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Le parc du Marquenterre en automne

Fin octobre, je viens de passer deux nouvelles journées d’observation des oiseaux dans le parc du Marquenterre en Baie de Somme. Cet article vient donc boucler mon projet au fil des saisons au parc du Marquenterre qui vise à vous montrer l’intérêt ornithologique selon les périodes de l’année. Il vient donc compléter mes articles sur le printemps, l’été et l’hiver. Retour sur une partie de mes observations réalisées les 26 et 27 octobre.

La migration d’automne au parc du Marquenterre

L’automne est la période des migrations. C’est ce qu’on appelle la migration postnuptiale. Elle débute fin août et se poursuit les mois suivants jusqu’à l’hiver. Certaines espèces ont quitté, quittent ou vont quitter prochainement le parc du Marquenterre pour leurs zones d’hivernage dans des contrées plus au sud. C’est le cas pour la cigogne blanche, en tout cas pour les spécimens qui migrent toujours et la spatule blanche. A l’inverse, d’autres espèces comme de nombreux canards ou les bécassines des marais arrivent à l’automne du nord de l’Europe et viennent trouver refuge au parc du Marquenterre.

Les bécassines des marais et la bécassine sourde

Le parc du Marquenterre compte 13 postes d’observation plus des palissades. Je suis resté une demi-journée au poste n°1 pour observer les bécassines des marais. Ce limicole de taille moyenne pourvu d’un long bec d’environ 7 cm, droit et fin est difficilement visible. Son plumage brun, avec des bandes ocres-jaunes, se confond particulièrement bien avec son environnement. La bécassine des marais apprécie comme son nom l’indique les marais et les zones humides. J’ai donc passé une matinée à les observer se reposer, se laver, boire et manger. Huit d’entre-elles ont élu domicile face à l’observatoire sur une petite presqu’île. Vont-elles nicher ou s’agit-il d’un arrêt de quelques jours avant de poursuivre leur migration plus au sud ? Les observations et les comptages des guides naturalistes du parc du Marquenterre le diront.

On compte en France deux autres bécassines encore bien plus rares à observer : la bécassine double et la bécassine sourde. J’ai eu la chance d’observer pour la première fois une bécassine sourde proche des bécassines des marais. Il faut une observation attentive pour les différencier surtout si elle est tapie dans les herbes. Quelques indices pour la distinguer de la bécassine des marais :

  • Elle est plus petite. C’est d’ailleurs la plus petite des bécassines.
  • Son bec est plus court.
  • Une seule large bande brune sombre sur la calotte et absence de raie médiane pâle.
  • Elle se déplace en sautillant.

Elle s’est montrée beaucoup plus discrète que les bécassines des marais et si je suis resté une demi-journée dans l’observatoire n°1, c’est pour essayer de la photographier. Ce comportement est tout à fait normal car l’espèce est surtout active la nuit ou au crépuscule.

La migration d’automne de la bécassine sourde se déroule de la mi-septembre à la mi-novembre. La moitié de la population arrive de Laponie et de Sibérie orientale pour hiverner dans le nord-ouest de l’Europe jusqu’à la péninsule ibérique. Le reste hiverne en Afrique. Elle quitte ses aires d’hivernage entre mars et mi-avril. Peut-être aurez-vous la chance de l’observer cet hiver ?

L’observatoire n°1 a offert une belle proximité et de nombreuses autres observations : héron cendré, aigrette garzette et grande aigrette pêchant, vanneaux huppés, chevalier gambette, chevalier aboyeur, canard colvert, sarcelles d’hiver, grands cormorans, étourneaux sansonnets, martin-pêcheur. On était bien loin de l’ambiance du printemps lorsque les colonies de mouettes rieuses et mélanocéphales avaient envahi les îlots.

Les spatules blanches sont toujours là

La spatule blanche est l’emblème du parc du Marquenterre. Elle y niche en colonie à partir du printemps dans la héronnière qui fait face au poste d’observation n°13. Elle commence à quitter le parc tous les ans à la fin du mois d’août.

Face à l’observatoire n°3, je compte plus de 50 spatules blanches. Seraient-elles restées plus longtemps ? Non pas vraiment. A partir de septembre, d’autres spatules blanches arrivent des Pays-Bas. Certaines font une halte de quelques jours pour trouver leur zone d’hivernage plus au sud, d’autres passent l’hiver au Marquenterre. On peut donc voir l’espèce toute l’année même si les spécimens sont différents.

Les vanneaux huppés en grand nombre

Une semaine avant ma venue au parc du Marquenterre, les guides naturalistes du parc ont compté 998 vanneaux huppés. De la taille d’un pigeon, l’espèce ne peut être confondue avec aucune autre. Ses caractéristiques : un plumage vert pourpre aux reflets métalliques et une huppe longue, fine et recourbée.

Le vanneau huppé aime les espaces ouverts pour mieux voir le danger qui pourrait guetter. On le voit souvent en colonie dans les labours, les prés ras ou fauchés. Je l’observe aux jumelles depuis le poste 7 quand soudain un avion à hélice type Cessna survole la zone faisant décoller les centaines de vanneaux huppés. En vol aussi, il est impossible de se tromper sur l’identification du vanneau huppé. La silhouette de ses ailes est unique.

Les grèbes en plumage internuptial

Les grèbes castagneux et grèbes huppés  sont présents à l’année au parc du Marquenterre. Les grèbes à cou noir migrent essentiellement la nuit de juillet à novembre vers leurs zones d’hivernages maritimes.

Lors de ma visite d’octobre, les trois espèces avaient quitté leur plumage nuptial coloré pour leur tunique internuptiale plus pâle et il faut l’avouer moins esthétique.

Le grèbe à cou noir est alors, gris, noir et blanc avec ses yeux toujours rouges tandis que le grèbe castagneux arbore un plumage brun chamois et un cou blanc. Quand au grèbe huppé, il a perdu de sa superbe : visage blanc, crête aplatie et plumage marron pâle.

Les canards arrivent

L’automne voit l’arrivée de nombreux canards au parc du Marquenterre. Lors de mon passage, trois espèces étaient particulièrement présentes : le colvert, le souchet et la sarcelle d’hiver.

Venaient derrière les siffleurs, les chipeaux, les tadornes de Belon, les canards pilet, les fuligules milouin et fuligules morillon.

Ils étaient principalement positionnés face aux observatoires 7 et 8 mais assez éloigné. La chasse ayant repris depuis quelques semaines, ils ont tendance à garder leur distance avec l’Homme. Et entre-nous, ils ont bien raison. Je pourrais toutefois photographier des sarcelles d’hiver proche de l’observatoire n°1 et un fuligule morillon à la toilette face à la palissade du site de nidification du grand cormoran.

Le parc ornithologique du Marquenterre offre des observations intéressantes tout au long de l’année. Y aller une première fois, c’est y revenir. Pour prolonger votre voyage ornithologique dans la Somme, allez lire mon article « où voir des oiseaux dans la Somme ? ».

Cahier pratique

Quel guide ornithologique ?

Le guide ornitho : la référence pour l’observation des oiseaux en Europe, Afrique du nord et Moyen-Orient. Existe aussi en application IOS et Android.

Où dormir ?

Je vous recommande trois adresses testées :

  • Hôtel et restaurant du Cap Hornu  : Situé à Saint-Valery-sur-Somme de l’autre côté de la Baie de Somme, il est implanté dans un beau parc de 15 hectares. Très bonne table disposant d’une carte entre terre et mer.
  • Le domaine du Marquenterre situé juste à côté du parc : il propose des résidences de vacances en self-catering. Restaurant La Garinière sur place. Organisation d’activités et location d’affûts photo (héronnière, mouflon et sanglier).
  • Maison Clé Vacances à Saint-Blimont : Pour 4 personnes. Location à la semaine. Situation géographique assez centrale pour visiter la Baie de Somme et la vallée de Somme.

Où manger ?

Il est interdit de manger à l’intérieur du parc du Marquenterre. Un restaurant, la « tablée du Marquenterre » propose une cuisine de saison avec des produits locaux. Des tables de pique-nique juste à l’extérieur du parc permettent de déjeuner également.

Vous n’avez pas de jumelles ?

Le parc du Marquenterre loue des paires de jumelle à partir de 4 €. A ce prix là, ne vous en privez pas si vous n’en n’avez pas.

Plus d’infos sur le parc du Marquenterre

Lisez mon article « Ornithologie au parc du Marquenterre au fil des saisons » ou rendez-vous directement sur le site ou le blog du parc du Marquenterre.

Plus d’infos sur la Baie de Somme et la Somme

Les sites internet de Somme Tourisme et de l’Office de Tourisme de la Baie de Somme comportent toutes les informations pratiques pour organiser votre séjour dans la Somme et la Baie de Somme. Ce sont aussi une mine d’inspiration incroyable pour explorer les environs du parc du Marquenterre.

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Bécassine des marais, parc du Marquenterre
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