Ouganda ainsi que dans le Parc National de la Forêt impénétrable de Bwindi.

Le gorille des montagnes peut mesurer jusqu’à 2 mètres et peser plus de 200 kg pour les mâles et un peu plus de 100 kg pour les femelles. C’est un animal sociable et pacifique qui vit le plus souvent dans un groupe polygame dirigé par un dos argenté, c’est-à-dire un vieux mâle dominant.

Les gorilles des montagnes sont des herbivores contrairement aux chimpanzés qui sont omnivores, même s’ils leur arrivent aussi de manger des insectes. Ils produisent au moins 25 sons différents.

Les gorilles des montagnes sont classés « en danger » par L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et sans le travail remarquable de Dian Fossey, au péril de sa vie, l’espèce aurait sans doute disparue. En 1986, un an après son assassinat, la population de gorilles des montagnes était estimée à 280 individus. Le dernier recensement de la population de gorilles des montagnes en 2018 fait état de 1004 individus. L’augmentation de la population de gorilles des montagnes est consécutive au travail de conservation et à l’écotourisme dont les fonds financent en partie la protection de l’espèce, son habitat et des projets pour des locaux (écoles, dispensaires…). Cette lueur d’espoir ne doit pas pour autant faire oublier que les menaces persistent (braconnage, troubles civils, maladies introduites par l’homme…) et que l’espèce doit être protégée. Sa survie n’est toujours pas garantie.

Gorille des montagnes, parc national Mgahinga
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Le Parc national Mgahinga

Créé en 1991, le Parc national des gorilles de Mgahinga est le plus petit parc national d’Ouganda avec une superficie de 33,7 km². Il se situe au sud-ouest du pays dans le massif des Virunga à la frontière avec le Rwanda et la République Démocratique du Congo, soit à environ 15 km au sud de Kisoro.

Il dispose de deux portes d’entrée : La Ntebeko gate, la porte principale sur la route de Kisoro et une seconde porte qui sert notamment pour l’ascension du mont Muhavura, le point culminant du parc national avec ses 4127 m. Je dis notamment car la veille de partir pour le « gorilla tracking », les rangers du parc informent les visiteurs de la porte de rendez-vous du lendemain selon où se trouvent les gorilles des montagnes.

La population de gorilles des montagnes est estimée à 90 individus dans le parc Mgahinga.

A Mgahinga, le gorille des montagnes est la star mais d’autres espèces peuvent être observées. A commencer par le singe doré, un cercopithèque endémique au rift Albertin, l’éléphant, le guib harnaché ou encore le buffle. Le parc national comptabilise également 180 espèces d’oiseaux dont 14 endémiques au rift Albertin.

Ranger station, parc national des gorilles de Mgahinga
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Nyakagezi, le groupe de gorilles des montagnes à Mgahinga

Le Parc national des gorilles de Mgahinga comprend trois groupes de gorilles des montagnes. Un seul a été habitué à la présence humaine, le groupe Nyakagezi contre 21 groupes dans le Parc National de la Forêt impénétrable de Bwindi. La phase de familiarisation peut durer jusqu’à deux ans.

Lors de mon passage à l’automne 2021, le groupe de gorilles Nyakagezi était composé de neuf gorilles : trois dos argentés, un dos noir, deux femelles adultes, deux juvéniles et un bébé. Ce qui est exceptionnel dans la composition du groupe, c’est d’avoir trois dos argentés dans le même groupe. Aucune autre famille de gorilles des montagnes n’est composée d’autant de dos argentés.

Au sujet des dos argentés, je voulais vous dire ceci. Un gorille adulte passe de dos noir à dos argenté vers l’âge de 15 ans lorsqu’il atteint sa maturité sexuelle. A cette période, sa poitrine devient glabre et le pelage de son dos se compose petit à petit d’une large bande grise et blanche.

S’il y a bien trois dos argentés dans le groupe Nyakagezi, il n’y a qu’un seul mâle dominant. Il se prénomme Mark.

Le Gorilla Tracking

La veille du « gorilla tracking » dans le parc national Mgahinga, nous apprenons par les rangers que le rendez-vous a lieu le lendemain matin à 8h00 à l’entrée secondaire du parc. C’est celle qui se trouve le plus à l’Est.

Le 4×4 nous dépose sur un petit parking après avoir progressé sur une piste rude et difficile. La suite se passe à pied pour rejoindre le baraquement du parc national. Ce qui me frappe d’entrée de jeu, c’est que les cultures et les habitations sont aux portes du parc national. Sans ce statut de protection, je suis convaincu que la forêt dont ont besoin les gorilles des montagnes serait dévastée par l’Homme. Deux néerlandais et un péruviens sont déjà là. Un rangers nous fait un topo sécurité et nous informe qu’en présence des gorilles, il faudra porter le masque en raison de la pandémie de Covid-19. Il ne faudrait pas non plus que nous leur transmettions cette saloperie.

La marche d’approche peut commencer. Avant de partir, on ne sait jamais si on va marcher une heure ou cinq heures. C’est selon la localisation du groupe de gorilles et de sa distance avec la portée d’entrée la plus proche. On fut assez chanceux car la marche ne dura pas plus d’1h30. En chemin, nous croisons des signes de présence des gorilles des montagnes mais aussi d’autres animaux avec des empreintes et des déjections. Les Batwa, les pygmées, qui vivaient ici avant la création du parc national et qui chassaient dans la forêt, n’ont plus le droit d’habiter cette terre. Ils sont désormais en plaine mais ils organisent des activités de découverte de leurs traditions. Nous croisons sur le chemin une hutte qui sert à des démonstrations. La progression n’est pas trop compliquée. Contrairement à Bwindi où la forêt primaire se répartit sur l’ensemble du parc national, les contreforts de Mgahinga sont composés de forêt secondaire. Et c’est moins galère pour randonner.

Au bout d’1h30 de marche d’approche, nous rejoignons des trackers qui travaillent pour le parc national. Ils se relaient jour et nuit pour rester en présence des gorilles des montagnes. Cela permet de mieux connaître leurs habitudes et d’éviter le braconnage tout en permettant aux voyageurs d’être presque sûrs de rencontrer les gorilles des montagnes dans leur habitat naturel. C’est le moment de mettre nos masques. Les trackers et rangers nous amènent prêt du groupe Nyakagesi.

Rencontre avec le groupe Nyakagesi

Nous avons le droit à une heure en présence des gorilles des montagnes. Pendant toute la durée, les rangers nous accompagnent. Lorsque nous arrivons sur le groupe, celui-ci est un peu éclaté. Il y a un dos argenté allongé sur les coudes sur le sol, une femelle adulte et les deux juvéniles qui s’amusent dans le coin. Les autres membres ne sont pas visibles. D’entrée de jeu, ce qui me saute aux yeux, c’est leur placidité.

A un moment, nous nous retrouvons face à une situation cocasse. Derrière nous, une femelle et les deux juvéniles puis face à nous, deux dos argentés arrivent, l’un par la droite et l’autre par la gauche. Les rangers nous intiment l’ordre de nous regrouper serrer et de rester calme. Les deux dos argentés marchent vers nous, chacun passant à moins d’un mètre de nous, pour rejoindre la femelle et les jeunes gorilles. L’adrénaline était à son comble, en tout cas pour nous car eux semblaient tout à fait désintéressés par notre présence..

Dès lors, le groupe de gorilles se met en mouvement. Le dos noir descend d’un arbre (et oui, les gorilles des montagnes montent dans les arbres). Nous suivons les gorilles à distance. Ils s’arrêtent sur une nouvelle aire d’alimentation et montrent de l’intérêt pour plusieurs troncs sur lesquels ils mangent des écorces et des insectes. C’est la seule nourriture animale qu’ils mangent. Le reste de leur alimentation est constituée d’herbes, de plantes, de fruits, d’écorces et de racines.

Je me retrouve face à Mark, le silverback dominant et lui tire le portrait. Il est intimidant et impose le respect.

Je m’approche d’une des deux femelles adultes (Nshuti) et de son bébé gorille (Ndiza) qu’elle porte sur le dos. Sur mon chemin, un gorille argenté me barre la route. Je stoppe à 5 ou 6 mètres de lui et m’accroupis pour lui tirer le portrait. Il se mettra en route et s’arrêtera à moins de 3 mètres de moi. Pendant plusieurs minutes, il restera face à moi, assis, à manger une écorce d’arbre tout en m’observant, se grattant et tirant la langue. Puis, il me laisse en plan. J’en profite pour m’approcher un peu plus de Nshuti et Ndiza et les photographier dans leur arbre.

D’un son guttural, Mark intime l’ordre au groupe de se remettre en route jusqu’à atteindre une clairière. C’est le lieu idéal pour se faire toiletter. Ces séances de nettoyage jouent un rôle primordial qui va bien au-delà de la question de la propreté. Elles tissent des liens entre les membres du groupe et apaisent les animaux.

L’heure avec les gorilles des montagnes arrive à terme. Il nous faut repartir. Je me suis senti différent après cette rencontre, plus humain, plus riche. De retour au lodge, nous prenons une bière pour parler de cette formidable journée. Au même moment, les gorilles des montagnes construisent sans doute  leur nouveau nid pour la nuit.

Cahier pratique pour voir le gorille des montagnes

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Combien coûte l’activité gorilla tracking dans le parc national Mgahinga ?

La rencontre avec les gorilles des montagnes est une activité qui coûte chère.  Il n’y a qu’un groupe de visiteurs par jour et sa taille ne doit pas dépasser 8 personnes. Le groupe reste 1h au contact des gorilles des montagnes. Le prix du gorilla tracking coûte 700$ par personne. Cet activité écotouristique permet de financer le parc national, la protection et le suivi des gorilles et permet aux populations locales de tirer bénéfice de cette activité, directement avec un emploi ou indirectement grâce au financement de projets communautaires.

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Quel matériel photo pour photographier les gorilles des montagnes ?

Les gorilles des montagnes vivent dans des forêts denses. Pour cette raison, les distances entre nous et eux peuvent être assez proches. Généralement, les groupes de visiteurs restent à une distance de 7 m des gorilles mais parfois, c’est le gorille qui vient à vous. La forêt est sombre. Il est important d’avoir un appareil photo qui gère bien la sensibilité et d’avoir un objectif lumineux (F2.8, c’est l’idéal) avec une focale comprise entre 24 et maximum 300 mm.

Toutes les photos de cet article ont été réalisées avec un Sony A1 et le Sony 70-200 mm f2 8 g ssm ii que j’ai parfois équipé d’un multiplicateur 1.4 ainsi que d’un Fujifilm X-T3 et XF 16-80mm F4 R OIS WR.

Où dormir près du parc national Mgahinga ?

J’ai personnellement dormi au Lake Muhele Safari Lodge à 45 mn de l’entrée du parc national Mgahinga. Tous les cottages en pierre donnent sur le lac Muhele. Vaste chambre. Equipe très sympathique. On y mange bien aussi. Et des loutres à cou tacheté et de nombreux oiseaux fréquentent les abords du lodge. Mais, il est un peu loin. Plus proche, il y a différents hébergements à Kisoro, le Travellers Rest où a séjourné Dian Fossey ou encore le Mondi Lodge Kisoro.

Quel est le meilleur moment pour voir le gorille des montagnes dans le parc national Mgahinga ?

Les meilleurs mois pour venir voir les gorilles des montagnes dans le parc national Mgahinga correspondent à la saison sèche, à savoir entre juin et septembre et en décembre et janvier. Le reste de l’année, le gorilla tracking reste cependant ouvert. Les mois les moins favorables d’un point de vue météorologique sont les mois d’avril, mai, octobre et novembre, ce qui ne veut pas dire que voir les gorilles est impossible à cette période là. La preuve, c’est au mois de novembre que je suis allé à la rencontre des gorilles des montagnes à Mgahinga.

Livres et guides d’observation sur les gorilles et l’Ouganda

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3 commentaires au sujet de “Voir le gorille des montagnes dans le parc national Mgahinga”

  1. Rebonjour Grégory. Avez-vous une expérience ou des retours d’expérience des différences et de la qualité des safaris et immersions (et de leur coût) que l’on peut pratiquer en Ouganda vs Rwanda vs République démocratique du Congo pour approcher les gorilles de montagne ?
    Je sais que la RDC est vivement déconseillée depuis plusieurs années en raison des risques d’enlèvements et d’insécurité dont même les rangers sont victimes, mais peut-être existe-t-il d’autres sources d’information ?
    Apparemment les taxes d’approche au Rwanda pour les touristes ont par ailleurs littéralement explosé.

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    • Bonjour Laurent,

      Alors, pour la République Démocratique du Congo, il faut oublier actuellement. Le pays est trop instable politiquement et la sécurité n’est pas assurée.
      Je ne suis pas allé au Rwanda mais de ce qu’on m’a dit, les conditions de rencontre avec les gorilles des montagnes sont assez similaires avec l’ouganda. Le prix du gorilla tracking coûte 700$ par personne en Ouganda et 1500$ au Rwanda.

      Répondre

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