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Affût Photo gypaète barbu et autres vautours en Catalogne

Retour en images sur plusieurs affûts photos réalisés dans les terres de Lleida en Catalogne (Espagne) pour photographier les 4 vautours présents en Europe : le gypaète barbu, le vautour moine, le vautour fauve et le vautour percnoptère.

A force d’arpenter la Catalogne pour photographier les vautours et d’accompagner des voyages photos dans cette région d’Espagne qui me tient tant à cœur, j’ai fini par utiliser et tester différents affûts photo publics et privés. Je ne vous dévoilerai pas leurs coordonnées puisque je les utilise dans le cadre de voyages photos. Je pense que vous comprendrez. Mon article a pour but de vous montrer tout l’intérêt de venir photographier les vautours en Catalogne.

Vous pouvez bien entendu vous joindre à un voyage photo que j’encadre pour photographier les vautours européens : le premier voyage photo ornithologique en Catalogne permet aussi de photographier d’autres rapaces (busard cendré, chevêche d’Athena…) et les autres oiseaux des plaines (rollier d’Europe, guêpier d’Europe, pie-grièche à tête rousse…) ; le second voyage est un focus 100% vautours et aigle royal au début du printemps.

Les 4 vautours d’Europe présents en Catalogne

Sous l’appellation « vautour », on retrouve tous les rapaces qui ont développé un régime alimentaire nécrophage. Les vautours ne capturent pas d’animaux vivants à quelques exceptions près, ils préfèrent se nourrir de charognes grâce à leur bec puissant leur permettant de dépecer les cadavres.

On trouve 23 espèces de vautours à travers le monde, 4 vivent en Europe et sont tous présents en Catalogne.

Le vautour fauve

Le vautour fauve (Gyps fulvus) est le plus commun des vautours européens. Grégaire et sédentaire une fois adulte, il forme de grandes colonies composées de plusieurs centaines d’individus et nichent dans les falaises et les parois abruptes.

Le vautour fauve est le plus sociable des vautours européens.

Vautour de grande taille (95 à 100 cm), il possède une envergure de 2,50 à 2,70 m. En vol, il se reconnaît à sa queue courte et à sa petite tête claire et au sol à son long cou dénudé, légèrement duveté et blanchâtre. C’est un vautour très intéressant à photographier à l’atterrissage lorsqu’il ouvre ses ailes et déploie ses pattes en avant pour « mettre les freins ».

Le vautour fauve est un vautour strictement nécrophage. Il ne se nourrit que de cadavres.

Le vautour moine

Le vautour moine (Aegypius monachus) est le plus grand des vautours européens (jusqu’à 300 cm d’envergure et 120 cm de haut).

Il tire son nom de sa robe sombre et de son crâne chauve rappelant la silhouette des moines.

Le vautour moine est le plus grand vautour d’Europe.

La population du vautour moine a fortement décliné en Europe au XXème siècle mais grâce à des projets de conservation et de réintroduction, notamment en Espagne où se trouve l’essentiel de la population européenne, l’espèce fait un retour dans d’autres parties de l’Europe, au Portugal, en France et en Bulgarie. En Europe, c’est un vautour sédentaire et vagabond (surtout les jeunes).

Le vautour moine mange quasi exclusivement des charognes avec une préférence pour les cadavres de petit gibier. Il préfère les parties les plus coriaces (peau, tendon, cartilage…).

Le vautour moine niche dans de grands arbres facilitant les atterrissages et décollages et permettant la construction d’un grand nid. Il niche généralement par couples isolés ou en colonies lâches (nids éloignés les uns des autres mais dispersés sur un territoire restreint).

Le vautour percnoptère

Le vautour percnoptère (Neophron percnopterus) est le plus petit des vautours européens (170 cm d’envergure pour 70 cm de hauteur). Sa physionomie est très différentes des autres vautours européens. Il ne peut être confondu.

Les effectifs du vautour percnoptère sont en très nettes régressions (perte de 50 % de la population en Europe au cours des 40 dernières années). L’espèce est considérée comme menacée à l’échelle mondiale.

Le vautour percnoptère est une espèce migratrice. Les oiseaux européens passent l’hiver en Afrique subsaharienne de septembre à février-mars et arrivent en Europe par le détroit de Gibraltar. L’espèce est sédentaire dans les Canaries.

Le vautour percnoptère est le seul vautour d’Europe menacé d’extinction à l’échelle mondiale.

Le vautour percnoptère n’est pas un vautour exclusivement charognard. S’il mange beaucoup de petits animaux morts et de déchets, il lui arrive aussi de manger des proies vivantes comme des insectes, des reptiles ou des oiseaux, et même parfois des fruits presque pourris.

Le percnoptère est un vautour silencieux hormis quand il est excité. L’espèce niche dans une cavité dans la paroi d’une falaise.

Le gypaète barbu

Le gypaète barbu (Gypaetus barbatus) est un grand vautour dont la longueur peut atteindre les 1,50 m et l’envergure 285 cm. C’est un vautour pas comme les autres car c’est le seul charognard qui puisse saisir son alimentation avec ses serres.

La couleur de son plumage est unique et original. Il n’acquiert son beau plumage qu’une fois adulte  vers l’âge de 6 ans. Plus jeune, son plumage passe par différentes phases : très sombre les premières années, le plumage s’éclaircit et prend de la couleur avec le temps.

Son alimentation est constituée en grande partie d’os et de ligaments, partie des cadavres peu appréciée par les autres vautours. Pour briser les os, il peut lui arriver de les saisir et de les lâcher en vol à une hauteur pouvant atteindre 80 m. Son large gosier lui permet d’avaler des os entiers pouvant mesurer 25 cm et d’un diamètre de 3,5 cm. Il a la faculté d’avaler les os directement car les sucs digestifs peuvent les dissoudre quasi instantanément. Il peut compléter son alimentation par d’autres parties du corps de charognes, des déchets et même manger de petites proies vivantes (faucons, petits mammifères, insectes, lézards…).

Le gypaète barbu est un rapace sédentaire qui niche dans les montagnes entre 1000 et 2000 m d’altitude sur son aire de répartition européenne.

Le gypaète barbu est le seul vautour à pouvoir saisir son alimentation avec ses serres.

Le gypaète barbu se trouvait autrefois dans toutes les chaînes de montagnes du sud de l’Europe, de l’ouest de l’Espagne aux Balkans. Au cours des XIXe et XXe siècles, le gypaète barbu a été intensément persécuté et combiné à un déclin de la population d’herbivores sauvages de montagne et à des changements dans les pratiques agricoles, la population a fortement décliné. Suite aux efforts pour réintroduire le gypaète barbu depuis la fin des années 1970, les effectifs sont en augmentation. On compte aujourd’hui plus de 300 gypaètes barbus dans les Alpes et 1000 en Espagne. L’espèce occupe désormais un petit pourcentage de son ancienne aire de répartition, dans les Pyrénées, la Sierra Nevada l’ Andalousie, les Alpes et de petites populations existent en Corse et en Crète.

Les affûts pour photographier le gypaète barbu et les autres vautours européens

Les affûts dont je parle dans cet article se situent dans les Pré-Pyrénées dans la région de Lleida en Catalogne. Ils sont autorisés à fonctionner par la région de la Catalogne et l’Espagne pour offrir une source d’alimentation sûre (non empoisonnée) et régulière aux charognards des Pyrénées. Cette pratique joue en faveur de la conservation des espèces. La participation aux affûts soutient les initiatives de conservation.

Affût dans la serra Boumort

La serra de Boumort comporte une réserve nationale créée en 1991 pour promouvoir des activités de découverte et préserver les écosystèmes des 13 097 hectares de son territoire. On y trouve les quatre vautours européens. Avec le site d’Alinyà, la réserve a servi de laboratoire pour la réintroduction du vautour moine.

Un affût photo pouvant accueillir 3 ou 4 photographes et situé à 1500 m d’altitude s’ouvre sur une plaine et les montagnes en arrière plan. Il dispose de trois ouvertures et permet d’avoir une vision à 180°. Il ne dispose par contre pas de vitre sans tain. Le photographe dans l’affût est donc visible des vautours s’il sort trop son téléobjectif ou fait des mouvements trop brusques. L’affût dispose aussi de toilettes et d’électricité pour recharger les batteries. Vous pouvez aussi lire mon article spécifique à la réserve nationale de Boumort.

Voici quelques photos réalisés depuis cet affût.

Affût dans la Serra de Comillini

Situé dans la Serra de Comillini dans la région du Pallars entre Pobla de Segur et Montiberri, l’affût photo se trouve au niveau du sol. Il dispose d’une vitre sans tain, ce qui permet d’être plus discret quand on photographie les vautours. Ici aussi les quatre vautours européens peuvent être photographiés ainsi que le milan royal et occasionnellement l’aigle royal.

L’affût qui dispose d’un toilette et de fauteuils confortables peut accueillir trois photographes.

Quelques photos tirées d’une séance d’affût.

Affût dans la Serra de Odèn

Situé à une altitude proche de 1200 m, les deux affûts se situent dans la serra de Odèn qui fait face aux Pyrénées. Chacun des affûts peut accueillir un maximum de trois photographes et dispose de vitres sans tain. C’est le plus sommaire des quatre affûts en terme de place et parce qu’il n’a pas de toilettes. Mais il offre d’excellentes opportunités pour photographier le vautour fauve et le gypaète barbu ainsi que le vautour percnoptère. Le vautour moine se photographie aussi occasionnellement.

Je vous laisse découvrir quelques clichés pris depuis cet affût photo.

Affût dans la serra de Collegats

La serra de Collegats offre un décor tout différent des trois autres sites d’affût. Ici, pas de point de vue sur les Pyrénées. L’affût photo est orienté vers des falaises de conglomérat à la pierre rouge. Dans les crevasses et les grottes des falaises, les vautours nichent (pas tous si vous avez lu la première partie de l’article).

Les quatre vautours européens peuvent se photographier sur le site. L’affût photo dispose d’une vitre sans tain et de chaises confortables. Pas de WC. Il est parfait pour 3 photographes.

Voici quelques photos réalisées depuis l’affût.

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