Poser le pied sur l’archipel des Galápagos, c’est accepter de perdre ses repères temporels pour plonger au cœur d’un laboratoire vivant, là où la nature dicte encore ses lois. Si ce « musée de l’évolution» fascine les naturalistes du monde entier depuis Darwin, c’est en explorant ses îles les plus reculées que l’on en saisit toute la magie. Pour ce voyage, j’ai mis le cap sur le sud-est des Galápagos, une route réputée pour ses paysages volcaniques spectaculaires et sa biodiversité endémique foisonnante.
C’est au rythme des flots, à bord du yacht La Pinta, que j’ai découvert ces écosystèmes fragiles. De la danse nuptiale des albatros sur Española aux plages de sable blanc de San Cristobal, en passant par les colonies colorées d’iguanes de South Plaza, chaque escale fut une rencontre privilégiée avec une faune qui ne connaît pas la peur de l’homme.
À travers cet article, je vous invite à revivre mon itinéraire jour par jour, à découvrir mes plus belles observations photographiques — des tortues géantes aux fous à pieds bleus — et à noter tous les conseils pratiques pour préparer, vous aussi, votre expédition dans ce paradis du Pacifique. Embarquement immédiat.
En complément de ce carnet de voyage dans le sud-est des Galápagos, je vous recommande la lecture de mon guide sur les Galápagos. et ma croisière dans l’ouest de l’archipel des Galápagos.
Mon itinéraire dans l’est de l’archipel des Galápagos
Pour cette croisière aux Galápagos, j’ai opté pour la boucle Est de l’archipel, un itinéraire de 5 jours particulièrement réputé pour sa diversité géologique et, surtout, pour abriter certaines des espèces les plus emblématiques qui ne vivent nulle part ailleurs. Voici le fil de cette aventure au gré des flots.
Tout commence par une arrivée à Baltra. À peine les bagages posés dans ma cabine à bord de La Pinta, nous avons mis les voiles vers l’île de South Plaza. Ce fut une entrée en matière spectaculaire : un îlot géologique soulevé des fonds marins, où un tapis de sesuvium rouge vif contrastait avec le vert des cactus Opuntia et le turquoise de l’océan. C’est ici que j’ai croisé mes premiers iguanes terrestres, sentinelles immobiles de ce décor surréaliste.
Le deuxième jour nous a menés vers Santa Fe, une île aux airs préhistoriques. L’objectif ? Dénicher l’iguane terrestre de Santa Fe, une espèce endémique d’une couleur plus pâle que ses cousins, se prélassant sous des cactus géants. L’après-midi, cap sur San Cristobal pour une immersion différente à Cerro Colorado. Loin des plages, nous avons rejoint les hauteurs pour visiter le centre de reproduction des tortues géantes, un moment privilégié pour comprendre les efforts de conservation qui permettent à ces géantes de survivre.
Le troisième jour fut consacré aux extrémités sauvages de San Cristobal. Au matin, nous avons débarqué à Punta Pitt, à la pointe est de l’île. C’est le seul endroit des Galápagos où il est possible d’observer les trois espèces de fous (à pieds bleus, à pieds rouges et de Grant) nichant ensemble sur les falaises volcaniques. Après cette randonnée, le contraste fut total l’après-midi à Cerro Brujo : une immense plage de sable blanc corallien, baignée par une eau cristalline, idéale pour nager avec les otaries tout en admirant au loin la silhouette du célèbre rocher Kicker Rock.
Le point d’orgue du voyage m’attendait le quatrième jour sur l’île la plus ancienne de l’archipel : Española. À Punta Suárez, le spectacle de la nature est brut. Entre les falaises abruptes où s’écrasent les vagues (le fameux « souffleur ») et les colonies d’iguanes marins aux teintes rougeâtres, c’est surtout la présence des albatros des Galápagos qui m’a coupé le souffle. L’après-midi, détente absolue à Gardner Bay, une baie de carte postale où l’on marche littéralement au milieu des otaries.
Enfin, pour clore cette boucle avant le retour à l’aéroport, nous avons fait escale le cinquième jour à Puerto Ayora, sur l’île de Santa Cruz, pour visiter la Station de recherche Charles Darwin. Une dernière occasion de saluer les tortues géantes et de s’imprégner de l’histoire scientifique des lieux, avant de retrouver le monde moderne, des images plein la tête.
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La Pinta, mon yacht pour la croisière
Pensé comme un véritable yacht d’expédition haut de gamme, La Pinta incarne l’équilibre parfait entre aventure, confort et raffinement. Conçu pour naviguer au cœur des îles Galápagos tout en respectant leur fragilité, ce navire offre une expérience immersive, intime et résolument élégante.
Un yacht raffiné, pensé pour l’exploration
La Pinta accueille 48 passagers, répartis dans 24 cabines extérieures, garantissant une atmosphère conviviale et un service attentif. Entièrement rénové en 2019, le yacht affiche aujourd’hui un style contemporain, lumineux et nautique, parfaitement en harmonie avec l’esprit des Galápagos.
Long d’environ 64 mètres, stable et silencieux, il a été spécialement conçu pour la navigation insulaire et les débarquements quotidiens sur les sites protégés de l’archipel.
Grâce aux technologies modernes intégrées au moteur, la réduction de la consommation de carburant n’est plus une promesse, mais une réalité. À bord, les systèmes de dessalement et de traitement de l’eau, le recyclage des déchets et une gestion optimisée de l’énergie jouent un rôle essentiel pour limiter l’empreinte environnementale. Autant d’initiatives concrètes qui permettent de naviguer tout en respectant la fragilité exceptionnelle de la région.
Des cabines confortables avec vue sur l’océan
Toutes les cabines de La Pinta sont situées sur un même pont, au cœur du navire, pour une navigation plus douce. Réellement confortables et spacieuses, elles disposent de larges baies vitrées, d’une climatisation individuelle, d’une salle de bain privée et d’une literie haut de gamme.
Deux catégories sont proposées – Luxury et Luxury Plus – certaines cabines pouvant être communicantes ou triples, idéales pour les familles ou les petits groupes.
Espaces communs & art de vivre à bord
La vie à bord s’organise autour de vastes espaces lumineux :
- Un restaurant panoramique à la cuisine soignée et équilibrée,
- Un salon-bar intérieur et un Sky Bar extérieur, parfaits pour admirer le coucher du soleil,
- Une bibliothèque naturaliste,
- Un jacuzzi, une salle de sport, une boutique et plusieurs ponts d’observation.
L’ambiance est élégante mais décontractée, toujours tournée vers la découverte et le partage.
Une aventure encadrée par des experts
À bord, une équipe expérimentée accompagne chaque croisière : officiers, équipage attentif, guides naturalistes certifiés du Parc national des Galápagos, et un médecin présent en permanence. Les excursions terrestres et marines sont menées en petits groupes de maximum 12 personnes, dans le respect strict des règles environnementales.
Activités & découvertes, sur terre comme en mer
La Pinta met à disposition tout l’équipement nécessaire pour explorer l’archipel des Galápagos :
- Matériel de snorkeling,
- Kayak,
- Bateau à fond de verre pour observer la vie marine sans se mouiller,
- Randonnées guidées sur les îles volcaniques les plus emblématiques.
Chaque journée alterne découvertes naturalistes, temps de détente et moments d’émerveillement.
L’esprit La Pinta
Choisir La Pinta, c’est opter pour une croisière d’expédition élégante, où le confort n’empiète jamais sur l’authenticité. Un yacht pensé pour les voyageurs curieux, amoureux de nature et de rencontres, qui souhaitent vivre les Galápagos de l’intérieur, au plus près de leur incroyable biodiversité.
Un navire discret, raffiné, profondément respectueux de l’un des derniers sanctuaires naturels de la planète.
Mes plus belles observations animalières
Entrons maintenant dans le vif du récit : je vous emmène avec moi à la découverte des rencontres animales les plus marquantes et des instants forts qui ont rythmé ma croisière dans le sud-est de l’archipel des Galápagos.
Les iguanes et les otaries de South Plaza
Pour ouvrir cette croisière, nous mettons le cap sur la petite île de South Plaza, toute proche de Baltra, point de départ de notre aventure aux Galápagos.
Les îles Plazas sont nées d’un spectaculaire soulèvement géologique. Comme ce phénomène n’a pas été uniforme, le paysage est contrasté : de hautes falaises abruptes dominent le sud, tandis que le nord offre des rivages plus doux et accessibles.
Dès notre débarquement, l’ambiance est donnée par les habitants les plus démonstratifs — et les plus bruyants — de South Plaza : les otaries des Galápagos, omniprésentes et parfaitement à l’aise en notre compagnie. Plus discrets mais tout aussi fascinants, les iguanes terrestres, parmi les plus petits de l’archipel, se faufilent entre la végétation. Je croise aussi des iguanes marins, mais je ne verrais pas les quelques iguanes hybrides qui habitent l’île.
À l’intérieur des terres, le décor change. La végétation devient plus dense, ponctuée d’une forêt de cactus géants Opuntia, véritable garde-manger pour les iguanes. En suivant le sentier de randonnée circulaire, nous gagnons progressivement le sommet des falaises. Là-haut, le spectacle est saisissant : des oiseaux marins par centaines nichent tout autour de nous — mouettes à queue fourchue, puffins des Galápagos… C’est aussi ici que j’observe mon premier fou de Grant, un moment fort qui marque véritablement le début de cette immersion sauvage.
La buse, la tourterelle des Galápagos et les fous à pieds bleus à Santa Fe
Au petit matin, nous débarquons sur l’une des plages de Santa Fé. L’accueil est immédiat : des otaries sont déjà là. Des femelles se reposent tranquillement, un mâle entreprenant surveille son territoire, tandis que les plus jeunes se prélassent sur les rochers. Sous nos yeux, un lézard des laves traverse nonchalamment la plage.
La balade à pied débute. L’île est plate, baignée d’une lumière éclatante. Très vite, des buses des Galápagos apparaissent, planant dans le ciel bleu azur. L’une d’elles se pose sur un tronc, imperturbable. Elle se laisse approcher… j’en profite pour tirer son portrait.
En poursuivant notre marche, nous croisons la tourterelle des Galápagos, puis l’iguane terrestre de Santa Fé. Cette espèce est endémique de l’île. Proche du Conolophus subcristatus, elle s’en distingue par une teinte jaune plus terne chez les mâles, parfois ponctuée de taches plus sombres, et par une crête dorsale qui s’étire plus loin le long du dos.
De retour sur la plage de débarquement, nous observons des requins de récif glissant dans l’eau claire. Je choisis ensuite une sortie en bateau à fond de verre. Sous nos pieds défilent poissons colorés et tortues marines, tandis qu’au-dessus de nous, des fous à pieds bleus plongent, pêchent et virevoltent tout près du bateau.
Sur l’île San Cristobal
Nous mettons le cap vers l’île de San Cristobal et débarquons à Puerto Baquerizo Moreno, où Darwin est arrivé en 1835. Nous prenons en bus la direction du Centro de Crianza de tortues terrestres David Rodriguez.
Les tortues géantes de Cerro Colorado
Également connu sous le nom de Cerro Colorado — « la colline colorée » — ce site, ouvert en 2003, fait partie des plus récents espaces protégés des Galápagos.
Cette station d’élevage dispose d’un centre d’interprétation qui permet de mieux comprendre l’origine et l’évolution des tortues géantes des Galápagos, ainsi que les actions mises en place pour assurer leur préservation, face à des menaces telles que la destruction de leur habitat ou l’introduction d’espèces invasives.
On y observe des nouveau-nés et de jeunes tortues. Lorsqu’elles atteignent l’âge de quatre à cinq ans, elles sont ensuite relâchées dans leur milieu naturel. Un court sentier de randonnée permet également de parcourir les environs, avec la possibilité — toujours magique — d’apercevoir des tortues géantes en liberté dans leur habitat naturel.
Au royaume des fous à Punta Pitt
À l’extrémité orientale de l’île San Cristobal se niche Punta Pitt, l’un de mes coups de cœur aux Galápagos. Dès notre débarquement sur le sable, nous sommes accueillis par le spectacle fascinant des huîtriers d’Amérique en pleine parade nuptiale.
Nous empruntons ensuite un sentier escarpé pour rejoindre les hauteurs. C’est là, au cœur d’un paysage spectaculaire, que se produit un phénomène unique au monde : la cohabitation des trois espèces de fous — à pieds bleus, à pieds rouges et de Grant — qui nichent ici côte à côte. Nous les observant nichant, volant ou simplement posé sur un rocher ou dans un arbre.
Au fil de l’ascension, nous croisons également des frégates, complétant ce tableau naturel exceptionnel.
Le Cerro Brujo et sa plage de sable blanc
`C’est en zodiac que nous partons explorer les abords du Cerro Brujo, ou « colline des Sorcières ». Ce majestueux cône de tuf volcanique, né de l’accumulation de cendres et de débris, fut l’une des premières étapes de Charles Darwin lors de son expédition historique à bord du Beagle.
Nous accostons sur une plage de sable corallien d’une blancheur éblouissante, sans doute la plus belle de notre croisière. Ici, la faune est omniprésente : iguanes marins, otaries des Galápagos, pélicans et fous à pieds bleus se partagent le rivage avec les mouettes obscures et divers limicoles. Je me laisse porter par la sérénité du lieu, marchant à un rythme paisible pour savourer chaque détail de ce paradis sauvage.
En quittant les lieux, le yacht la Pinta passe non loin du célèbre rocher Kicker Rock.
Les albatros des Galápagos sur Española
Española, l’île la plus méridionale des Galápagos, est aussi l’une des doyennes de l’archipel. Âgée de plus de 4 millions d’années, elle s’est lentement éloignée du point chaud volcanique sous l’effet de la tectonique des plaques. Son volcan, désormais éteint et privé de lave, a subi l’érosion implacable du temps, lui conférant ce relief aujourd’hui exceptionnellement plat. Cet isolement millénaire a favorisé l’émergence d’une faune unique : le moqueur et le lézard de lave d’Española, mais surtout le majestueux albatros des Galápagos, dont c’est l’unique site de reproduction au monde.
Dès l’aube, nous débarquons à Punta Suárez sous le regard des otaries et des iguanes marins aux tonalités rosâtres si particulières. Tandis qu’une buse des Galápagos scrute les environs depuis le sommet du phare, nous entamons notre randonnée, appareils photo en main. Dans le ciel s’entrecroisent phaétons à bec rouge, frégates et fous de Grant, tandis qu’au sol, moqueurs et lézards se laissent approcher avec une docilité surprenante.
Vient alors l’instant suspendu de mon voyage : la rencontre avec les albatros des Galápagos. Présents ici d’avril à décembre, ces oiseaux fascinants se dévoilent partout : en plein vol, nichant au sol, ou sous la forme d’immatures ou de juvéniles. Ces couples, unis pour la vie, pratiquent une parentalité partagée admirable, le mâle couvant l’œuf avec dévotion durant deux mois. Sur les falaises spectaculaires, l’émotion culmine quand j’assiste à une parade nuptiale : un duel de claquements de becs et de hochements de tête d’une grâce absolue. Punta Suárez a tenu toutes ses promesses, offrant une proximité incroyable avec la vie sauvage, notamment au cœur d’une colonie de fous de Grant.
La journée s’achève en douceur à Gardner Bay, sur une étendue de sable blanc immaculé où se prélasse une colonie d’otaries. Une parenthèse enchantée.
La station de recherche de Darwin
Ma croisière aux Galápagos s’achève à Puerto Ayora, sur l’île de Santa Cruz, où nous visitons l’emblématique Station de recherche Charles Darwin. Véritable pilier de la conservation, ce centre international offre une plongée passionnante dans l’histoire naturelle des îles. Au-delà des centres d’interprétation sur la géologie et la faune, la station est célèbre pour son centre d’élevage de tortues terrestres. C’est l’occasion d’observer de près différentes espèces de tortues géantes à tous les stades de leur vie, des minuscules juvéniles aux impressionnants adultes pesant plusieurs centaines de kilos, et de rendre hommage à l’héritage laissé par « Lonesome George », le dernier de son espèce.
Cahier pratique
Comment s’y rendre ?
Vol international jusqu’à Quito. Puis vol domestique pour l’archipel des Galápagos vers l’aéroport de Baltra où vous attend le guide pour la croisière à bord du yacht La Pinta.
Recherchez votre billet d'avion
Je vous invite aussi à tester les comparateurs de vols Kayak ou Trip.com.
Partir en voyage photo aux Galápagos
Après mon voyage d’un mois en Équateur et dans l’archipel des Galápagos, j’organise avec Objectif Nature une Croisière Photo aux Galápagos. Pendant 8 jours, nous partons en croisière à la découverte de l’archipel à la période idéale pour capturer la faune exceptionnelle. À cela s’ajoutent des excursions dans les Andes pour photographier le condor, ainsi que dans la forêt tropicale, riche en oiseaux colorés comme les colibris, toucans et tangaras.
Avec qui voyager aux Galápagos ?
Cette croisière sur le yacht La Pinta a été organisée par Metropolitan Touring, propriétaire du bateau et également du lodge Mashpi situé dans la forêt tropicale humide et dont je vous ai déjà parlé.
Les ouvrages naturalistes indispensables
- Equateur et îles Galápagos (Lonely Planet)
- Equateur : les clés pour bien voyager (Glénat) : un guide pratique nature organisé par centre d’intérêts pour voyager en Equateur
- Voici deux guides en anglais intéressants pour l’identification des animaux aux Galápagos : Wildlife of the Galapagos et Galapagos Wildlife.
Je m’appelle Grégory et je suis l’auteur de My-Wildlife, mon blog sur les safaris, l’ornithologie et l’observation animalière. Si comme moi, tu aimes la nature, suis mes conseils et inspire-toi de mes carnets naturalistes pour voyager en découvrant la vie sauvage. J’accompagne aussi des voyages photo qui offrent la possibilité de progresser en photographie tout en bénéficiant d’excellentes conditions d’observation et de prises de vue.
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