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Photographier les gangas depuis des affûts en Espagne

Lors du voyage photo que j’ai monté et que j’accompagne pour Objectif Nature en Catalogne, nous faisons dorénavant une petite incursion dans la province de Saragosse pour aller photographier deux espèces de ganga : le ganga cata et le ganga unibande. Retour sur cet affût photo et conseils pratiques pour les photographier à votre tour.

Les gangas

Le Ganga est une espèce d’oiseaux de taille moyenne de la famille des ptéroclidés que l’on rencontre dans les milieux steppiques et désertiques. Son allure peut rappeler celle d’un pigeon. Il en existe 16 espèces à travers le monde dont deux sont présentes en Espagne : le ganga cata et le ganga unibande.

Le ganga cata

Il existe deux sous-espèces de ganga cata dans le monde :

  • Pterocles alchata caudacutus que l’on trouve en Inde, en Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Lybie), et au Moyen-orient (Turquie, Irak, Jordanie, Syrie, Israël, Arabie Saoudite) ;
  • Pterocles alchata alchata en Europe (France, Espagne et Portugal). En France, le ganga cata, autrefois présent dans les milieux steppiques du sud de la France, n’est plus présent que dans la plaine de Crau au nord de la Camargue.

Ganga cata mâle, Espagne

Le ganga cata est le plus petit des deux gangas présents en Espagne. Sa taille varie de 29 à 39 cm et son envergure peut aller jusqu’à 65 cm. Son plumage est très largement coloré, ce qui contribue à son camouflage. Mâle et femelle présentent un dimorphisme. Chez le mâle, on retrouve une poitrine rousse bien marquée, une nuque de couleur olive, des traits sourciliers et une gorge noirs. Le plumage de la femelle est moins vif, sa nuque est bariolée et sa gorge est blanche.

Malgré son plumage colorié, le ganga cata est un oiseau discret, qui se camoufle bien dans les steppes désertiques et les zones cultivées non irriguées ; il est difficile à observer et encore plus à photographier.

Le régime alimentaire du ganga cata est majoritairement constitué de graines qu’il peut compléter par des feuilles voire des arthropodes. En Espagne, le ganga cata consomme plus de 47 espèces végétales différentes.

Les gangas catas ne construisent pas de nid. Ils déposent deux à trois oeufs dans une petite dépression dans le sol au milieu d’une steppe ouverte. Mâle et femelle se partagent la couvaison. En Espagne, les femelles forment même des dortoirs la nuit. Les jeunes volent parfaitement au bout de 5 semaines.

En Espagne, le ganga cata est considéré comme sédentaire même s’il lui arrive de faire de courte migration en automne et en hiver.

Les parades nuptiales ont lieu au printemps. Période pendant laquelle, il est possible d’observer le mâle poursuivant la femelle tête baissée et queue dressée partiellement en éventail.

La population mondiale de gangas catas est considérée en Préoccupation mineure par l’UICN. En revanche, l’espèce est classée en danger critique en France alors qu’en Espagne, le ganga cata est considéré comme vulnérable. D’ailleurs, entre 2005 et 2019, on estime que la population espagnole de ganga cata a diminué de 19 %, passant de 9 477 à 7 656 individus (source).

ganga cata femelle, Espagne

Le ganga unibande

Le ganga unibande est le plus grand des gangas. Il fréquente les steppes sèches ainsi que les zones arides et semi-désertiques. En Espagne, son milieu de vie est quasiment identique à celui du Ganga cata, ce qui permet de le photographier depuis les mêmes affûts.

Il en existe deux sous-espèces :

  • Pterocles orientalis orientalis (péninsule ibérique , îles Canaries, Afrique du nord, Chypre, Israel, Turquie et Arménie)
  • Pterocles orientalis arenarius (Kazakhstan, est et nord-ouest de la Chine, sud de l’Iran, Afghanistan et sud-ouest du Pakistan)

Si sa taille est relativement identique avec le ganga cata (jusqu’à 40 cm), il est plus large et son envergure est aussi plus grande (jusqu’à 75 cm). il est aussi plus ventru.

Ganga unibande mâle, Espagne

Le dimorphisme sexuel est très marqué. Le mâle a une tête et un cou gris, un menton brun et une tache noire à la gorge. Sous le cou, on distingue une large bande pectorale de couleur crème. Comme pour la femelle, le ventre est noir. Le plumage de la femelle est tacheté. En vol, son identification est assez facile avec son ventre noir et des couvertures sous-alaires et des axillaires blanches ainsi que des rémiges grises sombres.

Les gangas unibandes ont un régime alimentaire qui se compose principalement de graines.

Comme pour le ganga cata, le nid se situe dans une simple dépression grattée à la surface dans laquelle la femelle pondra en générale trois oeufs qui seront couvés tant par le mâle que la femelle pendant environ trois semaines. Les poussins sont nidifuges comme pour le ganga cata. Même si les poussins peuvent se nourrir rapidement, le mâle est chargé de collecter de l’eau dans les plumes de son poitrail pour hydrater les poussins. La période de reproduction s’étale de mars à août.

Le ganga unibande n’est pas vraiment sédentaire. Il peut-être considéré comme un erratique voire un migrateur partiel.

Au niveau mondial, la population de ganga unibande est considérée par l’UICN en préoccupation mineure. En Europe et en Espagne, la population est classée en danger d’extinction.

En 2019, la population de ganga unibande était estimée sur l’Espagne continentale à 4722 individus. A cela il faut ajouter les 2205 individus de l’île de Fuerteventura dans l’archipel des Canaries. Entre 2005 et 2019, les études montrent que l’ensemble de la population de ganga unibande en Espagne a diminué de 34 % alors même que la population des Canaries est presque stables (-2%). La situation du ganga unibande en Espagne continentale est très préoccupante (source).

Ganga unibande femelle, Espagne

Les affûts photo pour photographier les gangas

Les affûts photo sont situés sur un terrain privé dans une zone de steppe désertique dans la vallée du fleuve de l’Ebre.  Il y a deux affûts semi-enterré pour 3 personnes qui font face à un abreuvoir qui attire les gangas et d’autres oiseaux. Il n’y a donc aucun appât.

Chaque affût comprend une vitre sans tain pour rester cacher des oiseaux, trois sièges et des ventilateurs. Il n’y a pas de toilettes. L’installation est assez sommaire mais l’affût permet de réaliser des photographies naturelles des gangas et des autres espèces avec de jolis reflets dans l’eau.

L’affût photo est fonctionnel le matin de juin à début septembre.

Le récit de ma session d’affût

Il y a eu un orage la veille d’entrer dans l’affût et cela m’inquiète car le plan d’eau risque de ne pas fonctionner s’il y a des marres à droite à gauche dans la steppe. D’ailleurs, le ciel est encore chargé de nuages au petit matin. Fort heureusement, je me rendrais compte en arrivant sur les lieux que la terre a déjà absorbé toute l’eau de pluie.

Le groupe de photographes est réparti dans les deux affûts : Jean-Claude et Claire dans le premier affût, Vincent et moi dans le second. Nous entrons dans les affûts vers 6h45. Nous installons nos trépieds et têtes pendulaires. Le plan d’eau qui nous fait face est entouré d’une terre rouge désertique avec un massif collinaire en toile de fond.

Alouette calandre, Espagne

Le bruant proyer est le premier des passereaux à venir face à l’affût pour boire à la drinkstation puis c’est au tour de l’alouette calandre facilement reconnaissable avec sa tâche noire sous le cou. Avec l’alouette des champs, le cochevis de Thékla, le cochevis huppé et l’alouette calandrelle, les passereaux alternent leur venue sur le plan d’eau. J’ai l’impression d’être en Afrique. Les mammifères ont exactement le même type de comportement.

A 8h05, c’est un lapin de garenne qui nous rend visite. Les nuages ont en partie disparu et le soleil vient chaleureusement déposer ses rayons sur le sol et le toit de l’affût. Dès lors, l’activité devient plus intense autour du point d’eau.

Renard roux, Espagne

Le premier ganga à venir devant l’affût est un ganga cata mâle. Il est 8h45. Il ne restera qu’une poignée de secondes. Trois minutes plus tard une pie-grièche méridionale fera une première apparition. Elle reviendra un peu plus tard dans la matinée se toiletter. Au même moment un couple de gangas catas s’approchent furtivement sur notre gauche. Ils avancent doucement dans notre direction. Ils sont assez difficiles à repérer au milieu de la steppe semi-aride.

Ganga cata, Espagne

Les premiers gangas unibandes arrivent devant nous à 9h20. Dès lors et pendant plus d’une heure, les passages des deux espèces de ganga sont incessants. On comptera plus de 30 individus différents devant l’affût en même temps. A cette époque de l’année, les gangas catas créent des bandes formés d’adultes et de jeunes qui cherchent à s’abreuver.

Ganga unibande, Espagne

Vincent à mes côté comme moi même sommes émerveillés par ces scènes vivantes colorées qui se jouent devant nos objectifs photo. Nous avons même l’heureuse surprise de voir débarquer un renard roux face à l’affût. Une belle cerise sur le gâteau !

En fin d’affût, je fais les comptes ; 15 espèces sont passés devant l’affût : alouette calandre, alouette calandrette, alouette Thekla, bruant proyer, étourneau sansonnet, pie-voleuse, pie-grièche méridionale, ganga cata (au moins 30 individus différents), ganga unibande (au moins 4 individus différents), pigeon ramier, renard roux, lapin de Garenne, choucas des tours, corneille, cochevis huppé.

Jean-Claude et Claire verront tout autant de gangas 🙂

Un superbe affût qui fera désormais partie du voyage photo ornithologique en Catalogne.

Cahier pratique

Comment y aller ?

La gare et l’aéroport les plus proches sont à Saragosse sera votre point de chute que vous pouvez rejoindre par avion, bus ou par le train. Je recommande particulièrement le train qui présente plusieurs avantages :

  • Il est plus écologique
  • Vous n’êtes pas limité par le poids des bagages
  • Vous avez votre matériel photo en visu en permanence

Vous pouvez ensuite louer une voiture à la gare ferroviaire ou à l’aéroport de Saragosse si vous décidez de faire cet affût par vous-même. Dans la cadre du voyage photo, je passe vous cherchez à Barcelone.

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Où dormir ?

Voici deux adresses dans les environs des affûts :

Quel matériel photo est-il recommandé pour cet affût ?

Pour photographier les gangas depuis ces affûts photo, je recommande une focale variant de 200 à 800 mm. 800 mm permettra de faire des portraits serrés des gangas sur la rive opposée du plan d’eau. A 200 mm et 300 mm, on pourra prendre les oiseaux en vol.

Toutes les photos de cet article ont été réalisées à 400 ou 560 mm (parfois avec un léger recadrage).

Photographier les gangas en affût

J’accompagne chaque année au printemps un voyage photo en Catalogne qui permet de photographier le ganga cata et le ganga unibande mais aussi d’autres espèces d’oiseaux. Plus de 45 espèces sont chaque année au programme dont le gypaète barbu, la chevêche d’Athena, le vautour moine, le rollier d’Europe, le vautour percnoptère, le busard cendré ou encore le guêpier d’Europe. Vous pouvez vous inscrire à ce voyage photo ou réserver l’affût pour une session privative.

Pour vos affûts photo ornithologiques en Catalogne (gypaète barbu, chevêche d’Athena, busard cendré mais aussi guêpier d’Europe, rollier d’Europe, outarde canepetière… ), je vous conseille d’adresser votre demande de location d’affûts (vous aurez la liste des principaux oiseaux à photographier avec la période) auprès de Ricard avec qui je travaille en Catalogne. Je l’ai sélectionné pour son sérieux et la qualité de ses affûts. Contactez Ricard, ornithologique en Catalogne.

Quels guides ornithologiques pour les oiseaux en Catalogne ?

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