Safari en Inde dans le parc national de Pench

Safari dans le parc national de Pench

Safari en Inde dans le parc national de Pench

Dans cet article, je vous fais le récit de mon safari en Inde dans le parc national de Pench. En décembre dernier, j’ai voyagé pour la quatrième fois en Inde, la première pour sa vie sauvage. Le parc national de Pench est le 1er des 6 parcs nationaux que j’ai arpenté en safari. Depuis 1992, c’est aussi une « réserve de tigres », l’une des 50 que compte l’Inde à ce jour.

 

Parc national de Pench

A cheval sur les états du Madhya Pradesh et Maharashtra, la superficie totale de la réserve de tigre est de 1498 km² comprenant  550 km² pour le parc national, 118 km² pour le Mowgli Pench sanctuary et 830 km² pour la buffer zone, la zone intermédiaire où des activités humaines et économiques sont possibles.

Le parc national de Pench est souvent cité comme étant le sanctuaire qui a servi de cadre à Rudyard Kipling pour écrire Le Livre de la jungle, notamment parce que le clan des loups qui accueille Mowgli s’appelle le clan de Seeonee, tout comme la ville proche du parc national (Seoni). Niché sur le flanc sud des collines de Satpura, il est traversé par la rivière Pench qui s’assèche vers la fin avril. Le réservoir de Pench devient alors le seul véritable point d’eau du parc.

cratérope de brousse

cratérope de brousse

La topographie du paysage change tout le temps, alternant petites collines, cours d’eau éphémères, grande forêt de tek et de bambou et zones plus planes à mesure que l’on se rapproche près de la rivière et de son réservoir.

En piste pour de belles observations de la vie sauvage.

Balade ornithologique dans la buffer Zone du parc national de Pench

Après s’être installé à notre hôtel, le Pench Jungle Camp d’un confort correct mais vieillissant, nous partons en fin de journée en balade avec notre guide « Pat » pour observer les oiseaux autour du lodge. En attendant le départ, j’en avais profité pour regarder le balai incessant des cratéropes de brousse, un gros passereau commun en Inde qui a la particularité de chasser en groupe en faisant un vacarme pas possible.

Perruche Alexandre

Perruche Alexandre

Revenons à la balade ornithologique dans la buffer zone. En 1h30, pas moins de 20 espèces seront observées dont le rollier indien, le loriot à capuchon noir avec son beau pelage jaune et noir, les nombreuses perruches à collier et Alexandre qui flirtaient beaucoup avec la cime des arbres, la chevêchette de jungle que je n’ai pas eu le temps de photographier, la tourterelle orientale en migration, le martin-chasseur de Smyrne à la recherche de verres, la calao de Gingi ou encore le crabier de Gray, un héron commun en Inde qui a joué l’immobilisme comme tactique de protection, ce qui m’a laissé le temps de le photographier malgré le peu de lumière. Une belle entrée en matière pour commencer la découverte de Pench et aussi pour prendre en main le Fujifilm X-T2 et son objectif Fujinon XF 100-400 mm f/4,5-5,6 R LM OIS WR que j’avais en test.

Selon les sources, c’est entre 285 et 325 espèces d’oiseaux résidents et migratoires qui fréquentent le parc national de Pench. Les mammifères , eux, sont au nombre de 58.

Crabier de Gray

Crabier de Gray

Cris d’alerte de langurs et cerfs axis

Deux safaris sont prévus aujourd’hui. Un premier le matin et un second l’après-midi. Il est interdit de rester toute la journée dans le parc national de Pench. Lever donc à 5h30 pour commencer le safari une heure plus tard à l’ouverture de la porte Turia (chaque mois les horaires changent). En attendant, le chauffeur prend nos passeports et s’occupent des formalités administratives pour vérifier l’inscription. Il revient avec un guide (obligatoire) et nos passeports. C’est un employé du parc national qui attribut un guide à chaque véhicule. Pour chaque safari, on change de guide. C’est une règle qui concerne tous les parcs nationaux de l’état du Madhya Pradesh. C’est donc un peu la loterie. Mais à Pench, nous aurons eu des guides plutôt bons.

Dans l'attente de l'ouverture des la porte Turia du parc national de Pench

Dans l’attente de l’ouverture des la porte Turia du parc national de Pench

Rapidement sur le long de la piste, nous croisons nos premiers cerfs axis. Ils sont plus de 50 000 dans la réserve et constituent un met de choix pour les tigres, les léopards et les chiens sauvages, ses principaux prédateurs. Parmi les cervidés, nous apercevons furtivement un couple de sambar ainsi qu’un couple de nilgaut de la famille des bovidés. Ce mois de décembre est propice pour observer les oiseaux car le nombre d’espèces est gonflé par les migrateurs. Voici quelques oiseaux observés : petit-duc à collier dans son nid, rollier indien, élanion blanc perché sur un arbre, pic du Bengale et serpentaire Bacha.

Rivière Pench

Rivière Pench

Alors que deux chacals passent devant le 4×4 Maruti Gypsy, un cri de langur, de son nom scientifique un peu pompeux Semnopithecus entellus, déchire l’apparente tranquillité de la jungle. Ce primate possède différents cris et celui-ci est un cri d’alerte. A coup sûr, il a vu un léopard ou un tigre dans son secteur. Le chauffeur stoppe le véhicule, coupe le moteur. Tout le monde tend l’oreille. Les cris bougent. Nous bougeons la voiture pour rester au contact des cris d’alerte. Ils sont tout proches. La jungle qui était si paisible est maintenant en tension. Nous attendons un bon moment en espérant voir le félin traverser la piste mais rien ne vient, ce qui laisse penser à notre guide qu’il s’agissait plutôt d’un léopard.

Langur

Langur Semnopithecus entellus

Plus tard, pendant que nous prenions le petit-déjeuner autour du 4×4, des cris d’alerte de cerfs axis retentissent. Nous rangeons rapidement la nourriture et partons dans la direction d’un troupeau d’une quarantaine de têtes à la lisière de la forêt. Quelques macaques leur tiennent compagnie. Les cerfs sont agités, ils ne cessent de tourner la tête vers le réservoir de Pench. L’un d’eux déguerpit et traverse la route. Il sera suivit par l’ensemble du troupeau. Nous ne saurons pas ce qui les a effrayés ! Pour augmenter vos chances de voir le félin, lisez mon article sur les 5 façons de tracker le tigre.

Il est 10h30. Retour à l’hôtel pour quitter le parc national avant sa fermeture à 11h00.

Face à face avec des chiens sauvages

Le safari de l’après-midi ne dure que 2h30, soit 2 heures de moins que celui du matin. Là aussi, c’est la règle et on ne peut faire autrement. Nous prenons de nouvelles pistes pour ne pas rééditer la découverte du matin (même si les animaux bougent, cela permet de découvrir un nouvel écosystème). Pendant un bon moment, nous n’apercevons que des chitals, le nom local donné pour le cerf axis.

Sambar

Sambar

Sur la fin du safari, un couple de sambar traverse la piste devant le 4×4. C’est le plus grand cervidé du parc national. Il a aussi la particularité d’avoir des faons qui ne sont pas tachetés de blanc. Nous croiserons aussi, alors que nous nous dirigions vers la porte Turia pour sortir du parc national, une famille de chiens sauvages d’Asie, plus communément appelés dholes par les locaux. Pourvus d’une magnifique robe brune-rousse qui les rendent facilement reconnaissables, les chiens sauvages d’Asie sont des animaux sociaux qui peuvent vivre dans des groupe de 40 individus dont la stratégie de survie implique de chasser ensemble. C’est ainsi qu’ils arrivent à tuer de grandes proies comme le cerf axis et même le sambar. C’est un des points commun qu’il a avec son cousin le chien sauvage d’Afrique bien que celui d’Asie soit l’unique spécimen du genre cuon.

Chien sauvage d'Asie

Chien sauvage d’Asie

Ni tigre ni léopard ni ours lippu observé lors de ces deux safaris mais j’ai eu la chance de voir et photographier une grande variété d’espèces dont le chien sauvage. Et je ne le savais pas à ce moment là mais je n’en reverrai pas d’autres dans les 5 autres parcs nationaux que je vais découvrir. Prochaine étape : le parc national de Kanha.

Côté pratique

Comment y aller ?

Vol international jusque Delhi. Puis vol national jusqu’à l’aéroport de Nagpur distant de 120 km du parc national de Pench.

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Quelle est la meilleure période ?

Le parc national de Pench est fermé pendant la période de la mousson entre juin et septembre.

Décembre et janvier sont des mois particulièrement intéressants pour l’avifaune. A cette époque de l’année et jusqu’en février mais également en octobre et novembre, les tigres sont plus difficiles à observer car il y a des points d’eau en de nombreux endroits. Mars, avril et mai sont les mois où les chances de voir le tigre sont les plus importantes car les félins comme le reste des animaux convergent vers le réservoir de Pench.

JFMAMJJASOND

LégendePériode la plus favorablePériode favorablePériode assez favorablePériode déconseillée ou fermée

Guides d’observation

En ornithologie, la référence est le guide Birds of the Indian Subcontinent de Richard Grimmett, Carol Inskipp et Tim Inskipp. C’est celui que j’ai utilisé en Inde. Une application est aussi disponible mais tant qu’elle ne sera pas mise à jour, je la déconseille car on ne peut faire une recherche qu’en tapant le nom de l’espèce en anglais ou en latin. Lorsque l’on ne connait pas l’oiseau en question, c’est loin d’être pratique !

Du côté des mammifères, je conseille vivement l’ouvrage Indian Mammals: A Field Guide de Vivek Menon.

Où dormir ?

Le Pench Jungle Camp, situé à seulement 10 minutes de la porte Turia, est une option d’un excellent rapport qualité/prix même si le lodge mériterait un petit rafraîchissement. On trouve des hébergements moins chers à proximité mais d’un confort moindre et des établissements plus haut de gamme dans les environs.

–  o  –

Pour votre safari tigre à Pench comme dans le reste de l’Inde (y compris pour des activités de trekking ou de tourisme), je vous conseille d’adresser votre demande de voyage sur mesure auprès de l’agence de voyage francophone avec qui je travaille en Inde. Je l’ai sélectionné pour son sérieux et sa capacité à répondre aux demandes personnalisées. Contactez Clémentine, Experte sur l’Inde.

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Grégory Rohart
Grégory Rohart

Je m'appelle Grégory et je suis l'auteur de ce blog sur les safaris, l'ornithologie et l'observation animalière. Si comme moi, vous adorez la nature, suivez mes conseils et inspirez-vous de mes carnets de safari pour voyager en découvrant la vie sauvage. Aussi fondateur des blogs www.i-voyages.net et www.i-trekkings.net. Mes photos sont sur www.gregoryrohart.com.

4 Commentaires
  • Dommage pas de tigre 🙁 Tu as pu en voir depuis ? Je dois avouer que j’en rêve un peu… et de ceux de Sibérie. Mais tant difficile à observer !

    16 janvier 2017 à 15 h 30 min
  • Françoise
    Répondre

    Existe-t-il des voyages organisés pour ce parc ?

    25 octobre 2017 à 15 h 17 min

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