J’encadre un voyage photo dédié à l’observation et à la photographie de la faune des monts Cantabriques, dans le nord‑ouest de l’Espagne. Ce séjour de 5 jours, conçu pour Objectif Nature, s’appuie sur la mise en place d’affûts fixes et sur une approche respectueuse des animaux et de leurs habitats.
Le voyage permet de cibler plusieurs espèces représentatives du massif, parmi lesquelles le vautour fauve, l’aigle royal, le chat sauvage, le renard roux et la loutre d’Europe.
Cet article propose un retour d’expérience basé sur les observations et les photographies réalisées durant le séjour, afin de mieux comprendre l’intérêt faunistique des monts Cantabriques et les possibilités qu’offre la région pour la photographie animalière encadrée.
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La faune des monts Cantabriques
Situé au nord de l’Espagne, le massif des monts Cantabriques constitue l’un des ensembles montagneux les plus importants de la péninsule Ibérique pour la conservation de la faune sauvage. Son relief accidenté, son climat humide et la diversité de ses habitats expliquent une biodiversité élevée.
Les forêts de feuillus (hêtres, chênes) abritent plusieurs mammifères emblématiques, dont l’ours brun cantabrique, le loup ibérique, le cerf élaphe, le chevreuil, ainsi que le chat sauvage et le renard roux, espèces largement réparties mais dépendantes de milieux peu fragmentés.
Les zones rocheuses et les crêtes d’altitude sont favorables aux grands rapaces. On y observe notamment le vautour fauve, l’aigle royal et, plus localement, le gypaète barbu, dont la présence est liée à des programmes de réintroduction.
Le réseau dense de rivières et de torrents héberge une faune aquatique spécialisée, comme le desman et la loutre d’Europe, tous deux sensibles à la qualité de l’eau et à la continuité des berges. Les prairies et zones humides complètent ces habitats en accueillant amphibiens, insectes et petits mammifères.
Par sa continuité écologique et la présence de grandes espèces, le massif des monts Cantabriques joue un rôle majeur dans la préservation de la biodiversité du nord de l’Espagne.
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Les affûts photo
Tous les sites sont équipés d’affûts fixes en bois, conçus pour deux personnes. Ils disposent d’une vitre sans tain permettant d’observer les animaux tout en restant parfaitement dissimulé, ainsi que de chaises et de ventilateurs destinés à limiter la condensation et la formation de buée sur les vitres. Les affûts utilisent des appâts pour attirer les animaux.
Seuls les deux affûts dédiés à la loutre d’Europe sont des tentes mobiles.
Pas de tablette dans les affûts, il est nécessaire d’emporter un trépied et sa tête pendulaire ou tout autre tête photo/vidéo.
Vous trouverez ci-dessous quelques images afin de mieux visualiser les affûts photo que nous utilisons au cours du voyage.
Pourquoi venir l’hiver pour photographier les animaux des monts Cantabriques ?
Certaines espèces animales ont des besoins alimentaires accrus en hiver, période durant laquelle les proies deviennent plus rares, moins accessibles ou nécessitent davantage d’efforts pour être capturées. C’est notamment le cas de la loutre d’Europe, de l’aigle royal, du chat sauvage et du renard roux, dont la survie dépend d’un apport énergétique suffisant pour affronter le froid et les conditions climatiques difficiles.
Les appâts utilisés lors de nos affûts ne remplacent en aucun cas leur alimentation naturelle, mais constituent une aide ponctuelle et complémentaire, particulièrement utile en cette saison. Cette assistance est d’autant moins nécessaire à d’autres périodes de l’année, lorsque les ressources alimentaires sont plus abondantes et plus facilement accessibles.
En choisissant de venir au cœur du mois de janvier, généralement le mois le plus froid de l’année dans les monts Cantabriques, je souhaitais également offrir à mes stagiaires l’opportunité de photographier les animaux dans un décor hivernal, avec la présence possible de neige, apportant une dimension esthétique et rare aux images réalisées.
Place maintenant au récit de nos affûts dans les monts Cantabriques, au fil des rencontres et des ambiances rencontrées sur le terrain.
Affût pics et passereaux
Nous avons réalisé deux affûts distincts, implantés sur deux sites différents, spécifiquement choisis pour la photographie des passereaux et des pics qui fréquentent les prairies ouvertes de la vallée. Ces emplacements offrent une excellente diversité ornithologique et des conditions d’observation particulièrement favorables.
Au total, 20 espèces différentes ont pu être photographiées, parmi lesquelles figurent notamment le pic de Sharpe, le pic mar, le bouvreuil pivoine, le gros-bec casse-noyaux, le bruant fou et la sittelle torchepot. Cette variété témoigne de la richesse écologique des sites sélectionnés.
Le premier affût, installé en début de séjour, s’est déroulé dans une ambiance hivernale marquée, avec la présence de neige au sol, offrant des arrière-plans lumineux et des conditions esthétiques très appréciées en photographie animalière.
Le second affût, mis en place en fin de séjour, s’est tenu dans des conditions plus automnales, sans neige, avec des teintes plus douces et naturelles, permettant une approche photographique différente et complémentaire.
La distance d’observation avec les oiseaux est relativement courte, ce qui facilite la réalisation de gros plans détaillésavec des focales comprises entre 500 et 600 mm. Les scènes d’action, telles que les envols ou les interactions, sont quant à elles plus aisément capturées avec des focales plus courtes, comprises entre 200 et 300 mm.
Affût aigle royal et chat sauvage
Nous avons réalisé l’affût dédié à l’aigle royal à deux reprises, en intervertissant les affûts afin de bénéficier, à chaque séance, d’un angle de prise de vue légèrement différent. L’accès nécessite une courte marche d’approche d’environ cinq minutes, sur un terrain montagneux, descendant à l’aller et plus exigeant au retour avec une montée à négocier.
Lors de nos deux sessions, l’aigle royal a répondu présent. Au cours de la première séance, nous avons eu la chance d’observer et de photographier le mâle et la femelle, tandis que seul le mâle s’est présenté lors de la seconde. La photographie du mâle en vol n’est pas toujours aisée, car il a l’habitude d’arriver depuis un rocher situé à l’arrière de l’affût, ce qui limite l’anticipation. Les arrivées de la femelle, quant à elles, sont généralement plus imprévisibles, rendant chaque passage particulièrement intense. La distinction entre les deux individus repose principalement sur la taille, la femelle étant nettement plus grande, comme c’est souvent le cas chez les rapaces. Toutefois, en l’absence d’une arrivée simultanée face à l’affût, cette différenciation reste délicate.
Les geais des chênes étaient également très présents autour du site. Leur comportement constitue un excellent indicateur de l’approche de l’aigle royal : dès qu’ils poussent leurs cris d’alarme et quittent précipitamment la zone, c’est généralement le signe que le rapace est tout proche. Quelques mésanges bleues, noires et charbonnières ont aussi effectué des passages ponctuels, apportant de l’animation supplémentaire à l’affût.
Un chat sauvage mâle fréquente régulièrement les environs. Lors de mes repérages précédents, je ne l’avais pas observé, probablement en raison de la période de rut. Cette fois-ci, il s’est montré très présent et étonnamment détendu à proximité des affûts, à l’exception des moments où la femelle aigle royal était signalée dans le secteur. Dans ces circonstances, il préférait s’éclipser rapidement, un aigle royal — et plus encore une femelle — pouvant tout à fait représenter un prédateur potentiel pour un chat sauvage.
Un invité surprise est également apparu à deux reprises devant l’affût, et plus particulièrement lors de la seconde séance : le renard roux. Rusé, il a su garder ses distances avec le chat sauvage, lequel ne semblait guère apprécier sa présence.
En fonction des situations rencontrées, une plage focale comprise entre 200 et 600 mm s’est révélée idéale. Les focales autour de 200 mm permettent de photographier les arrivées de l’aigle royal, tandis que les focales de 300 à 600 mm sont plus adaptées aux autres scènes et aux détails.
Affût loutre d’Europe
L’affût consacré à la photographie de la loutre d’Europe repose sur l’utilisation de deux tentes mobiles, installées face à un petit bassin en bordure de rivière, à proximité immédiate d’un hameau composé de quelques habitations. L’accès au site est particulièrement aisé, avec une marche d’approche de moins de deux minutes.
Les séances se déroulent au crépuscule et en début de nuit, périodes durant lesquelles la loutre est la plus active. Afin de faciliter le travail des photographes dans ces conditions de faible luminosité, un éclairage artificiel discret est mis en place pour permettre un focus précis sur les yeux de l’animal. Nous disposons également de trois flashs cobra équipés de récepteurs, permettant la réalisation d’images au flash. Cette technique présente plusieurs avantages : elle ne nécessite pas l’utilisation d’objectifs très lumineux à ouverture f/2,8, et permet au contraire de fermer le diaphragme autour de f/7,1 ou f/8, garantissant une netteté optimale sur l’ensemble du corps de la loutre. La vitesse d’obturation est de l’ordre d’1/200 s (cela dépend de la vitesse synchro flash de votre boitier). Ce type de prise de vue implique toutefois une adaptation des réglages du boîtier, variables selon les marques et les modèles d’appareils hybrides. Dans la pratique, l’option la plus simple et la plus fiable reste l’utilisation du déclenchement mécanique.
En hiver, la loutre d’Europe doit augmenter significativement ses prises alimentaires afin de faire face aux conditions climatiques plus rigoureuses. Le froid accentue ses besoins énergétiques, notamment en raison de l’eau glacée qu’elle fréquente quotidiennement. Dotée d’une faible couche de graisse, elle dépend avant tout de l’efficacité isolante de son pelage dense, ce qui l’oblige à compenser les pertes de chaleur par une alimentation plus abondante. À cela s’ajoutent des déplacements parfois plus longs pour trouver des proies moins disponibles en cette saison. Ces éléments expliquent pleinement le choix de l’hiver pour la réalisation de cet affût.
Lors de nos deux séances, la loutre d’Europe s’est présentée à plusieurs reprises, avec la présence d’au moins deux individus distincts, un mâle et une femelle. La distinction entre les sexes reste délicate, les deux étant morphologiquement très proches. Toutefois, un observateur averti peut les différencier grâce à certains critères, notamment une forme du front plus proéminente chez le mâle. Le pelage, quant à lui, est brun foncé, devenant plus clair sur la face ventrale, en particulier au niveau du cou.
Ces deux sessions d’affût se sont révélées particulièrement productives, avec un total de six passages de loutre d’Europe, offrant des conditions d’observation et de photographie remarquables.
Recherche des loups
Nous avions initialement prévu de consacrer une demi-journée à l’exploration de la vallée des Anciles, mais l’épaisseur de la neige ne nous a finalement pas permis d’emprunter les pistes de montagne. Face à ces conditions, nous avons choisi d’adapter notre programme et de partir à la découverte du fond de vallée, en laissant la nature décider des rencontres possibles.
Mario, notre guide local, nous a alors proposé de pister le loup ibérique dans un secteur où la présence d’une meute est régulièrement signalée. Après une marche d’approche d’environ quarante minutes dans la neige, nous avons rejoint un point d’observation dominant la vallée. Jumelles aux yeux, nous avons longuement scruté les crêtes et les zones ouvertes du fond de vallée, à l’affût du moindre mouvement. Mais aucun loup ne s’est montré.
La présence de cerfs adoptant un comportement très détendu a rapidement renforcé notre intuition : les loups n’étaient probablement pas dans le secteur à ce moment-là. Pour autant, leur absence n’était que temporaire. Mario nous a d’ailleurs montré plusieurs photographies de loups gris, réalisées quelques jours plus tôt depuis ce même point d’observation, preuve de leur fréquentation régulière des lieux.
L’observation de la faune sauvage est avant tout une histoire de rencontre. Parfois, il suffit de trente secondes, avant ou après notre passage, pour que l’animal soit là… ou qu’il ait déjà disparu. Si la connaissance des espèces, de leurs habitudes et du terrain est essentielle, elle ne garantit jamais l’observation. Une part de hasard et de chance demeure toujours, faisant toute la richesse et l’humilité de ces moments passés sur le terrain.
Affût vautour fauve et renard roux
Dernier affût de la semaine, ce site nous a offert l’opportunité de photographier à la fois les vautours fauves — l’une des quatre espèces de vautours présentes en Espagne — ainsi que le renard roux. L’affût est installé face à une vaste plaine d’altitude, accessible après une dizaine de minutes de marche depuis la route de montagne.
Très rapidement, une trentaine de vautours fauves sont descendus sur les appâts. Dans un ballet brutal et spectaculaire, ils se sont disputé la nourriture, reproduisant fidèlement les scènes que l’on peut observer lorsqu’une carcasse est découverte en milieu montagnard. Une fois rassasiés, ils ont quitté le site presque aussi vite qu’ils étaient arrivés, laissant derrière eux un calme soudain.
Cette accalmie a permis à d’autres espèces de faire leur apparition, à commencer par le renard roux. Trois individus différents ont été observés, la plupart du temps en simple transit vers la vallée située en contrebas, parfois en quête de restes d’appâts. Photographier le renard roux reste toujours un immense plaisir, tant par son allure que par son comportement discret et rusé. Aujourd’hui encore, je peine à comprendre pourquoi le renard roux est classé parmi les espèces dites nuisibles en France.
La corneille noire, la grive draine, la buse variable et le milan royal ont également effectué des passages, plus ou moins réguliers selon les espèces, apportant une diversité supplémentaire aux observations et aux images réalisées.
Bien que la neige ait été moins abondante qu’en début de séjour, elle demeurait suffisamment présente pour offrir un cadre hivernal très esthétique que nous avons apprécié.
Un affût final qui vient clore en beauté une semaine exceptionnelle, riche en rencontres, en émotions et en images.
Cahier pratique
Comment s’y rendre ?
Par le train : La gare de Bilbao est la plus proche mais le trajet est long depuis la France puisqu’il faut passer par Barcelone ou Madrid. Pour cette raison, le train jusqu’à Hendaye est de mon point de vue plus pratique. Il vous faut ensuite louer une voiture pour vous rendre dans les monts Cantabriques.
En avion : Vol jusqu’à l’aéroport de Bilbao. Puis location de voiture. Comptez 3h à 3h30 pour vous rendre dans les monts Cantabriques.
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Où dormir ?
Avec qui partir ?
Partez à mes côtés photographier les animaux des monts Cantabriques. Réservation du voyage photo auprès d’Objectif Nature. Vous trouverez également plus de détails sur le voyage photo dans les monts Cantabriques dans la section du blog destinée aux voyages photo.
Si vous ne pouvez ou ne voulez pas vous joindre au voyage photo, vous pouvez aussi réserver les affûts directement auprès du propriétaire en cliquant sur l’image suivante.
Quels guides ornithologiques pour les oiseaux en Espagne ?
- Le guide ornitho – Les oiseaux d’Europe d’Afrique du nord et du Moyen-Orient: la bible pour les ornithologues
- Where to watch birds in northern & eastern Spain: la référence pour les anglophones pour explorer par soi-même les sites ornithologiques du nord de l’Espagne
Je m’appelle Grégory et je suis l’auteur de My-Wildlife, mon blog sur les safaris, l’ornithologie et l’observation animalière. Si comme moi, tu aimes la nature, suis mes conseils et inspire-toi de mes carnets naturalistes pour voyager en découvrant la vie sauvage. J’accompagne aussi des voyages photo qui offrent la possibilité de progresser en photographie tout en bénéficiant d’excellentes conditions d’observation et de prises de vue.
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