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Mon voyage naturaliste au Cap-Oriental en Afrique du Sud

Pendant 17 jours, j’ai parcouru la province du Cap-Oriental, en Afrique du Sud, au rythme des pistes poussiéreuses et des levers de soleil dorés, à la rencontre d’une faune exceptionnelle. Des vastes réserves aux parcs nationaux incontournables, ce voyage a été une véritable immersion au cœur de la nature sauvage, là où les éléphants croisent les antilopes et où les félins se fondent dans les hautes herbes.

Dans cet article, je vous emmène avec moi au fil de ces safaris et de mes rencontres avec la faune. Un carnet de route pensé pour les passionnés de vie sauvage, les amateurs de grands espaces et tous ceux qui rêvent de voyager en Afrique du Sud, ailleurs qu’au Kruger. Bonne lecture.

Nous atterrissons en fin de journée à l’aéroport de Port Elizabeth. La nuit est déjà tombée lorsque nous quittons le terminal. Sur le parking, le représentant de l’agence de location nous attend avec notre 4×4 Suzuki Jimny équipé en version camping. Après les formalités, nous prenons la route et rejoignons l’appartement que nous avons réservé pour trois nuits à Port Elizabeth, prêts à entamer l’aventure dès le lendemain.

Excursions nature autour de Port Elizabeth

Croisière faunique dans la baie d’Algoa

Nous avions réservé une croisière à la journée avec Raggy Charters en direction de Bird Island, avec l’espoir d’approcher l’impressionnante colonie de fous du Cap. Mais les conditions ne nous ont pas permis de réaliser cette sortie. En alternative, la compagnie nous a proposé une croisière de quatre heures vers l’île de Sainte-Croix, réputée pour abriter l’une des plus importantes colonies de manchots du Cap.

Nous quittons le port industriel de Gqeberha (anciennement Port Elizabeth) un peu après 8 h. Très rapidement, l’ambiance urbaine laisse place à l’immensité de la baie d’Algoa. Après à peine une trentaine de minutes de navigation, nous faisons notre première rencontre avec des grands dauphins de l’océan Indien. Présents toute l’année dans la baie, ils évoluent souvent en groupes, parfois impressionnants, pouvant rassembler de quelques individus à plusieurs centaines. Peu farouches, ils s’approchent du bateau, nagent à nos côtés et jouent dans l’étrave, offrant un spectacle inoubliable.

Nous mettons ensuite le cap plus au sud, longeant le Cape Recife, son phare iconique et sa réserve naturelle que nous visiterons le lendemain. Le bateau change ensuite de direction et s’éloigne des côtes pour partir à la recherche des baleines à bosse. Nous en apercevons plusieurs au loin, de simples souffles et des dos fugaces à l’horizon. L’approche reste délicate, et les conditions rendent la photographie difficile, mais l’émotion est bien réelle.

Je profite de la traversée pour photographier les oiseaux marins qui accompagnent notre progression : fous du Cap planant au ras de l’eau, cormorans du Cap longeant le bateau, sternes caugek et goélands dominicains tournoyant au-dessus de nos têtes.

À l’approche de l’île de Sainte-Croix aujourd’hui rattachée au parc national des éléphants d’Addo, l’océan nous offre un moment fort : une première véritable rencontre avec une baleine à bosse, cette fois à distance raisonnable. Peu après, d’autres groupes de grands dauphins réapparaissent, toujours aussi joueurs. Enfin, nous distinguons les silhouettes si reconnaissables des manchots du Cap, dans l’eau puis sur les rochers de l’île. Observer ces oiseaux est devenu un privilège tant leur population s’est effondrée en quelques décennies, victimes de la surpêche, de la pollution et du changement climatique. Cette rencontre a une saveur particulière, mêlant émerveillement et inquiétude quant à l’avenir de l’espèce. L’île est également un excellent site pour observer et photographier les cormorans du Cap et les huîtriers de Moquin.

C’est sur le chemin du retour que survient le moment le plus intense de la journée. Une baleine à bosse sub-adulte surgit soudain hors de l’eau, réalisant plusieurs sauts spectaculaires devant notre embarcation. La scène est irréelle, puissante, bouleversante. Encore aujourd’hui, rien qu’en l’écrivant, j’en ressens des frissons.

De retour au port vers 13h00, nous allons déjeuner au Indulge Coffe près de notre hébergement avant de partir nous balader tranquillement le long du littoral, le regard encore habité par les images de cette matinée hors du temps.

Balade nature au cap Récif 

Ce matin, nous prenons la direction du Cap Recif et garons notre véhicule sur le parking du Southern African Foundation for the Conservation of Coastal Birds (SANCCOB) avant que celui-ci n’ouvre et partons explorer la Cape Recife Nature Reserve à pied. Le Roseate Tern hiking trail — littéralement le sentier de la sterne de Dougall — est un itinéraire de randonnée facile en boucle de 7,4 km (téléchargez la trace gpx).

Nous quittons rapidement la route pour suivre le balisage du sentier en direction d’une zone boisée. Très vite, la faune se manifeste : un vervet apparaît, suivi d’un ibis hagedash et d’un cossyphe du Cap. Le ton est donné, et le début de la randonnée s’annonce prometteur. Un gobemouche fiscal et des tisserins à tête rousse, particulièrement actifs en plein travail de confection de leur nid, se laissent observer et photographier avant que nous n’atteignions une étendue d’eau équipée d’un observatoire.

Nous y faisons une pause de quelques minutes, le temps d’immortaliser un ibis sacré, un vanneau armé et une cisticole à sonnette. Puis, nous reprenons notre marche en direction de l’océan. Le sentier devient progressivement plus sablonneux, traverse d’anciens vestiges militaires, avant de déboucher sur le littoral. En quelques instants, le paysage change radicalement : l’écosystème est totalement différent, tout comme l’avifaune. Place désormais aux oiseaux marins et aux limicoles : cormoran africain, gravelot à front blanc, huîtrier moquin, mouette à tête grise, bécasseaux sanderling, entre autres.

Nous atteignons finalement le phare du Cap Recife, malheureusement fermé au public, lors de notre passage. Impossible d’en gravir les marches, nous profitons donc du panorama environnant. Le chemin longe ensuite la route goudronnée jusqu’au SAMREC, centre dont la mission est de secourir les oiseaux marins fatigués, déshydratés ou blessés échoués sur le littoral. Lors de notre visite, le centre accueillait 43 manchots du Cap et un fou du Cap.

Après la visite, nous retournons déjeuner à l’Indulge Coffee avant de prendre la route vers Colchester pour notre croisière de l’après-midi.

⚠️ Attention : l’accès à la réserve est gratuit pour les piétons, mais payant aux véhicules. Pour éviter d’acheter un permis d’entrée (en vente au Pine Lodge Resort), garez-vous à l’extérieur de la réserve, juste avant la barrière, ou garez-vous au SANCCOB, visitez-le et gardez votre ticket d’entrée pour justifier de la visite.

Croisière sur la rivière Sundays

Nous rejoignons la petite ville de Colchester, située à une trentaine de minutes de route de Port Elizabeth. Non loin se trouve l’entrée sud du parc national des éléphants d’Addo, mais ce n’est pas notre programme du jour. En cette fin d’après-midi, nous avons réservé une croisière de deux heures sur la rivière Sundays, et découvrons avec surprise que le bateau nous est entièrement réservé : aucun autre passager à bord.

L’embarcation, à fond plat, progresse lentement, offrant une approche discrète de la faune. Nous mettons d’abord le cap vers l’océan, avant de faire demi-tour, de dépasser le pont d’embarquement et de remonter un peu plus haut le long des villas disséminées sur les rives.

Les observations s’enchaînent rapidement. Autour de leur nid, des guêpiers à front blanc ouvrent le bal, suivis, le long des berges, de cormorans africains, de courlis cendrés, de martin-pêcheurs pie, de chevaliers aboyeurs et de pluviers argentés. Des hérons cendrés et des hérons goliath, immobiles, les pattes dans l’eau, guettent le moindre poisson. À l’approche des hautes dunes qui bordent le littoral et de l’embouchure de la rivière, nous croisons quelques pêcheurs. C’est à cet endroit que nous faisons demi-tour.

La suite de la croisière est tout aussi riche : sternes caspiennes, échasses blanches, ibis sacrés, ouettes d’Égypte accompagnées de leurs poussins, vervets et œdicnèmes vermiculés se succèdent. Une parenthèse paisible, bercée par le clapotis de l’eau, qui clôt l’après-midi sur un rythme délicieusement apaisant.

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3 jours dans le parc national Camdeboo

Nous quittons Port Elizabeth en direction du parc national de Camdeboo, à un peu plus de trois heures et demie de route. Aux portes de Graaff-Reinet, le décor change radicalement : de vastes plaines semi-arides, des reliefs façonnés par l’érosion et des points de vue vertigineux composent un paysage brut et spectaculaire. Ici, pas de safari classique ni de foules, mais le silence, la lumière dorée du Karoo et l’incontournable Valley of Desolation.

Nous passons trois nuits à Camdeboo. Le premier jour, nous partons à pied explorer la Vallée de la Désolation via le Crag Lizard Trail, un sentier court de 2,2 km, mais absolument saisissant. Les colonnes de dolérite dominent l’immensité du Karoo et offrent des panoramas à couper le souffle. En chemin, quelques lézards – forcément – et un couple de cobes des montagnes croisent notre route. Une première après-midi parfaite. La soirée se passe en camping, dans notre Suzuki Jimny. Le campement de Camdeboo est une vraie belle surprise : emplacements bien délimités, végétation, calme absolu et sanitaires propres et fonctionnels.

Le lendemain, nous entamons la journée par une sortie en 4×4 sur la piste de Driekkoppe. Il faut d’abord récupérer la clé d’un portail à l’accueil du parc. Le début du parcours est facile, puis, au croisement, nous suivons Baakhoek en direction de la montagne. L’ambiance change rapidement : quatre roues motrices enclenchées, première vitesse par endroits, la piste devient technique. Sur le plateau, nous faisons nos premières rencontres avec les zèbres des montagnes et un groupe de bubales caama. La faune est très farouche, peu habituée à la présence humaine.

Les après-midis et les jours suivants sont consacrés aux safaris dans le parc. Depuis le camping, l’accès direct à la zone animalière est impossible : le lit de la rivière Sundays a débordé. Nous devons donc entrer par la porte principale, le long de la R63. Là encore, peu de passages de véhicules, et des animaux très craintifs. Camdeboo est un véritable paradis pour les herbivores : les springboks y sont extrêmement nombreux, tout comme les gnous noirs, sans oublier les grands koudous, damalisques à front blanc, élans et oryx.

Ce qui rend Camdeboo si particulier, c’est cette faune propre au Karoo, très différente de celle du Kruger ou même du Kgalagadi. Côté oiseaux, le parc n’est pas en reste avec plus de 225 espèces recensées. L’autruche, en l’absence de grands prédateurs, y est omniprésente. Sur les grandes plaines, les jumelles sont indispensables pour tenter d’apercevoir l’outarde de Ludwig, que j’ai eu la chance d’observer pour la première fois.

À Camdeboo, les paysages se suffisent à eux-mêmes : rien que pour eux, le parc mérite largement le détour.

3 jours dans le parc national des zèbres de montagne

Après un dernier safari à Camdeboo, nous rejoignons le parc national des Zèbres de Montagne en moins de deux heures de route. Une fois les formalités d’entrée effectuées, nous nous installons au camping. Il y a nettement plus de monde qu’à Camdeboo et les emplacements offrent moins d’intimité, mais l’essentiel est là : braaï à disposition, sanitaires propres et suffisamment nombreux.

Pour notre première après-midi, nous partons en safari sur la Rooiplaat Loop, un circuit d’environ 29 km qui traverse le plateau de savane de la réserve. Les herbivores y sont omniprésents : gnous noirs, damalisques à front blanc et springboks dominent le paysage. Nous observons et photographions pour la première fois l’outarde plombée, une espèce de taille moyenne au ventre et au cou gris-bleu lumineux, contrastant avec un dos brun terne. Nous sommes tout aussi heureux de rencontrer la grue de paradis, oiseau emblématique de l’Afrique du Sud, reconnaissable à son plumage uniformément bleu-gris. Les animaux se montrent moins farouches qu’à Camdeboo, ce qui rend l’expérience encore plus immersive. Les paysages, eux, sont tout simplement sublimes. Sur le chemin du retour vers le camp, nous croisons un péléa, une antilope discrète des zones montagneuses. Le coup de cœur pour Mountain Zebra est immédiat.

Mountain Zebra National Park est sans doute l’un des secrets les mieux gardés de l’Eastern Cape.

Le lendemain matin, nous participons à un safari guidé avec un ranger. Un lion a été repéré la veille, et nous espérons l’apercevoir. Ils ne sont que cinq à vivre dans le parc. Le mâle ayant été tué deux semaines avant notre arrivée par les quatre femelles, la recherche reste vaine. Nous nous consolons avec de belles observations, notamment des bubales caama et un autour chanteur.

Après le déjeuner, nous partons avec notre Suzuki Jimny sur la piste 4×4 de Juriesdam. Le parcours est plutôt facile, à l’exception d’un court passage délicat dans la descente du plateau. Sur cette boucle de 10 km, nous observons un oryx, des grues de paradis, des zèbres des montagnes et de nombreux springboks. Mais le véritable moment fort reste la scène autour de terriers d’écureuils terrestres : les plus jeunes jouent entre eux à quelques mètres seulement du véhicule. Un spectacle fascinant. Nous prolongeons l’exploration sur l’Ubejane Loop, et la surprise est totale : trois rhinocéros noirs. Voir un seul individu est déjà exceptionnel, alors trois… De retour au camp, un dîner rapide nous attend avant un night drive avec le même ranger. Cette sortie nocturne est un festival d’otocyons : six individus observés en deux heures. Une soirée inoubliable.

Pour ce troisième jour, la matinée commence tranquillement, puisque nous avons réservé une session de tracking des guépards qui ne démarre qu’à 7h. Deux rangers armés nous accompagnent, équipés d’un récepteur VHF. Nous localisons rapidement une femelle, accompagnée de ses cinq jeunes, allongés à l’ombre d’un acacia du Karoo. Nous descendons du 4×4 et les approchons à pied, restant une quinzaine de minutes à leurs côtés avant de les laisser se reposer. Leur ventre bien rond trahit un festin récent, probablement un grand koudou tué la veille. D’autres guépards du parc portent un collier : Mike, Dan et Ray Charles. Sur le chemin du retour, nouvelle tentative pour localiser le lion aperçu la veille, sans succès. En revanche, une carcasse de zèbre témoigne de sa présence toute récente.

L’après-midi, nous suivons la Kranskop Loop pour un long safari. Moins d’animaux cette fois, mais de belles rencontres : quelques grands koudous dans les zones boisées, des zèbres des montagnes, des bubales caama et un couple d’oréatragues sauteurs. Sur le plateau, nous repérons aux jumelles des buses rounoirs en action. Trop éloignées pour la photo, hélas. Retour au camping en fin de journée, puis restaurant, avant un nouveau safari de nuit. Et quelle sortie : deux hyènes brunes, cinq protèles, trois genettes communes, un chacal à chabraque, un engoulevent musicien, un lion et plusieurs antilopes observés en seulement deux heures.

Pour notre dernier jour à Mountain Zebra, nous retournons sur la Rooiplaat Loop. Près d’un petit point d’eau artificiel, les herbivores se rassemblent : d’abord les zèbres des montagnes, puis les damalisques à front blanc. Soudain, un cri d’alarme retentit et tout le groupe détale en une fraction de seconde. Nous scrutons les environs aux jumelles… aucun prédateur. Fausse alerte. Nous poursuivons par la Link Road, puis quittons Mountain Zebra en direction du parc national des Éléphants d’Addo, le cœur encore rempli de souvenirs.

6 jours de safari au parc national Addo Elephant

3 h 30 de route suffisent pour nous mener jusqu’à l’entrée nord du parc national des Éléphants d’Addo. En début d’après-midi, nous arrivons dans un camping plein à craquer. Il ne reste que deux emplacements : nous choisissons celui qui offre le plus d’ombre — maigre consolation — et le peu d’intimité disponible.

Nous passerons cinq nuits dans le parc : deux sous tente à Addo Main Camp, puis trois en bungalow à Matyholweni, côté Colchester. Une nuit était prévue au Spekboom Tented Camp, mais des travaux nous enverront finalement plus au sud.

Addo, proche de Port-Elizabeth, c’est d’abord le royaume des éléphants. Des silhouettes massives surgissent autour des points d’eau, en familles compactes et silencieuses. Beaucoup de femelles n’ont pas de défenses, stigmates d’un passé marqué par le braconnage. Ici, l’émotion est brute.

Au fil des pistes, les rencontres s’enchaînent : phacochères, grands koudous, bubales caama, zèbres des plaines. Un rhinocéros noir, furtif, croisé de nuit avec un ranger — moment suspendu. Les prédateurs se font discrets, même si les lions nous offrent quelques instants précieux, et que chacals à chabraque et mangoustes jaunes animent les bas-côtés.

Côté ciel, Addo est une promesse tenue. Apalis à collier, buse rounoir, gonolek bacbakiri, messager sagittaire, sentinelle du Cap, souimanga orangé… À chaque halte, une nouvelle surprise. Le parc compte plus de 400 espèces d’oiseaux.

Nous quittons Addo par la porte nord. Le Karoo nous attend, direction la réserve de Samara. La poussière sur la carrosserie, et encore les images d’éléphants plein la tête.

3 jours dans la Samara Karoo Reserve 

Pour conclure notre roadtrip dans la province du Cap-Oriental, nous souhaitions une étape plus confidentielle, avec un hébergement confortable et une expérience de safari plus exclusive. Notre choix s’est naturellement porté sur Samara Karoo Reserve, sensibles à son ambitieux projet de réensauvagement. Trois heures de route nous séparent de cette réserve privée, située entre Graaff-Reinet et Pearston — ironie du parcours, nous étions à deux pas quelques jours plus tôt en visitant le parc national de Camdeboo.

La Samara Karoo Reserve est une vaste réserve privée de 27 000 hectares située au cœur du Grand Karoo. Née d’un ambitieux projet de réensauvagement, elle vise à restaurer un écosystème autrefois dégradé par l’élevage intensif. Depuis 1997, Samara réintroduit progressivement des espèces emblématiques comme le guépard, le lion et l’éléphant, tout en favorisant le retour de la végétation indigène. Ce projet de long terme ne se limite pas à la faune : il œuvre aussi pour la connectivité des habitats, la recherche scientifique et l’implication des communautés locales.

Nous posons nos bagages au Karoo Lodge, un ancien homestead du Karoo transformé en havre de paix. Le confort est total : une vaste suite, un lit king-size, une salle de bain intérieure avec baignoire, une douche extérieure… et une terrasse donnant sur un petit marécage prisé des éléphants. Les observer évoluer à une dizaine de mètres de notre suite reste un privilège presque irréel.

En trois jours, nous effectuons six safaris en compagnie de Simon, notre guide, et de Marno, notre tracker. Ici, le hors-piste est volontairement très limité : les sols, longtemps malmenés, sont en pleine régénération. Cette approche respectueuse du terrain donne tout son sens au projet de réensauvagement, et j’ai profondément apprécié cette cohérence.

Les rencontres sont inoubliables. Une lionne en œstrus, suivie de près par un mâle insistant, mais bien décidé à attendre son bon vouloir. Chez les lions, c’est la femelle qui mène la danse, et le spectacle est aussi fascinant que tendu. Nous assistons aussi aux parades nuptiales des grues de paradis, leurs bonds spectaculaires résonnant encore dans l’immensité du Karoo. Nous faisons également la rencontre d’un suricate, une espèce que j’avais seulement aperçue furtivement à Camdeboo. Cette fois, nous prenons pleinement le temps de l’observer.

Zèbres de montagne, damalisques à front blanc, gnous noirs, élans… les observations s’enchaînent. Mais deux moments resteront gravés : une approche à pied des guépards, suspendue dans le silence, et ce lever de soleil flamboyant sur le plateau de Samara Masaï avec en toile de fond des antilopes en ombre chinoise. Le dernier matin, de façon tout à fait symbolique, nous plantons un arbuste afin de contribuer également au réensauvagement de la réserve.

Ces trois jours à Samara resteront comme une parenthèse douce, presque méditative, au cœur de paysages parmi les plus saisissants de notre voyage.

Epilogue : Qu’aurais-changer à mon safari au Cap-Oriental ?

Ces 17 jours passés dans le Cap-Oriental ont été une magnifique surprise. Aucun des lieux visités ne nous a déçus ; chacun nous a séduits pour des raisons différentes. Avec le recul, nous ajusterions toutefois l’itinéraire. Nous commencerions par Port-Elizabeth et ses environs, enchaînerions avec Addo Elephant, puis rejoindrions le parc national de Mountain Zebra, avant de poursuivre vers Camdeboo et de terminer en beauté à la Samara Karoo Reserve.

Nous retirerions une nuit à Camdeboo et à Addo Elephant pour ajouter une nuit supplémentaire à Mountain Zebra et à Samara. Une chose est sûre, nous reviendrons dans le Karoo car on y trouve une atmosphère qu’on ne rencontre nulle part ailleurs en Afrique du Sud.

Cahier pratique

Comment s’y rendre ?

Vol international jusqu’à l’aéroport de Johannesburg puis vol interne jusqu’à l’aéroport Chief Dawid Stuurman International Airport de Port Elizabeth.

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Je vous invite aussi à tester les comparateurs de vols Kayak ou Trip.com.

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Quelle voiture louer ? 4×4, suv ou berline ?

4x4 Suzuki JimnyDepuis l’aéroport de Port Elizabeth, vous pourrez louer une voiture type berline ou suv ou mieux un 4×4 équipé camping. Et je dois dire que nous avons été très satisfait de la location de notre Suzuki Jimny équipé camping. Si le tout-terrain n’est pas très grand comparé à un Toyota Hillux, il est plus maniable sur les routes étroites et bien mieux équipé et le rapport qualité-prix est bien meilleur. On a tellement adoré que vous pouvez louer votre 4×4 Suzuki Jimny directement auprès de Camp 4×4 depuis le blog (sans payer plus cher).

Où dormir ? Où manger ? Nos coups de coeur

Voici une sélection de lieux pour manger et dormir que nous avons appréciés lors de notre safari au Cap-Oriental :

  • Port Elizabeth : Le Beach View Brookes Hill suiters est un appartement équipé d’une cuisine situé près de l’océan. Bon confort, propre. Nombreux restaurants à proximité dont l’Indulge Coffee qui propose de bons burgers ou encore le Coachman on the bay.
  • Camdeboo : Le camping du parc national offre des emplacements vastes, propres et équipés d’un braaï et de l’électricité. Il n’y a pas de bungalow à louer dans le parc national mais la ville de Graaf-Reinet offre plusieurs hébergements appréciés des voyageurs dont le Drostdy Hotel, The Whyte House et Sundays Karoo Guesthouse. En centre-ville, nous recommandons Hello You Restaurant and Wine Bar qui propose une cuisine délicieuse dans un cadre moderne et agréable. Toutes ces adresses sont d’un très bon rapport qualité-prix.
  • Mountain Zebra : Le Restcamp du parc national comprend un camping bien aménagé mais offrant peu d’intimité ainsi que des cottages à louer. Dormir au sein du parc est de mon poit de vue la meilleure option. Si toutefois, c’était complet ou si vous arrivez tard, vous pouvez dormir dans la ville voisine de Cradock située à environ 8 km. Le restaurant du restcamp propose une cuisine tout à fait correct d’un bon rapport qualité-prix.
  • Addo Elephant : Là aussi, on recommande que vous dormiez. dans le parc national. La partie nord est celle où il y a le plus de faune mais aussi le plus de monde. Du coup, on vous recommande de mixer vos nuits à Addo  Main Camp, Spekboom Tented Camp s’il a réouvert et dans les cottages de Matyholweni dans la section Colchester. Là aussi, si vous arrivez tard, nuit possible à Colchester si vous entrez par la porte sud ou si vous arrivez par le nord, nuit chez AfriCamps Addo ou chez Addo Dung Beetle Guest Farm. Deux lodges ont une concession privés au sein même du parc national, ce qui garantit une expérience plus exclusive : Gorah Elephant Camp à l’est de l’Addo Main Camp Area et le River Bend Lodge dans la section Nyathie au nord de l’Addo Main Camp. Le restaurant de l’Addo Main Camp propose une cuisine agréable.
  • Samara Karoo Reserve : La réserve dispose de trois hébergements : Le Karoo Lodge où nous avons dormi dans une suite luxueuse de type cottage, mais aussi le Manoir qui se réserve en exclusivité et le Plains Camp, un petit camp composé de 4 tentes de safari sans électricité. Nous avons beaucoup aimé notre séjour au Karoo Lodge mais nous aurions également bien aimé tenter l’aventure du Plains Camp au plus près de la nature. La cuisine est délicieuse.

Avec qui partir en safari en Afrique du Sud ?

Pour votre safari et voyage en Afrique du Sud, je vous conseille d’adresser votre demande de devis sur mesure auprès de l’agence de voyage locale francophone avec qui je voyage en Afrique du Sud. Je l’ai sélectionnée pour son sérieux et sa capacité à répondre aux demandes personnalisées. Et je vous conseille aussi la lecture de l’article bien préparer votre voyage et vos safaris en Afrique du Sud.Demande de devis agence locale Afrique du Sud

Bibliographie

Voici les guides de référence pour l’observation animalière en Afrique du Sud :

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