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Safari au Serengeti sur les traces de la migration des gnous

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En juin 2019, je me suis rendu pour la troisième fois dans le parc national Serengeti en Tanzanie. C’est sans aucun doute, le sanctuaire le plus impressionnant de la Tanzanie, notamment en raison de la grande migration des gnous qui opère en permanence entre le Serengeti et le Masaï Mara au Kenya.

Je suis retourné 5 jours au Serengeti pour assister à la migration des gnous. Avec ses 14750 km², impossible de sillonner tout le parc national. A cette période de l’année, la migration des gnous se trouve généralement dans le nord ouest du parc dans le secteur de la Grumeti River. Comme il y a assez peu de lodge dans ce secteur ou alors hors de mon budget, j’ai opté pour le safari en camping.

 

Les plaines du Serengeti

On entre dans le parc national Serengeti par l’aire de conservation du Ngorongoro après avoir passé deux jours à au lac Manyara. Une fois franchi la Naabi Hill Gate, c’est le secteur des grandes plaines du Serengeti et de la savane. Quelques acacias parsèment cette grande étendue herbeuse asséchée. On y voit d’ailleurs assez souvent des rapaces au sommet : vautours oricou, vautours charognards et aigle martial. On croise notre premier groupe de bubales de Coke, endémiques au nord de la Tanzanie et au sud du Kenya.

parc national Serengeti
Vautours Oricou, Serengeti
Choucador superbe, Serengeti
Bubales de Coke, Serengeti

La femelle guépard et ses guépardeaux

Dans ses grandes plaines herbeuses à la out of Africa, on rêve tous de voir une scène unique. Et, on l’a eu avec cette famille de guépards sagement allongée au pied d’un acacia à notre arrivée. Nous sommes restés plus de trente minutes à les observer. La portée d’un guépard est généralement de 3 ou 4 guépardeaux. Cette femelle en avait 5. Elle s’est levée et à scruté l’horizon pendant un moment pour voir s’il n’y avait pas une espèce à chasser dans les parages. Pendant ce temps là, ses progénitures regardaient leur maman avec beaucoup d’attention. Nous ne l’avons pas vu partir chasser mais avec cinq progénitures à nourrir, elle l’a forcément fait un peu plus tard dans la journée.

Guépard, Serengeti
Guépard
Guépardeaux, Serengeti
Guépard, parc national Serengeti

Direction Seronera : deux familles de lion

Nous reprenons la piste. Nous croisons rapidement un vanneau couronné en bord de piste. Il se met à crier. Il a dû faire son nid près de la route. Juste le temps de faire une photo et on le laisse tranquille. Le pauvre, il n’a pas choisi la meilleure place pour l’emplacement du nid.

Peu à peu, les arbres prennent de plus en plus de place dans la végétation. Nous quittons les plaines  du Serengeti pour la région de Seronera où l’on trouve la majorité des hébergements dans le Serengeti. Ce n’est pas un hasard. La région est très riche en faune.

Lionceau, Serengeti
Lionceau
Lionne, Serengeti
Lion, Serengeti

D’ailleurs, nous ne tardons pas à croiser nos premiers lions. La première famille est un peu éloignée de la piste et dort tranquillement dans les herbes qui sont d’ailleurs ici bien plus vertes que dans les grandes plaines du Serengeti. La seconde famille que nous croisons est plus près de la piste. Là aussi, la plupart des adultes dorment alors que les lionceaux commencent à jouer entre-eux et à solliciter les parents. C’est toujours un plaisir d’observer les interactions des animaux sauvages. J’ai un peu l’impression d’être assis à la terrasse d’un café.

La journée se poursuit avec d’autres belles observations de cobes de roseaux, hippopotames, marabouts d’Afrique avant de planter la tente sur l’un des terrains de camping de Seronera. Il n’y a pas de barrière. Les animaux peuvent entrer et sortir comme bon leur semble. Des hirondelles rousselines nous accueillent. Des sanitaires propres avec toilettes et douches avec eau tiède sont à disposition. Dans la tente, nous dormons sur un lit de camp.

Cobe des roseaux
Hirondelle rousseline
Vanneau couronné, Serengeti
Hippopotame, parc national Serengeti

En piste pour la rivière Grumeti

La nuit a été bonne. Nous plions le camp pour quitter le secteur de Seronera pour prendre la direction de la Grumeti River plus à l’ouest.

Zèbre
Buffle, Serengeti
Camping, Seronera, Serengeti
Gazelle de Grant, Serengeti

Premiers léopard et gnous autour de Seronera

On reste un peu dans le secteur de Seronera pendant plus de trois heures et on en profite pour faire le plein d’essence. Le moins que je puisse dire, c’est que le nombre d’observations a été incroyable même si je regrette comme toujours le nombre de 4×4 qui circulent dans ce secteur du Serengeti.

Zèbres, topis, buffles, gazelles de Grant, gazelles de Thomson, élands du Cap et hippopotames sont les premiers mammifères que nous croisons. On croise quelques groupes d’une centaine voire quelques milliers de gnous qui ont choisi de remonter vers le Kenya en passant par le secteur de Seronera.

Migration des gnous, Serengeti
Gnou, Serengeti
Migration des gnous
Lion, Serengeti

Un groupe de lions vient mettre la pagaille dans une colonne de gnous qui se désorganise. Les gnous courent dans tous les sens en formant des cercles larges mais les lions n’arrivent pas à chasser de façon organisée et c’est un échec. Tant mieux pour les gnous !

Alors que nous évoquions l’idée de quitter la zone de Seronera pour prendre la direction de corridor de l’ouest du Serengeti, un afflux de 4×4 nous pousse à aller voir. Quelle ne fut pas notre surprise de voir une femelle léopard dans les herbes hautes, d’abord allongée, puis venant vers nous et passant juste devant notre 4×4 pour aller se rassoir de l’autre côté de la piste.

Léopard, Serengeti
Léopard, Serengeti
Léopard, Serengeti
Léopard, Serengeti

Les oiseaux ne sont pas en reste en cette matinée : cratérope, bateleur, gobemouche à petit bec immature, héron mélanocéphale, ouette d’Egypte, outarde du Sénégal mâle, œdicnème tachard, gobemouche argenté et un magnifique rollier varié.

Outarde du Sénégal
Oedicnème tachard, Serengeti
Rollier Varié, Serengeti

Autour de la rivière Grumeti

Depuis Seronera, on file directement vers la Grumeti River. En route, on croise de nouveau des grands troupeaux de gnous, encore plus imposants que dans la matinée.

On fait un arrêt vers 11h30 pour pique-niquer non loin de la rivière Grumeti. Des colobes Guéréza nous regardent manger du coin de l’œil pendant qu’eux aussi mangent des feuilles dans les arbres.

Gnou, Serengeti
Migration des gnous
Migration des gnous
Migration des gnous

Le repas passé, on file arpenter les rives de la Grumeti. On ne tarde pas à croiser des hippopotames, crocodiles du Nil, tortues, tantales ibis, hérons cendrés, ombrettes africaines mais point de gnous traversant la rivière.

La fin de journée approche. On file installer le camp au Mbalageti special campsite. Contrairement au camping public de la veille, il n’y a aucune infrastructure, ni toilette ni douche. Cela s’apparente plus à un bivouac en pleine nature. Dès que nous déchargeons le véhicule, le site et infesté d’abeilles. Pas 10, pas 100 mais des milliers. Elles se ruent sur la moindre gourde, jerricans et bouteilles d’eau alors que tout est fermé. A cause de la sècheresse, elles se jettent sur l’eau. Nous remplissons un récipient d’eau pour leur permettre de boire mais aussi pour nous permettre d’installer le camp.

Hippopotame
Colobe Guereza, Serengeti
Pique-nique au Serengeti
Mbalageti special campsite

Safari à la recherche de la migration des gnous le long des rivières Grumeti et Mbalageti

Le long de la rivière Grumeti

Pour cette troisième journée dans le Serengeti, nous passons toute la matinée à arpenter les bords de la rivière Grumeti. Nous commençons par observer les ballons qui s’élèvent dans le ciel. J’avais adoré mon excursion en montgolfière à Masaï Mara. Si vous avez le temps et le budget, je vous recommande cette expérience.

Montgolfière, Serengeti
Héron Goliath, rivière Grumeti
Impala
Babouin

Ce matin, nous observons des mâles impala se défier pour la suprématie du harem. Mais les protagonistes ne font pas le poids face au mâle dominant. Il restera à sa place et lui seul pourra féconder les femelles. On croisera aussi nos premiers babouins du Serengeti en train de cueillir des fruits dans les arbres.

Sur les rives de la rivière Grumeti, on reverra les mêmes espèces que la veille et quelques nouveaux oiseaux comme le héron goliath, le plus grand de tous les échassiers (1m50 à l’âge adulte), le pygargue vocifère, le choucador de Rüppell, le martin-pêcheur du Sénégal, le calao à bec noir, le francolin à gorge rouge.

Crocodile, rivière Grumeti
Tantale ibis, Serengeti
Martin-chasseur du Sénégal
Pygargue vocifère, Serengeti

Dès qu’on quitte le lit de la rivière, on change d’écosystème et on retrouve les ruminants : topis, zèbres de Burchell mais aussi chacals à chabraque, toujours à l’affût d’un reste de proie.

En retournant au campement pour le déjeuner, on croisera un gymnogène d’Afrique qui s’envolera de sa branche rapidement. J’ai eu juste le temps de le photographier. Je peux dire merci à la fonction Pre Shot de mon Fujifilm X-T3.

Chacals à chabraque, Serengeti
Gymnogène d’Afrique, Serengeti
Zèbre des plaines
Topis, Serengeti

La migration des gnous finalement sur la plaine de Dutwa

Pour le safari de l’après-midi, changement de secteur. On file plus au sud en direction de la rivière Mbalageti.

Et là sur la plaine de Dutwa, des gnous par milliers que dis-je par centaine de milliers se reposent. Des étourneaux caronculés suivent la migration. Le piétinement répété des gnous sur le sol facilitent la capture d’insectes, en particulier les criquets dont ils sont friands.

Avec le 4×4, on tournera autour des gnous pendant tout l’après-midi jusqu’au coucher du soleil. On les verra bien traverser la rivière Mbalageti mais à un endroit où il n’y a pas d’eau.

Migration des gnous
Gnous, Serengeti
Etourneau caronculé, Serengeti
Gnous

Saviez-vous que la migration des gnous est l’une des plus importantes au monde. Entre 1 et 2 millions de gnous se déplacent à travers le Serengeti et Masaï Mara pour trouver leur nourriture. Ils mangent essentiellement de l’herbe courte et verte. Pour la trouver, ils doivent suivre le rythme des saisons.

Voir un gnou n’a rien de spectaculaire, voir des centaines de milliers de gnous au même endroit est réellement subjuguant. C’est un spectacle impressionnant !

Safari autour de  Seronera

En piste pour Seronera

Pour ce quatrième jour dans le Serengeti, retour à Seronera par la même piste qui nous a amené dans le secteur de la rivière Grumeti. Il est 8h00 quand nous quittons le campement que nous laissons bien entendu sans la moindre trace de notre passage. L’idée est de nous rendre directement à Seronera pour y arriver en fin de matinée pour monter le camp avant le déjeuner. Cela ne nous laissera pas trop de temps aux observations, longues en tout cas.

Sur le chemin, nous croisons la route d’un jeune lion mâle, de bucorves du sud, d’un buffle perdu au milieu des hautes herbes, de zèbres, de girafes au loin, d’un serpentaire en quête de nourriture.

Avant de rejoindre le même camping d’il y a quelques jours, nous faisons une boucle pour nous rendre au Retima Hippo Pool. Et comme son nom l’indique, on y trouve des hippopotames en grand nombre. C’est aussi l’occasion de se dégourdir les jambes car on peut sortir de son véhicule ici.

Lion, Serengeti
Bucorve du sud
Buffle
Retima hippo Pool

Lions et léopards de Seronera

L’après-midi, après le déjeuner, nous quittons le camp pour partir en safari. En haut du kopje voisin du camping, nous apercevons une tête de lionne. C’est simple, à vol d’oiseau, elle est à 300-400m du camp. On l’a laisse car c’est le début d’après-midi et il fait chaud. Il y a peu de chance qu’elle sorte de sa tanière avant quelques heures.

Un peu plus loin, on croise un dik-dik, une petite antilope délicate, facilement reconnaissable avec son nez renflé. Puis, c’est au tour d’un gros buffle mâle à la peau pleine de boue séchée. Il nous regarde droit dans les yeux. C’est vraiment une bête impressionnante.

Hippopotame
Dik-dik, Serengeti
Lionne, Serengeti
Eléphants, Serengeti

On poursuit notre descente vers le sud en direction de Makoma hill. Dans le lit de la rivière Seronera, on croise une petite tribu d’hippopotames. Pendant que l’un baille et nous montre toute ses caries, un autre déjecte en permanence dans la rivière. Il a l’air d’avoir le bide en vrac.

On croise sur notre chemin une famille d’éléphants. J’en aurais vu beaucoup moins qu’à Tarangire, comme d’habitude si je peux dire.

La fin de  journée sera ponctuée par une très belle observation d’une femelle léopard et de son jeune. Alors que la mère dort au sommet d’un kopje, sa progéniture commence à pointe le bout de son nez avant de disparaître. La mère se réveillera en douceur. On est malheureusement obligé de rentrer au camping car la nuit n’est pas loin.

Quand on repasse devant le kopje où l’on avait vu la lionne en début d’après-midi, on constate qu’un jeune mâle est assis sur un rocher. Le reste du groupe doit être tapi derrière les arbustes. Le soir quand je suis allé prendre ma douche, j’ai un peu pensé à eux quand j’ai scruté la savane avec ma lampe 🙂

Léopards, Serengeti
Léopard, Serengeti

En piste pour le cratère Ngorongoro

Dernière matinée dans le Serengeti avant de nous rendre au cratère Ngorongoro. Ce matin, une girafe est venue nous rendre visite dans le camp. Elle n’est visiblement pas du tout effrayée par notre présence.

Lionne, Serengeti
Chargement du 4x4
Girafe, camping de Seronera

Nous partons tardivement sur les coups de 9h15. Rapidement, nous croisons des topis et un groupe de lionnes et rejoignons les plaines du Serengeti où nous avons la chance de voir au loin un rhinocéros noir. C’est toujours un enchantement de voir un rhinocéros noir alors qu’il est toujours aussi menacé par le braconnage.

Avant de franchir la porte, on rencontrera sur notre route un vanneau éperonné sur son nid (sur la piste), un bateleur se faire chiper sa nourriture par un aigle ravisseur. C’est un comportement commun de cet aigle qu’on nomme le kleptoparasitisme. On observera aussi un psammophis rukwae sur la piste, une hyène tachetée et deux guépards. La boucle est bouclée. Encore une fois, ce fut un merveilleux safari au Serengeti !

Aigle ravisseur
Hyène tachetée
Rhinocéros noir
Guépards

Cahier pratique

Comment se rendre au Serengeti ?

Vol international jusqu’à Arusha. Puis il faut compter 6 à 7h00 de route depuis l’aéroport Kilimandjaro d’Arusha pour la porte d’entrée. Généralement, les voyageurs s’arrêtent avant à Manyara, Tarangire ou le cratère Ngorongoro.

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Plus d’infos sur les parcs tanzaniens.

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