Stage photo nature et bouquetins à Mônetier-les-Bains

Stage photo nature et bouquetins à Mônetier-les-Bains

 

Le dernier week-end d’avril, j’ai réalisé un stage photo nature et bouquetins dans les Hautes-Alpes à Mônetier-les-Bains. Ce stage animé par Fred Malguy, je le dois avant tout à ma rencontre avec Charléric Gensollen au salon du Randonneur de Lyon. Nous nous étions donné rendez-vous. Promesse tenue !

Charléric tient Le Rebanchon, un hôtel gîte de charme dans le hameau du Casset à Mônetier-les-bains qu’il a ouvert début 2016. Un emplacement idéal à quelques kilomètres des pistes de Serre-Chevalier mais aussi sur le parcours de plusieurs grandes randonnées au cœur du parc national des Ecrins. De ceci, il n’est pas question ici mais Le Rebanchon m’a servi de camp de base pour le stage photo nature.

hôtel gîte le Rebanchon
Charléric s’est associé avec Fred Malguy, photographe professionnel originaire de la vallée de la Guisane, qui organise et anime depuis plus de 15 ans des stages photos nature. Je viens de passer un week-end en leur compagnie ainsi qu’avec Christophe, un stagiaire, et sa femme Sandrine. Voici mon petit retour sur ce week-end photo fort sympathique.

28 avril – Arrivée au Rebanchon

Il est 21H quand j’arrive au Rebanchon et que je fais la connaissance de Fred Malguy. Nous échangeons photo et montagne. Il me remet une fiche théorique sur les grandes notions de la photographie : la lumière, le regard, le paramétrage de prise de vue, le cadrage, la lecture de l’histogramme. Il l’avait fait quelques heures plus tôt à Christophe. Il est déjà plus de minuit quand je pars me coucher. Demain, les prévisions météos annoncent grand beau.

Stage photo natureJournée à photographier les bouquetins

A 9h00, une fois le soleil entré dans la vallée, nous nous mettons en route dans la direction du col du Lautaret. Je fais la connaissance de Sandrine et Christophe. En chemin, Fred arrête le véhicule à deux reprises et jumelle quelques spots où il est susceptible de voir bouquetins et chamois. Il a vu dans le mille. Nous ne tardons pas à observer au loin chamois et chevreuils dans le secteur de la vallée du Fontenil. Sur le versant opposé, nous observons toujours aux jumelles une harde de bouquetins qui déambulent sur le chemin du Roi qui offre un joli balcon sur les Ecrins. Je le sais pour avoir déjà randonné pendant 6 jours entre Thabor et vallée de la Clarée.

Bouquetin mâleJumeller pour choisir quel bouquetin photographier

Nous redémarrons et nous arrêtons un peu plus loin sur le bord de la route. Nous observons une nouvelle harde de bouquetins broutant les herbes vertes du bas de la vallée. Pas suffisamment photogénique pour Fred. Lorsqu’il repère une troisième harde à la lisière de la pinède et de la Lauzière, un bloc karstique sagement posé sous l’Aiguillette du Lauzet (2717 m). En moins de 10 secondes, sa décision est prise. C’est là que nous passerons la journée à photographier les bouquetins. Pourquoi ? La zone correspond parfaitement au milieu de prédilection de l’animal composé de parois escarpées. Parfait pour photographie le Capra Ibex. Et comme nous le dira Fred : « on ne part pas en montagne sans avoir jumellé et repéré les bouquetins que l’on souhaite photographier ». Sinon, le risque est grand de marcher sans rien observer.

Stage photo BouquetinApproche et photographie de la harde de bouquetins

Il nous faut grimper droit dans la pente pour nous approcher des bouquetins tout en tenant compte de la lumière et de la difficulté des passages. La sécurité avant tout.

Une fois sur place, nous observons le groupe et comment il est disséminé. Composé uniquement de mâles, il s’est réparti pour les plus vieux à la lisière des mélèzes et pour le reste sur la crête du bas de la Lauzière. Nous les approchons en silence tout en les observant. Nous nous arrêtons, attendons et scrutons leurs réactions. Les premiers déclenchements ne tardent pas. On photographie d’abord les bouquetins du bas assis en toute quiétude. Leur pelage est typique de la sortie de l’hiver : la mue est en marche et les mâles perdent peu à peu leur épaisse fourrure brun foncé en se frottant sur les rochers et les troncs. D’ici quelques semaines, ils auront déjà leur pelage estival : un poil court et brun clair.

Bouquetin géolocalisé par le parc national des EcrinsLes bouquetins du bas ont rejoint le reste de la harde sur les hauteurs de la Lauzière nous permettant de nous approcher un peu plus près du bloc rocheux pour faire quelques clichés des spécimens sur la crête. Les premières photos ne sont pas les meilleurs car les animaux ne se détachent pas suffisamment du ciel bleu qu’on retrouve si souvent dans les Hautes-Alpes (300 jours par an !). En nous approchant un peu plus près du bloc, nous pouvons enfin trouver le bon angle de prise de vue. Certains bouquetins sont bagués, suivis et géolocalisés par le parc national des Ecrins.

Un peu devant nous sur notre gauche se trouve une combe. De jeunes bouquetins curieux et habitués maintenant par notre présence passent la tête et nous regardent de leurs deux yeux orangés grands ouverts. Yeux dans les yeux, je me rends compte que la pupille du bouquetin est horizontal. Je n’y avais jamais prêté attention avant. Les bouquetins finissent par rejoindre un petit groupe de mâle redescendu dans la forêt dont l’un d’eux est en train de se gratter le haut du dos avec ses cornes. Quelle drôle de tête il fait avec ses yeux mi-clos !

Bouquetins

Un à un, tous les bouquetins passent devant nous. C’est incroyable cette agilité sur la paroi et les dalles lisses. A côté, nous avons l’air de clown. C’est que le bouquetin contrairement à l’humain est équipé de sabots dont les ergots « caoutchouteux » lui permettent d’accrocher la roche avec aisance.

Après 6H d’observation, nous les rejoignons dans les pâturages près du Pont de l’Alpe. Ils y mangent de l’herbe bien grasse dont ils ont été privés pendant tout l’hiver.

Bouquetin
Fin de journée : le débrief des photos

De retour à l’hôtel gîte le Rebanchon, nous nous installons dans le grand salon, un ancien four communal pour débriefer les photos : vérifier les cadrages, le respect de la règle des tiers et les réglages (ouverture, exposition, vitesse,…). La critique est nécessaire pour faire progresser le stagiaire dans sa pratique photographique.

Stage Fred Malguy30 avril – photographie de nature

Pour la deuxième journée de stage, Fred décide de nous emmener dans la vallée de la Clarée, parallèle à celle de la Guisane. Objectif de la journée : la photographie de paysage et de nature.

Premier exercice : photographier une fontaine en essayant de l’avoir dans son ensemble sans avoir d’autres éléments dans le cadre (montagne, maisons de village, voiture…). L’objectif étant bien de sortir de son cadre pour développer la créativité et composer la photo. La seule possibilité était de monter sur le rebord de la fontaine et de shooter au grand angle.

Deuxième exercice de la journée : photographier trois chalets traditionnels sans inclure dans le cadre deux bâtiments dont le toit est en taule. Là encore, il faut trouver le meilleur angle et la meilleure focale. Voici la photo que j’ai réalisée.

Chalet traditionnelle vallée de la ClaréeTroisième exercice de la journée : photographier la cascade de Fontcouverte en pause longue. Il nous faut pour cela : un appareil photo avec un mode Bulb ou Timer permettant de régler un temps de pause supérieur à 4 secondes, un trépied, une télécommande ou le retardateur intégré au boîtier et un filtre gris à densité neutre (filtre ND).

Quelques conseils pour réussir sa photo :

  • Lester le trépied en cas de vent
  • Désactiver la stabilisation de l’objectif
  • Activer la réduction du bruit de pose longue
  • Verrouiller le miroir (pour les réflex) afin d’éviter les vibrations
  • Régler les ISO à 100 ou 200
  • Faire la mise au point et calculer le temps de pose idéal avec le filtre ND. Si sans filtre ND, l’appareil photo donne une vitesse de 1/125s pour une ouverture de f/22. Avec un filtre ND1000, il faut donc multiplier 1/125s par 1000, ce qui donne 8 secondes (1/125 x 1000 = 8)
  • Passer en mode manuel et placer le filtre ND
  • Reporter les réglages sur votre appareil et photographier avec la télécommande ou avec le mode T de l’appareil photo

Voici l’un des clichés réalisés avec un filtre ND 1000 Hoya.

 

Cascade de Fontcouverte

Stage photo natureUn week-end haut en couleurs qui s’adresse à tout photographe désireux de progresser en photo de nature. Fred Malguy organise depuis 15 ans des stages nature en petits groupes (5 photographes maxi), individualisés et personnalisés. A quel prix ? 2 jours de stage en week-end : 190 € en petit groupe, 395 € pour un stage de 5 jours. Cours particulier à 320 € la journée. Intéressé ? Allez voir son site internet www.stagesphoto-fredmalguy.com. Personnellement, j’ai bien envie d’y retourner pour photographier les paysages et les animaux de la montagne dans le décor des couleurs chatoyantes de l’automne.

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Grégory Rohart
Grégory Rohart

Je m'appelle Grégory et je suis l'auteur de ce blog sur les safaris, l'ornithologie et l'observation animalière. Si comme moi, vous adorez la nature, suivez mes conseils et inspirez-vous de mes carnets de safari pour voyager en découvrant la vie sauvage. Aussi auteur des blogs www.i-voyages.net et www.i-trekkings.net

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