À l’extrémité sud de Port Elizabeth (Gqeberha), là où l’océan Indien rencontre des paysages de dunes et de lagunes balayés par le vent, la réserve naturelle de Cap Récif offre une expérience agréable aux ornithologues amateurs et aux photographes animaliers. Encore préservé du tourisme de masse, ce site concentre sur un espace réduit une étonnante diversité de milieux, propices à l’observation d’une avifaune riche.
Entre sentiers côtiers, zones humides et points de vue ouverts sur l’océan, la réserve se découvre comme un territoire vivant, rythmé par les marées et les migrations d’oiseaux. Ici, chaque déplacement devient une opportunité d’observation, chaque lumière une invitation à photographier.
Mais Cap Récif ne se limite pas à ses paysages : c’est aussi un lieu engagé, où la conservation des oiseaux marins, portée notamment par le SANCCOB, rappelle la fragilité de ces écosystèmes. Visiter la réserve, c’est ainsi conjuguer plaisir de l’exploration et regard attentif sur les enjeux de préservation qui façonnent ce littoral unique.
La découverte de la réserve naturelle de Cap Récif s’intégrait dans un itinéraire naturaliste de 17 jours à travers la province de l’Eastern Cape.
La réserve de Cap Récif
Située à l’extrémité sud de Port Elizabeth (Gqeberha), la réserve naturelle de Cap Récif — Cape Recife Nature Reserve — s’étend sur environ 366 hectares. Créée en 1983, elle protège un ensemble de milieux côtiers comprenant des dunes, des plages, des prairies littorales et des zones humides.
Le site occupe une position stratégique sur la côte de l’océan Indien, à proximité immédiate de l’aéroport de Port Elizabeth. Il fait partie d’un réseau d’aires protégées locales visant à préserver les écosystèmes du littoral de l’Eastern Cape.
La diversité des habitats favorise la présence de nombreuses espèces d’oiseaux. On y observe régulièrement des sternes, des cormorans, des pluviers et différentes espèces limicoles, notamment dans les zones humides et les lagunes. Ces milieux jouent un rôle important pour les oiseaux migrateurs.
Plusieurs sentiers permettent de parcourir la réserve à pied. Ils traversent différents types de paysages, offrant des points d’observation variés pour la faune. Les conditions de lumière en début et fin de journée sont particulièrement adaptées à la photographie, notamment pour les scènes d’oiseaux en activité.
Cap Récif constitue ainsi un espace naturel accessible, combinant intérêt écologique, patrimoine historique et possibilités d’observation animalière sur une surface relativement compacte.
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Visiter le SANCCOB
Au sein de la réserve naturelle de Cap Récif, le SANCCOB — Southern African Foundation for the Conservation of Coastal Birds — joue un rôle central dans la protection des oiseaux marins le long des côtes sud-africaines. Fondée en 1968, cette organisation à but non lucratif est aujourd’hui reconnue pour son expertise dans le sauvetage, la réhabilitation et la conservation des espèces menacées, en particulier le manchot du Cap (Spheniscus demersus).
Le centre de Port Elizabeth, situé à proximité des principales colonies d’oiseaux marins de l’Eastern Cape, constitue un maillon essentiel de ce dispositif. Il accueille chaque année des milliers d’oiseaux en difficulté, victimes de pollution, de blessures ou d’épuisement.
Des missions concrètes sur le terrain
Le SANCCOB intervient à plusieurs niveaux, avec une approche à la fois scientifique et opérationnelle :
- Réhabilitation des oiseaux marins : les individus recueillis sont soignés, nourris et, lorsque leur état le permet, relâchés dans leur milieu naturel.
- Réponse aux marées noires : l’organisation est mobilisée lors de pollutions pétrolières, avec des protocoles précis pour le nettoyage et la stabilisation des oiseaux mazoutés.
- Suivi des populations : des programmes de recherche permettent de mieux comprendre les dynamiques des colonies et d’adapter les actions de conservation.
- Éducation et sensibilisation : le centre accueille aussi le public et les écoles afin de promouvoir la protection des écosystèmes marins.
Des menaces persistantes pour les oiseaux marins
Les espèces prises en charge par le SANCCOB font face à plusieurs pressions, souvent cumulatives :
- Pollution marine : les hydrocarbures restent une cause majeure de mortalité. Même en faible quantité, le pétrole altère l’imperméabilité du plumage et compromet la survie des oiseaux.
- Raréfaction des ressources alimentaires : la surpêche et les changements environnementaux réduisent la disponibilité de poissons comme les sardines et les anchois, essentiels pour des espèces comme le manchot du Cap.
- Perturbations humaines : la fréquentation des zones côtières, le dérangement des colonies ou certaines activités nautiques peuvent affecter la reproduction.
- Changement climatique : il modifie la répartition des proies et les conditions océaniques, avec des conséquences directes sur les cycles de reproduction.
- Prédation et espèces invasives : dans certaines zones, les œufs et les poussins sont vulnérables à des prédateurs introduits.
Le manchot du Cap est aujourd’hui classé en danger sur la liste rouge de l’UICN, ce qui illustre l’ampleur des enjeux.

Un acteur clé de la conservation
Le SANCCOB de Port Elizabeth s’inscrit dans un réseau plus large d’acteurs engagés pour la biodiversité marine en Afrique du Sud. Son travail repose sur la collaboration avec les autorités, les chercheurs et les bénévoles.
En tant que visiteur ou photographe, votre passage peut aussi contribuer à cette dynamique : en respectant les consignes, en soutenant les programmes ou en relayant les enjeux de conservation, vous participez à la protection de ces espèces.
Observer un oiseau en réhabilitation, c’est aussi prendre conscience de la fragilité des équilibres marins — et du rôle que chacun peut jouer pour les préserver.
Lors de ma découvert du SANCCOB, il y avait 43 manchots du Cap et un fou du Cap accueillis. Je ne peux que vous recommander la visite du centre de sauvegarde et de la coupler avec une croisière animalière dans la baie d’Algoa au départ du port de Gqeberha à la rencontre de la faune marine et aviaire, dont le manchot du Cap sur l’île Saint-Croix.
Le phare de Cap Récif
Le phare de Cape Recife, mis en service en 1851, s’inscrit parmi les infrastructures maritimes les plus anciennes de la région. Érigé pour sécuriser la navigation le long d’une portion de côte réputée pour ses récifs et ses conditions parfois difficiles, il joue encore aujourd’hui un rôle actif dans le balisage maritime. Sa structure cylindrique, peinte de larges bandes noires et blanches, permet une identification immédiate depuis le large comme depuis la terre.
Au-delà de sa fonction première, le phare constitue un point d’intérêt lors de votre visite de la réserve. Il se situe à proximité de plusieurs sentiers accessibles à pied, ce qui permet de l’intégrer facilement à un itinéraire d’exploration. Les abords du site offrent des perspectives dégagées sur l’océan Indien, ainsi que sur les dunes environnantes.
Le phare est ouvert pour les visites tous les jours de 07h00 à 17h00. Mais lors de ma visite, le phare était fermé. Certaines dépendances sont utilisées comme villa de luxe pour les clients qui passent la nuit au phare de Cap Recife.
Pour les amateurs de photographie, le secteur du phare présente un intérêt particulier en début et en fin de journée. La lumière rasante met en valeur les contrastes de la tour et les textures du paysage côtier. En combinant le phare avec les éléments naturels — végétation basse, sable, horizon marin — vous pourrez composer des images équilibrées, tout en intégrant une dimension patrimoniale à vos clichés.
Le Roseate Tern Trail
Au sein de la réserve naturelle de Cap Recife, le Roseate Tern Trail est un sentier de randonnée en boucle de 7,4 km. Il porte le nom de la sterne de Dougall (Sterna dougallii). Ce parcours pédestre traverse des zones sensibles du littoral, entre dunes stabilisées, lagunes peu profondes et secteurs de nidification.
L’itinéraire est accessible au plus grand nombre. Un observatoire sur le chemin permet d’observer les oiseaux autour d’un étang. Le meilleur moment pour observer la faune se situe entre octobre et mars, ce qui correspond à la période de migration des oiseaux.
Il est essentiel de rester sur le sentier.
Vous pouvez télécharger ma trace gpx du sentier sur OutdoorActive. Pour démarrer le chemin, soit vous partez du phare du Cap Récif ou du SANCCOB. Nous avons opté pour la seconde solution.
Le Roseate Tern Trail est sans doute le meilleur moyen pour observer les oiseaux de la réserve naturelle du Cap Récif.
Quels oiseaux observer dans la réserve naturelle du Cap Récif ?
La réserve naturelle de Cape Recife accueille une diversité remarquable avec environ 180 à 200 espèces d’oiseaux recensées, incluant des espèces résidentes et de nombreux migrateurs saisonniers. Cette richesse s’explique par la variété des milieux présents, entre lagunes, dunes côtières et zones intertidales, qui offrent des ressources alimentaires et des sites de repos adaptés tout au long de l’année.
Parmi les espèces les plus représentatives, la sterne de Dougall (Sterna dougallii) occupe une place particulière, notamment durant la période de reproduction qui s’étend généralement d’octobre à mars. Elle partage cet espace avec d’autres sternes, dont la sterne caspienne (Hydroprogne caspia), identifiable à sa silhouette plus massive et à son bec rouge. Les zones humides attirent également des limicoles comme le pluvier à collier interrompu (Charadrius tricollaris) et le gravelot à front blanc (Charadrius marginatus), souvent observés en quête de nourriture sur les vasières.
Les étendues d’eau peu profondes accueillent régulièrement des flamants roses (Phoenicopterus roseus), tandis que le littoral et les rochers sont fréquentés par le cormoran du Cap (Phalacrocorax capensis). À certaines périodes, vous pourrez aussi apercevoir le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) en chasse au-dessus des lagunes. Plus occasionnellement, le manchot du Cap (Spheniscus demersus) peut être observé le long de la côte, rappelant l’importance de ce secteur dans les écosystèmes marins régionaux.
Cette richesse, amplifiée par les flux migratoires reliant l’Europe, l’Asie et l’Afrique australe, confère à Cape Recife un intérêt particulier pour l’observation ornithologique.
Pour information, les photos de l’article ont été réalisées avec l’objectif Sigma 500mm f5.6 DG DN OS Sports, réellement léger pour un 500 mm, et le boitier Sony A 1 II.
Cahier pratique
Comment s’y rendre ?
Vol international jusqu’à l’aéroport de Johannesburg puis vol interne jusqu’à l’aéroport Chief Dawid Stuurman International Airport de Port Elizabeth. La réserve naturelle de Cape Recif se trouve à 15 mn en voiture de l’aéroport.
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Quel est le coût de la réserve ?
Si vous êtes en véhicule motorisé, l’accès à la réserve naturelle de Cap Récif est payante, avec un tarif de 90 rands par véhicule pour la journée. Le permis doit être récupéré auprès du Pine Lodge à l’entrée de la réserve (avant la barrière). En revanche, l’accès reste libre pour les personnes arrivant à pied ou à vélo, ainsi que pour les visiteurs se rendant spécifiquement au centre SANCCOB, à condition qu’une preuve de visite soit produite à la sortie de la réserve.
Quels sont les hoaires d’ouverture de la réserve ?
La réserve naturelle du Cap-Recif est ouverte de 07h00 à 18h00 tous les jours.
Quelle est la meilleure saison pour une visiter la réserve de Cap Récif ?
La réserve de Cap Récif se visite toute l’année, mais certaines périodes offrent des conditions particulièrement favorables à l’observation et à la photographie animalière.
L’été austral, de novembre à mars, correspond à la meilleure saison. Les journées sont longues, la météo généralement stable, et surtout l’activité des oiseaux marins est à son maximum car c’est la période de reproduction. C’est un moment idéal pour observer les colonies en pleine effervescence et capturer des scènes de nourrissage ou de parade.
Le printemps et l’automne constituent également d’excellentes alternatives, avec une lumière souvent plus douce et des ambiances plus calmes. Ces saisons intermédiaires séduisent particulièrement les photographes en quête de conditions plus contrastées et d’une fréquentation réduite.
L’hiver austral, de juin à août, reste intéressant mais plus imprévisible. Les vents peuvent être forts et l’activité de certaines espèces diminue, même si l’atmosphère sauvage du littoral garde tout son attrait.
Dans tous les cas, privilégiez les premières heures du jour ou la fin d’après-midi, lorsque la lumière rasante sublime les paysages et que la faune est la plus active.
Où dormir à Port Elizabeth ?
On a loué un appartement pendant notre séjour à Port Elizabeth : Le Beach View Brookes Hill suiters est un appartement équipé d’une cuisine situé près de l’océan. Bon confort, propre, parking sécurisé, piscine. Nombreux restaurants à proximité dont l’Indulge Coffee qui propose de bons burgers ou encore le Coachman on the Bay.
Si celui-ci n’est pas disponible, j’ai sélectionné pour vous d’autres hébergements que j’avais repérés :
- Grosvenor on the Beachfront : Appartement de 110 m² pour 4 personnes avec deux chambres face à la mer. Parking, bien équipé. Grand volume. 2 nuits minimum.
- Admiralty Beach House : Guesthouse composée de 4 chambres doubles de luxe, 4 suites de luxe et 2 unités familiales. Décoration soignée et personnalisée. Plateau/bouilloire dans tous les hébergements. Piscine. Parking. Restaurants à proximité.
- Ahoy Boutique Hotel : Chambres et suites avec kitchenette. Décoration contemporaine. Parking. Piscine. Restaurant sur place.
Autre option, dormir au Pine Lodge à l’entrée de la réserve naturelle de Cap Récif mais sachez que les avis sont assez variables sur l’établissement. Par contre, cela peut vous permettre d’accéder à la réserve naturelle avant les autres et d’y entrer à pied.
Location de véhicule
Depuis l’aéroport de Port Elizabeth, vous pourrez louer une voiture type berline ou suv. L’accès à la réserve de Cap Récif ne nécessite pas de 4×4. Par contre, si vous prévoyez de visiter le parc national Mountain Zebra ou le parc national de Camdeboo, un 4X4 s’avèrera utile pour explorer les pistes réservées aux véhicules à quatre roues motrices.
Nous avons été très satisfait de la location de notre Suzuki Jimny équipé camping. On a tellement adoré que vous pouvez louer votre 4×4 Suzuki Jimny directement auprès de Camp 4×4 depuis le blog (sans payer plus cher).
Avec qui partir en safari en Afrique du Sud ?
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Bibliographie
Voici les guides de référence pour l’observation animalière en Afrique du Sud :
- Roberts Bird Guide permet d’identifier 950 oiseaux d’Afrique du Sud (éditions Jacana). Disponible également en version IOS et Android.
- Field Guide to Mammals of Southern Africa recense tous les mammifères d’Afrique du sud mais aussi de Zambie, d’Angola et du Malawi (édition Ralph Curtis Publishing).
- Guide photo des grands mammifères d’Afrique (édition Delachaux)
- Maps of Addo Elephant National Park with Mountain Zebra & Camdeboo National Parks (en anglais) : peut-être acheté sur place à la boutique de l’Addo Main Camp.
Je m’appelle Grégory et je suis l’auteur de My-Wildlife, mon blog sur les safaris, l’ornithologie et l’observation animalière. Si comme moi, tu aimes la nature, suis mes conseils et inspire-toi de mes carnets naturalistes pour voyager en découvrant la vie sauvage. J’accompagne aussi des voyages photo qui offrent la possibilité de progresser en photographie tout en bénéficiant d’excellentes conditions d’observation et de prises de vue.
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