Exploration de parcs nationaux et réserves du Limpopo en Afrique du Sud et du sud du Botswana pendant deux semaines. Récit.
Ce road trip à la découverte de la faune entre Botswana et Afrique du Sud est le second du genre que je réalise au départ de Johannesburg. Pour ce voyage, toutes les réserves et parcs sont différents du premier voyage à l’exception du parc national de Mapungubwe que j’avais exploré trop rapidement et que je voulais redécouvrir. En complément de cet article, allez également lire le récit de mes premiers safaris entre Afrique du Sud et Botswana.
Oiseaux et caracal à la Nylsvley Nature Reserve
Mon voyage débute par un atterrissage à Johannesburg à 10h30. Après avoir récupéré ma voiture de location, je mets le cap sur la réserve naturelle de Nylsvley, à deux heures de route. J’arrive en fin d’après-midi dans une ambiance quelque peu chaotique : les orages de la veille ont coupé l’électricité, le restaurant est fermé, et c’est à la lueur d’une torche que je rejoins mon chalet. Un carré de chocolat en guise de dîner, et je m’endors, impatient de découvrir cette zone humide réputée pour abriter plus de 400 espèces d’oiseaux.
Le lendemain, dès l’aube, je pars seul sur une boucle de 14,3 km. Le calme des lieux, loin de l’affluence des grands parcs, favorise une observation posée : francolin huppé, autruche, jacana à poitrine dorée, koudous et girafes se succèdent sous mon objectif. Mais c’est une rencontre inattendue qui marquera cette matinée : un caracal, surpris à moins de 15 mètres, venait de capturer un francolin. Le temps de réagir, il avait disparu. Ce face-à-face manqué restera le grand regret de ce voyage, un rappel cinglant de l’importance d’avoir toujours son matériel prêt à dégainer.
De retour au camp, l’électricité rétablie, je pars à pied explorer les abords des chalets, véritable paradis pour les souimangas. Ces petits oiseaux au plumage irisé, cousins éloignés des colibris, se laissent observer avec patience, perchés plutôt qu’en vol stationnaire. Gobemouches, gonoleks, cordonbleus et calaos complètent cette parenthèse ornithologique avant le déjeuner.
L’après-midi m’emmène vers le secteur des plaines inondables et de Vogelfontein. Le terrain, gorgé d’eau, m’oblige à renoncer à certains observatoires, mais la route en bordure de zone humide se révèle exceptionnelle : aigrettes, hérons pourprés, ibis falcinelles, spatules d’Afrique et ombrettes africaines se dévoilent les uns après les autres. Sur le chemin du retour, zèbres des plaines, anhinga d’Afrique et cobe des roseaux viennent clore cette découverte de la réserve de Nylsvley.
Le lendemain, j’ai environ 5h00 de route pour rejoindre la Limpokwena nature Reserve. Je fais un arrêt en chemin à Alldays pour acheter les provisions qu’il me faut pour les trois jours suivants.
![]() |
![]() |
| Renseignez le code créateur GREGORY lors de vos achats chez IPLN afin de soutenir le blog. | Partez en Voyage Photo à mes côtés avec mon partenaire Objectif Nature. Découvrez les voyages que j’accompagne. |
![]() |
![]() |
| Réservez votre location de voiture chez Discovercars. | Réservez vos nuits d’hôtels et vos hébergements chez Booking. |
A la Limpokwena Nature Reserve pour la chouette-pêcheuse de Pel
Située dans la province du Limpopo, en Afrique du Sud, la petite réserve naturelle de Limpokwena (2400 hectares) s’étend le long du fleuve Limpopo, à proximité de la frontière avec le Botswana. Ce site, encore relativement confidentiel, offre un cadre sauvage et préservé, loin de l’affluence touristique des grands parcs nationaux du pays.
La réserve tire son nom de sa position géographique, au confluent symbolique entre le fleuve Limpopo et la rivière Mogalakwena. Cette localisation lui confère un écosystème particulier, où alternent forêt-galerie en bordure du fleuve, savane arborée et affleurements rocheux typiques du Bushveld sud-africain. Cette diversité d’habitats permet d’accueillir une faune variée.
Sur le plan ornithologique, Limpokwena constitue également un site d’intérêt, avec plus de 300 espèces recensées, dont certaines liées étroitement aux milieux fluviaux, à l’image de la chouette-pêcheuse de Pel. C’est d’ailleurs cette espèce discrète qui avait motivé ma venue dans la réserve. Malheureusement, cette année, elle brillait par son absence, alors qu’elle y niche habituellement. Les récentes inondations du fleuve Limpopo ont sans doute perturbé son installation.
J’ai particulièrement apprécié les safaris proposés par la réserve, notamment ceux longeant la rivière et le fleuve. Parmi mes observations : crocodile du Nil, girafes, zèbres des plaines, gnous, grands koudous, bushbucks, écureuil, marabout d’Afrique, guêpier nain, guêpier à front blanc, martin-chasseur à tête brune, rollier à longs brins, veuves du paradis, aigle fascié et pygargue vocifère. Ici, on sait prendre son temps pour observer la nature.
Au camp, j’ai également eu le plaisir de photographier la chevêchette perlée, qui a pris l’habitude de passer ses nuits aux abords des chalets.
3 jours à la Tuli Wilderness au Botswana
Après quelques jours passés en Afrique du Sud, je franchis la frontière avec le Botswana au poste-frontière de Platjan. Les formalités sont vite réalisées. Je paie 260 pulas (environ 17 €) pour l’entrée de mon 4×4 Suzuki Jimny au Botswana et je laisse les douaniers désinfecter ma voiture. Il me faut ensuite une heure supplémentaire pour rejoindre le Serolo Bushcamp, où je vais passer mes trois prochaines nuits. C’est un petit camp non clôturé de cinq chalets, niché dans un petit bois non loin du fleuve Limpopo. Je l’adore !
J’ai réalisé six safaris dans la réserve privée de Tuli Wilderness. Malgré les inondations du Limpopo qui avaient dispersé les animaux, la faune s’est révélée abondante durant ces trois jours. Sans parler des espèces communes (zèbre des plaines, girafe, gnou, impala, chacal à chabraque…), j’ai vécu des scènes fortes en émotion avec les lions. À deux reprises, j’ai pu observer des lions et lionceaux autour d’une carcasse.
Mais la rencontre qui restera gravée dans ma mémoire est celle avec la hyène brune. Espèce discrète et peu documentée, elle reste bien moins connue du grand public que sa cousine tachetée. J’ai eu la chance d’observer plusieurs individus à proximité de leur terrier, où les jeunes se montraient curieux et joueurs, sous l’œil attentif des adultes. Puis, un peu plus tard, une scène rare s’est offerte à moi : une hyène brune s’est approchée de la carcasse d’un gnou tué par les lions, espérant profiter des restes laissés par les félins. Cette opportuniste nocturne, généralement solitaire et furtive, s’est montrée étonnamment visible en pleine journée, ce qui a rendu l’observation d’autant plus précieuse. C’est d’ailleurs cette rencontre inattendue qui m’a donné l’envie de concevoir un nouveau safari dans le sud du Botswana.
De par sa position géographique, Tuli Wilderness se révèle également passionnant pour l’observation des oiseaux. J’y ai photographié l’outarde kori, le guêpier à front blanc, l’engoulevent du Mozambique, le grand-duc d’Afrique, l’oedicnème tachard, le pipit africain, le courvite de Temminck, le martin-pêcheur pie, le martin-chasseur à tête brune, l’aigle martial et, surtout, l’aigle de Verreaux.
Au camp, un couple d’effraies des clochers niche dans un arbre à baies de nyala, comme le nomment les habitants de la région. Là encore, de superbes observations sont venues ponctuer mon séjour.
De retour au parc national Mapungubwe
C’est la seconde fois que je me rends au parc national de Mapungubwe, situé dans la région du Limpopo en Afrique du Sud. La première fois, c’était en 2024, en compagnie des guides de la Mapesu Game Reserve. Cette fois-ci, j’explore le parc par moi-même et passe une nuit au Limpopo Forest Tented Camp (section Ouest), puis deux nuits au Vhembe Wilderness Camp (section Est).
J’apprécie particulièrement Mapungubwe pour ses paysages, qui alternent kopjes et plaines ponctuées de baobabs, ainsi que pour sa relative tranquillité comparée au Kruger. Si je n’y ai pas croisé de grands félins, j’ai néanmoins pu observer gnous, zèbres, impalas, grands koudous, oréotragues sauteurs, éléphants et chacals à chabraque, sans oublier de nombreux oiseaux. Parmi eux, l’ombrette africaine, le grand-duc de Verreaux, le rollier à longs brins, le traquet à ventre roux, le grand-duc africain ou encore le pluvier à triple collier.
Pour la première fois également, j’ai pris le temps de visiter le centre d’interprétation du parc. Celui-ci abrite une jolie collection de céramiques, d’objets en métal, de perles de verre de traite, de perles indigènes, de figurines en argile et d’artefacts en os et en ivoire, ainsi qu’une collection de recherche composée de tessons de poterie, de restes fauniques et d’autres fragments archéologiques. Sachez toutefois que la photographie est interdite à l’intérieur du musée, vous n’en trouverez donc aucune trace ici. Parmi les pièces exposées figure le célèbre rhinocéros doré de Mapungubwe, véritable trésor emblématique du site.
Pistage des rhinocéros au parc national Marakele
Pour clore mon voyage naturaliste entre Afrique du Sud et Botswana, je me rends au parc national Marakele, qui figurait sur ma liste depuis longtemps. J’y passe quatre nuits au Tlopi Restcamp, situé dans la section Big 5 du parc.
Niché dans les montagnes Waterberg, en Afrique du Sud, Marakele s’étend sur environ 67 000 hectares de paysages spectaculaires, où des falaises rocheuses dominent de denses forêts et de vastes plaines. Son nom, qui signifie « lieu des sanctuaires » en langue tswana, reflète bien l’atmosphère préservée qui règne sur ce territoire, encore peu fréquenté comparé aux grands parcs sud-africains.
Le parc abrite l’une des plus importantes colonies de vautours du Cap au monde, nichant sur les parois vertigineuses du massif de Kransberg, un spectacle impressionnant à observer aux jumelles ou à la lunette. Marakele accueille également une faune variée, incluant éléphants, buffles, rhinocéros, lions et léopards, ainsi qu’une large diversité d’antilopes comme les koudous, elands ou tsessebes. Les amateurs d’ornithologie y trouveront aussi leur compte, avec plus de 400 espèces recensées selon Avibase.
La topographie accidentée du parc, alternant plaines et sommets culminant à plus de 2 000 mètres, offre des points de vue remarquables sur le Bushveld environnant, faisant de Marakele une destination à part entière pour les passionnés de nature et de photographie animalière. La densité du bush et de la forêt complique cependant fortement l’observation de la faune. À Marakele, il faut savoir cultiver patience et persévérance.
Si je n’ai pas eu la chance de croiser lions ou léopards, j’ai en revanche pu observer à plusieurs reprises le rhinocéros blanc, ainsi qu’une belle diversité d’herbivores : grand koudou, éléphant, phacochère, girafe, impala, nyala, gnou, bushbuck, oréotrague sauteur ou encore buffle d’Afrique. Babouins et mangoustes rayées sont venus compléter cette liste déjà riche.
Côté ornithologie, j’ai pu photographier le touraco concolore, le gonolek boubou, le bulbul brunoir, le calao à bec noir, le calao leucomèle, le pygargue vocifer, le martin-chasseur à tête brune ou encore le bruant à poitrine dorée.
Marakele n’est clairement pas un parc national destiné aux naturalistes néophytes, tant la densité de la forêt dissimule l’essentiel de ses trésors. Mais avec du temps et de la patience, on parvient, par instants, à en percer le mystère.
Cahier pratique
Comment s’y rendre ?
Je vous recommande d’atterrir à l’aéroport international OR Tambo de Johannesburg pour réaliser ce road trip naturaliste entre Afrique du Sud et Botswana.
Recherchez votre billet d'avion
Je vous invite aussi à tester les comparateurs de vols Kayak(opens in new tab) ou Trip.com(opens in new tab).(opens in new tab)
Avec qui voyager en Afrique du Sud ?
Pour votre safari et voyage en Afrique du Sud, je vous conseille d’adresser votre demande de devis sur mesure auprès de l’agence de voyage locale francophone avec qui je voyage en Afrique du Sud. Je l’ai sélectionnée pour son sérieux et sa capacité à répondre aux demandes personnalisées. Et je vous conseille aussi la lecture de l’article bien préparer votre voyage et vos safaris en Afrique du Sud.
Location d’un 4×4
Pour ce road trip, je vous recommande vivement l’usage d’un 4×4, même en saison sèche. N’hésitez pas à louer votre 4×4 auprès de mon partenaire : dans la majorité des cas, il propose des tarifs plus avantageux qu’une location directe.
Guides & applications
Voici les deux guides de référence pour l’observation animalière en Afrique du Sud :
- Roberts Bird Guide permet d’identifier 950 oiseaux d’Afrique du Sud (éditions Jacana). Disponible également en version IOS et Android.
- Field Guide to Mammals of Southern Africa recense tous les mammifères d’Afrique du sud mais aussi de Zambie, d’Angola et du Malawi (édition Ralph Curtis Publishing).
- Guide photo des grands mammifères d’Afrique (édition Delachaux)
Je m’appelle Grégory et je suis l’auteur de My-Wildlife, mon blog sur les safaris, l’ornithologie et l’observation animalière. Si comme moi, tu aimes la nature, suis mes conseils et inspire-toi de mes carnets naturalistes pour voyager en découvrant la vie sauvage. J’accompagne aussi des voyages photo qui offrent la possibilité de progresser en photographie tout en bénéficiant d’excellentes conditions d’observation et de prises de vue.
▼ ▼ Suis-moi sur les réseaux sociaux ▼▼
- La meilleure façon de soutenir My-Wildlife
- Garanti sans spam
- 100% wildlife
- Non cession de votre adresse email à des tiers
- Désinscription en 1 clic







































