Deux journées ornithologiques en hiver au parc du Marquenterre

Deux journées ornithologiques en hiver au parc du Marquenterre

 

Mon projet dans le parc du Marquenterre au fil des saisons débute par deux belles journées de début février. De la Seine et Marne, j’ai mis près de 4 heures pour rejoindre la Baie de Somme à cause de la neige qui tombait sur la région parisienne et ralentissait la circulation.

Je commence par m’acheter de quoi manger dans un supermarché de Rue. J’avale vite fait mon sandwich et entre dans le parc du Marquenterre. Point de neige au Marquenterre.

Grue cendré, parc du Marquenterre

Grue cendré

La cigogne blanche et la grue cendrée

Il est 12h45 quand je commence ma première journée. Vu l’heure tardive, je décide de m’engager aujourd’hui sur les parcours vert (2 km) et bleu (4 km). Depuis le point de vue en haut de la dune boisée, j’observe les premiers étangs à la jumelle. Je quitte la pinède pour rejoindre le bord des étangs. Une cigogne blanche et une grue cendrée sont immobiles dans l’une des petites prairies qui font face à une roselière. Une grue cendrée au Marquenterre, je suis étonné. Après vérification auprès de l’équipe naturaliste du parc, on me confirme qu’elle ne peut plus voler. Recueillie puis soignée par l’équipe, elle est maintenant résidente à l’année.

Quelques canards colverts sont assis sur l’un des îlots du premier étang.

Foulque macroule, parc du Marquenterre

Foulque macroule

Les oiseaux aux observatoires 1, 2 et 3

La lumière de la matinée a disparu. Dommage ! Je m’engage sur le circuit bleu et je fais des haltes successives aux observatoires 1, 2 et 3. A chaque fois, j’y vois le tadorne de Belon (voir encart plus bas) et la foulque macroule. Elle est souvent snobée par les observateurs car on la voit souvent y compris dans des parcs urbains. Mois j’aime bien son air ténébreux. Je l’observe plonger chercher sa nourriture dans le fond de l’étang. Son régime alimentaire est essentiellement végétarien.

J’observe également un grèbe castagneux. C’est le plus petit spécimen des grèbes si bien que lorsqu’on le voit pour la première fois, on pourrait penser que c’est un jeune. Il n’en est rien. En hiver, son plumage devient plus uniforme et perd ses couleurs contrastées.

Grèbe castagneux, parc du Marquenterre

Grèbe castagneux

Focus ornitho

Le tadorne de Belon en 5 questions

Le tadorne de Belon est l’anatidé le plus apprécié des enfants au parc du Marquenterre. Sans doute parce qu’il est très coloré avec son bec rouge et qu’il est facilement reconnaissable. Avec Alexander Hiley, responsable des guides naturalistes au parc du Marquenterre, découverte du tadorne de Belon en 5 questions et autant de réponses :

  1. Quelle est la durée de vie du tadorne de Belon ? 16 ans environ
  2. Que mange le tadorne de Belon ? Son régime alimentaire est principalement composé de mollusques bivalves, de gastéropodes marins et de crustacés qu’il trouve dans la vase avec son bec.
  3. Où le tadorne de Belon nidifie t-il ? Habituellement, il nidifie dans d’ancien terrier de lapin ou de renard. Au parc du Marquenterre, il niche dans des terriers artificiels dans des talus dunaires.
  4. Le tadorne de Belon migre t-il ? Oui. C’est une migration de mue qui a lieu au cours du mois de juillet. Les individus quittent le parc du Marquenterre pour la partie allemande de la mer des Wadden.
  5. On dit que le tadorne de Belon crèche, qu’est-ce que cela signifie ? Pendant la migration de mue, quelques individus restent avec les canetons pour les élever le temps de la migration.
Tadorne de Belon, parc du Marquenterre

Tadorne de Belon

Canards à bonne distance aux observatoires 9 et 10

En restant sur le circuit bleu, je rejoins l’observatoire 9 par un chemin caché des oiseaux pour maintenir leur tranquillité.

Plusieurs espèces de canard à distance raisonnable vont et viennent devant l’observatoire : la sarcelle d’hiver dont le mâle est facilement reconnaissable en plumage nuptial : tête rousse, bande verte sur les joues et dessous de la queue jaune bordée de noir. Le reste de l’année, il est plus difficile à identifier car son plumage est assez terne comme celui de la femelle.

Sarcelle d'hiver, parc du Marquenterre

Sarcelle d’hiver

Le canard souchet passe aussi devant mon objectif. Les enfants l’aiment bien grâce à son gros bec élargi à son extrémité. Comme souvent avec les canards, le mâle est plus coloré : tête verte, iris jaune, poitrine blanche, flancs et ventre marron.

Le fuligule morillon est aussi de la partie. Contrairement au souchet et à la sarcelle d’hiver, le dimorphisme sexuel est moins marqué. Le plumage du mâle est plus intense et sa huppe plus grande. Je trouve à cette espèce un petit air aristocratique. Je l’observe plonger chercher sa nourriture dans le fond de l’étang (mollusques bivalves entre autre) ; il peut descendre jusqu’à 7 mètres de profondeur.

Fuligule morillon, parc du Marquenterre

Fuligule morillon mâle

Une grande aigrette s’est posée sur la droite de l’observatoire sans que je ne la vois arriver (je photographiais une foulque macroule de l’autre côté de l’observatoire). Rare il y a une dizaine d’année, elle est devenue une espèce que l’on observe assez régulièrement au parc du Marquenterre.

Oie cendrée, parc du Marquenterre

Oies cendrées en migration

Oies cendrées et cygnes chanteurs et tuberculés en fin de journée

Je finis ma journée ornithologique sur les postes d’observation 11, 12 et 13. Après avoir observé un vol d’oies cendrées en migration prénuptiale. Elles survolent la baie de Somme après avoir quitté la péninsule ibérique où elles ont hiverné et vont rejoindre leurs aires de nidification en Scandinavie, en Allemagne, en Islande ou encore en Pologne.

galinule poule d'eau, parc du Marquenterre

Galinule poule d’eau

J’observe depuis l’observatoire 11 deux galinules poule d’eau qui ont quitté les eaux des étangs pour manger de l’herbe.

Trois cygnes chanteurs sont sur le petit plan d’eau (une prairie inondée ?) face à l’entrée de l’observatoire n°12. De même taille que le cygne tuberculé, on distingue facilement les deux espèces par la couleur du bec : jaune pour le chanteur et rouge pour le tuberculé. En entrant dans l’observatoire, j’observe une grande aigrette, des canards colverts et un couple d’oie cendrée.

Cygne chanteur, parc du Marquenterre

Cygnes chanteurs

En me dirigeant vers la héronnière (observatoire n°13), je croise sur mon chemin deux cygnes tuberculés pataugeant dans un canal. Une fois revenu au niveau du point de vue, je les retrouve dans les reflets du soleil couchant.

Cygne tuberculé, parc du Marquenterre

Cygne tuberculé

Lumière matinale sur les 1ers étangs du circuit vert

Pour ma seconde journée d’ornithologie au parc du Marquenterre, j’ai la chance d’être accueilli par une belle lumière hivernale, douce et rasante.

Parc du Marquenterre

Avec le gel, les oiseaux se sont réfugiés sur les îlots et au centre des plans d’eau

J’observe et photographie trois cigognes blanches dont une en vol ainsi qu’une vingtaine d’oies cendrées. Les étangs étant gelés sur les bords, les oiseaux se sont regroupés au centre des plans d’eau sur les îlots ou dans l’eau.

Oie cendrée, parc du Marquenterre

Oies cendrées

Cigogne blanche, parc du Marquenterre

Cigogne blanche

Je rejoins l’observatoire n°12 et prends le circuit rouge à contre-sens. Je repasse par les observatoires 11 et 10 puis m’engage sur le chemin vers les observatoires 8 et 7.

Tous les oiseaux se sont donnés rendez-vous à l’observatoire n°7

Au poste d’observation n°8, je fais une drôle de rencontre. Dans mes jumelles, j’observe ce que je crois être deux moutons dans un premier temps. Puis, je vois deux cornes. Je me dis « tiens un bouc ». A bien regarder la forme des cornes, j’opte pour des mouflons. Ils sont si loin que je mets mon multiplicateur 1.4 sur mon 100-400 mm. Ce n’est pas l’idéal au regard de l’ouverture 4.5 – 5.6 mais vu la distance, je n’ai pas d’autre choix. Les mouflons ont été introduits dans le massif dunaire dans les années 90. C’est assez étrange de les observer dans ce milieu qui ne leur est pas naturel.

Mouflon, parc du Marquenterre

Mouflons

Au poste d’observation 7, la densité d’oiseau est impressionnante. Les canards sont en grand nombre : tadornes de Belon, canards souchet, canards pilet, fuligules morillon, fuligules milouin, sarcelles d’hiver, mais aussi des foulques macroules, des oies cendrées, des cygnes tuberculés et des barges à queue noire. Je reste près de deux heures sur l’observatoire à m’émerveiller devant ces oiseaux qui mangent, plongent, paradent, volent, décollent et atterrissent.

Canard pilet, parc du Marquenterre

Canard pilet

Cygne tuberculé, parc du Marquenterre

Cygne tuberculé

Les premiers hérons cendrés arrivent

Sur le chemin du retour, je croise une mésange charbonnière et un rouge-gorge ainsi que quatre hérons cendrés sur deux observations différentes. Ce sont les premiers individus à rejoindre le parc du Marquenterre pour nidifier dans la héronnière.

Héron cendré, parc du Marquenterre

Héron cendré

Espèces observées sur les deux jours d’ornithologie

Cigogne blanche (6), grue cendrée (1), oie cendrée (une cinquantaine), colvert (plusieurs centaines), foulque macroule (plusieurs centaines), fuligule morillon (une centaine), fuligule milouin (8), canard souchet (une cinquantaine), sarcelle d’hiver (plusieurs centaines), tadorne de Belon (70), canard pilet (une cinquantaine), barge à queue noire (plusieurs centaines), rouge gorge (1), mésange charbonnière (une dizaine), grèbe castagneux (2), grèbe huppée (1), grande aigrette (1), héron cendré (4), grand cormoran (2), galinule poule d’eau (2), cygne tuberculé (4), cygne chanteur (3), bruant des roseaux (2).

Mésange charbonnière, parc du Marquenterre

Mésange charbonnière

Cahier pratique

Quel guide ornithologique ?

Le guide ornitho : la référence pour l’observation des oiseaux en Europe, Afrique du nord et Moyen-Orient. Existe aussi en application IOS et Android.

Où dormir ?

Hôtel et restaurant du Cap Hornu *** : Situé à Saint-Valery-sur-Somme de l’autre côté de la Baie de Somme, il est implanté dans un beau parc de 15 hectares. Très bonne table disposant d’une carte entre terre et mer.

Où manger ?

Il est interdit de manger à l’intérieur du parc du Marquenterre. Un restaurant, la « tablée du Marquenterre » propose une cuisine de saison avec des produits locaux.

Plus d’infos sur le Marquenterre ?

Lisez mon article « Ornithologie au parc du Marquenterre au fil des saisons » ou rendez-vous directement sur le site ou le blog du parc du Marquenterre.

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Grégory RohartGrégory Rohart
Grégory Rohart

Je m'appelle Grégory et je suis l'auteur de ce blog sur les safaris, l'ornithologie et l'observation animalière. Si comme moi, vous adorez la nature, suivez mes conseils et inspirez-vous de mes carnets de safari pour voyager en découvrant la vie sauvage. Aussi fondateur des blogs www.i-voyages.net et www.i-trekkings.net. Mes photos sont sur www.gregoryrohart.com.

2 Commentaires
  • Ce grèbe a totalement l’air juvénile ! Et cela fait plaisir de voir cette mésange dans ton objectif, j’ai l’impression qu’on en voit de moins en moins.
    Il y avait du beau monde lors de cette sortie hivernale 🙂

    24 février 2018 à 6 h 25 min

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