Située au cœur du delta de l’Okavango au Botswana, la réserve de Moremi est l’une des destinations les plus réputées d’Afrique pour le safari, l’observation de la faune et la photographie animalière. Ce carnet de voyage retrace plusieurs jours d’exploration entre Xakanaxa et le secteur de Khwai, deux zones emblématiques de Moremi, connues pour la richesse de leurs écosystèmes et la diversité des espèces observables. Depuis notre arrivée à Maun, porte d’entrée du delta, jusqu’aux pistes sableuses bordant la rivière Khwai, nous avons vécu une immersion totale dans le bush botswanais, rythmée par les safaris matinaux, les lumières dorées du lever de soleil et des rencontres marquantes avec les grands mammifères et l’avifaune du delta de l’Okavango.
2 jours de safari à Xakanaxa
Notre aventure débute à l’aéroport de Maun, avant un long transfert d’environ quatre heures vers le secteur de Boga – Xakanaxa, au cœur du delta de l’Okavango, où nous passerons les deux prochaines nuits.
Le retard de notre vol nous fait arriver de nuit. Impossible de sortir les appareils photo, mais le safari commence déjà sur la piste : éléphants, zèbres, calaos et même quelques bagadais casqués croisent furtivement nos phares. Une entrée en matière prometteuse.
Nos premiers félins
Le lendemain, réveil à 5h00. Après un rapide petit-déjeuner, nous quittons le camp à 5h45, juste avant le lever du soleil. La lumière naissante révèle rapidement une girafe, solitaire. Puis Rodgers, notre guide, tente de nous emmener dans une zone difficilement praticable. Trop d’eau : le gué est infranchissable. Demi-tour. Nous suivons ensuite des traces de léopard, mais celles-ci se perdent dans le bush.
Nous changeons alors de secteur et prenons la direction de Paradise Pool, au nord du campement. C’est ici que se concentrent l’essentiel de nos observations : cobes de Lechwe, crocodile, calaos d’Afrique australe et à bec noir, vautour charognard, aigle martial adulte puis un individu immature, bateleur immature, milan noir, et un autre rapace immature dont l’identification reste incertaine — peut-être un aigle de Wahlberg.
Alors que nous observons un steenbok, une information circule par radio : deux mâles lions et un léopard ont été repérés. Nous nous rendons d’abord sur le site du léopard. Une femelle, majestueuse, est allongée sur une branche d’arbre à saucisses, parfaitement détendue. Nous la quittons ensuite pour rejoindre les deux mâles lions, chacun étendu à l’ombre d’un buisson. Le safari matinal s’achève par un retour au camp pour le déjeuner, suivi d’un repos relatif : la chaleur est écrasante.
Un festival d’oiseaux
L’après-midi, la sortie est plus courte en raison des 35°C ambiants. La première observation est celle d’un traquet d’Arnot mâle, reconnaissable à sa calotte blanche. Nous retrouvons également un bateleur immature — peut-être le même que le matin — ainsi qu’un couple d’huppes d’Afrique fouillant le sol à la recherche de nourriture.
Les rives de l’Okavango regorgent d’oiseaux : ouettes d’Égypte, échasses blanches, chevalier sylvain… Et, dans un arbre, une belle surprise nous attend : un groupe de perroquets de Meyer, espèce affectionnant les forêts de feuillus et les savanes luxuriantes parsemées de baobabs.
Nous assistons ensuite à une superbe scène : un mâle éléphant se nourrit tranquillement dans les marécages, non loin de cobes de Lechwe et de mangoustes rayées en pleine chasse. Les cobes, particulièrement craintifs, décampent souvent à notre approche malgré toute la prudence adoptée. Heureusement, certains individus se montrent plus tolérants et se laissent volontiers photographier.
Sur le chemin du retour, un circaète brun posé au sommet d’un mopane conclut la journée, suivi d’un couple de gangas bibandes.
La nuit tombe sur le camp. Les insectes, le chant des engoulevents et les rires lointains des hyènes accompagnent notre endormissement. À 21h00, les feux s’éteignent. Le delta reprend ses droits. Demain nous partons dans le nord de la réserve de Moremi, dans le secteur Khwai.
En route pour Khwai
Le lendemain matin, nous assistons enfin à notre premier véritable lever de soleil dans la brousse. La lumière dorée embrase les paysages tandis que nous prenons la direction du nord de la réserve de Moremi, en route vers le secteur de Khwai.
La première scène est inattendue : deux hérons cendrés, visiblement en conflit, se poursuivent dans les airs. Un peu plus loin, contraste total d’ambiance avec un francolin de Swainson, immobile et parfaitement à l’ombre sur un tronc. Nous empruntons ensuite une longue piste où la faune se fait discrète, presque absente, à l’exception d’une outarde houppette, espèce emblématique des milieux arides.
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Safari autour de Khwai North Gate
Safari le long du delta de l’Okavango
C’est à l’approche du delta de l’Okavango que la vie réapparaît soudain : steenboks, zèbres des plaines, impalas, girafes, cobes de Lechwe et plusieurs hippopotames occupent les zones humides. Côté oiseaux, les rolliers à longs brins et les guêpiers carmins profitent de l’abondance d’insectes, offrant de magnifiques opportunités photographiques.
Nous poursuivons vers le camp avec encore de belles observations en chemin : un phacochère prenant un bain de boue, des spatules blanches, des tourterelles émeraudes — très communes mais toujours élégantes — et des irisors moqueurs, occupés à sonder l’écorce d’un tronc à la recherche de nourriture. Nous rejoignons ensuite l’Hippo Pool, qui abrite bien quelques hippopotames, même si je m’attendais à en voir davantage. Il faut dire que le bassin est vaste et particulièrement bien alimenté en eau.
Malgré la saison sèche, le delta continue de se remplir. La raison est simple : l’essentiel de l’eau ne provient pas des pluies locales du Botswana, mais des pluies abondantes tombées plusieurs mois plus tôt dans les hautes terres d’Angola, entre novembre et mars. L’eau met du temps à parcourir cette immense distance. Cette année, le niveau est particulièrement élevé. Près de l’Hippo Pool, nous rencontrons des cobes à croissant, antilopes étroitement dépendantes de l’eau — leur présence ici est donc tout à fait logique.
Au-dessus de nous, un bateleur adulte plane dans le ciel tandis qu’un aigle ravisseur reste posé à l’ombre d’un arbre, totalement indifférent à notre proximité. Inspirés, nous décidons à notre tour de trouver un arbre pour pique-niquer à l’ombre.
Vers 13h00, nous reprenons la piste en direction du camp. En chemin, nous croisons un couple de bicornes du Sud accompagné de leur jeune. Comme souvent en pleine journée, ils sont en quête de nourriture : sauterelles, scarabées, œufs, grenouilles, mais aussi lézards ou serpents. Peu après, un éléphant mâle se nourrit tranquillement en bord de piste. Nous patientons plusieurs minutes avant de passer, Rodgers sachant parfaitement ce que peut représenter le danger d’un éléphant, même apparemment calme.
Nous longeons à nouveau le delta, toujours aussi riche en faune, avant d’arriver au camp, que l’équipe est encore en train de monter. Nous nous installons sur des transats, à l’ombre, profitant d’un léger souffle d’air bienvenu tant la chaleur est étouffante.
Avec les lycaons
En fin d’après-midi, après 16h00, lorsque les températures deviennent plus supportables, nous repartons en safari. Rodgers a obtenu des informations précieuses : une meute de lycaons a été signalée dans le secteur. Nous la trouvons finalement, assoupie à l’ombre d’arbres et de buissons, près d’un bras asséché du delta. La meute compte sept adultes et trois jeunes. L’un des mâles porte un collier GPS, permettant au parc national de suivre les déplacements du groupe.
Si le lycaon n’est pas, à mes yeux, l’animal le plus esthétique, son organisation sociale est absolument fascinante. Nous passons le reste de l’après-midi à les observer. Peu à peu, la meute s’anime : déplacements lents, jeux entre les jeunes, interactions sociales. Les adultes finissent par calmer les plus turbulents — les jeux de dominance ont assez duré. Pourtant, aucun départ en chasse avant le coucher du soleil.
Nous devons finalement les quitter pour rejoindre notre camp, savourer un bon repas, et laisser la nuit africaine refermer cette journée d’observations exceptionnelles.
Face à face entre lycaons et lions
La journée suivante débute par un magnifique lever de soleil au cœur du bush. Dès les premières lueurs, le voyage tient déjà ses promesses et les observations s’enchaînent. Tandis que la savane dort encore à moitié, nous apercevons nos premiers cobes à croissant, silhouettes discrètes dans la lumière du crépuscule.
Nous mettons ensuite le cap à l’est, en direction des vastes plaines bordant la rivière Khwai. Très vite, une belle surprise nous attend : un couple de bucorves du sud accompagnée de ses deux jeunes. Une observation rare, tant la survie des petits est souvent compromise. La journée commence décidément sous les meilleurs auspices.
À peine quelques minutes plus tard, nous retrouvons la meute de lycaons aperçue la veille. En mouvement, ils sont clairement à la recherche de nourriture. Nous tentons de les suivre en 4×4, exercice toujours délicat tant leurs déplacements sont rapides et imprévisibles. Les lycaons débouchent soudain d’un sous-bois, traversent une savane herbeuse, puis s’immobilisent brutalement. Leur attitude est étrange, attentive. Une proie en vue ? Soudain, deux adultes bondissent tandis que le reste de la meute recule. En suivant leur regard, nous distinguons à une centaine de mètres un lion mâle qui s’est levé et avance lentement vers eux. En quelques secondes, la clairière se vide : tous les lycaons disparaissent dans le bois, à l’exception d’un dernier individu qui monte la garde avant de s’éclipser à son tour. Le lion, finalement peu intéressé, s’allonge et s’assoupit dans les hautes herbes. Un second mâle le rejoint peu après. Impossible de les observer davantage depuis notre position. Nous tentons un contournement, espérant les retrouver plus loin, mais les lions resteront invisibles pour le reste de la matinée.
Le safari se poursuit toutefois au fil de belles rencontres : des coucals de Burchell dissimulés dans les buissons, des jabirus d’Afrique immatures occupés à se nourrir, et des cobes des roseaux presque engloutis par les herbes hautes.
Les guépards et l’impala
Nous quittons ensuite la zone pour aller à l’ouest de Khwai North Gate. Le long des rives du delta de l’Okavango, cobes de Lechwe et cobes à croissant se laissent observer à proximité d’un lodge. Puis nous pénétrons dans une forêt de mopanes relativement dégagée. Nouvelle scène spectaculaire : trois guépards, la gueule encore ensanglantée, viennent de tuer un impala. La chasse est toute récente. Leur priorité est claire : dévorer leur proie avant l’arrivée d’autres prédateurs. Ils mangent à toute vitesse, arrachant et avalant de larges morceaux de viande. Plusieurs véhicules étaient déjà présents à notre arrivée, mais repartent rapidement. Nous restons seuls à observer la scène jusqu’à la fin du repas, près d’une heure plus tard. Rassasiés, les guépards vont finalement s’allonger à l’ombre.
La carte mémoire bien remplie et l’esprit encore imprégné de ces instants forts, nous reprenons doucement la piste en direction du campement. Sur le chemin, nous croisons à nouveaux des cobes de Lechwe, des cobes à croissant et des mangoustes naines autour de leur terrier. Une superbe matinée !
Hippopotames et éléphants sont de sortie
Cet après-midi, nous longeons la rivière Khwai. Autour de l’eau, la vie est foisonnante : oiseaux et herbivores se partagent les berges. Une aigrette garzette, un brin coquette, s’ébouriffe au passage de notre 4×4, tandis qu’un crabier à ventre roux s’envole précipitamment à notre approche. À peine quittons-nous le bord de l’eau que la piste nous offre une nouvelle succession de rencontres : cobes des roseaux, zèbres des plaines et phacochères se succèdent dans le décor. La piste serpente et, bientôt, nous revoilà au fil de la rivière. Des hippopotames sont de sortie et broutent l’herbe du delta — une scène plutôt rare en pleine journée, car ils évitent généralement le soleil.
Un peu plus loin, Rodgers nous conduit jusqu’à une petite presqu’île où nous pouvons descendre du véhicule. Quel plaisir de profiter d’une pause en pleine nature, hors du 4×4. Le delta s’ouvre devant nous : de nombreux éléphants avancent tranquillement dans les eaux peu profondes pour se nourrir, rejoints par quelques hippopotames. Soudain, le ciel s’anime. Des milliers de travailleurs à bec rouge virevoltent autour de nous dans un ballet spectaculaire. On comprend aisément pourquoi on les surnomme les « criquets à plumes ».
Avant de rejoindre le camp, nous faisons un détour par l’endroit où nous avions assisté, plus tôt, à l’impressionnant face-à-face entre lycaons et lions. Les lions sont toujours là — et pour cause : ils ont tué un buffle. Nous comprenons alors que, le matin même, la mise à mort venait sans doute d’avoir lieu lorsque les lycaons sont arrivés, expliquant le calme relatif des félins face aux chiens sauvages. Désormais repus, ils dorment paisiblement.
Le soleil décline à l’horizon. Il est temps de rentrer au camp : c’est notre dernière nuit dans la réserve de Moremi.
Dernier safari à Khwai
Pour nos derniers instants dans la réserve de Moremi, nous retournons sur le site où les lions ont mis à mort le buffle. Ils sont toujours là. À deux seulement, il leur faudra plusieurs jours pour venir à bout de la carcasse. Quelques vautours montent la garde à distance respectable, attendant leur heure. Tandis que l’un des lions reste à l’écart, dissimulé dans les hautes herbes, l’autre arrache encore quelques morceaux de l’arrière-train, malgré un ventre déjà bien rempli. Finalement, il tire la dépouille pour la dissimuler davantage dans la végétation, puis s’éloigne à son tour pour aller digérer hors de notre champ de vision.
Avant de quitter Khwai, nous longeons une dernière fois les rives de la rivière. L’activité est intense et les oiseaux sont omniprésents : pygargue vocifer, adultes comme immatures, ibis noir, jacana à poitrine dorée, travailleurs à bec rouge, pic de Bennett, guêpier carmin, anaplecte écarlate… Un véritable festival ornithologique.
Nous franchissons ensuite la Khwai North Gate pour poursuivre notre semaine de safari au Botswana. Prochaine étape : le parc national de Chobe, avec les secteurs de Mababe et de Savuti.
Cahier pratique
Comment s’y rendre ?
Vol international jusqu’à Maun via Johannesburg.
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Où dort-on ? Quel confort ?
Les nuits se déroulent sous tente, dans un hébergement à la fois simple et bien pensé. Chaque tente dispose de sanitaires privatifs, avec toilettes et douche attenantes. L’eau est fournie dans un seau, chaude ou froide selon les envies, permettant de se laver confortablement, même en pleine brousse.
À l’intérieur, on trouve un vrai lit équipé d’un véritable matelas, offrant un repos appréciable après de longues journées de safari. Chaque matin, l’intendance passe pour refaire le lit et remettre la tente en ordre, un détail qui contribue largement au sentiment de confort.
Le niveau de prestation reste volontairement sobre, mais tout est réuni pour se sentir bien. Les repas, préparés sur place par la cuisinière, sont élaborés à partir de produits frais, simples et savoureux. Une cuisine authentique, généreuse, qui participe pleinement à l’expérience du camp et au plaisir de la vie en pleine nature.
Quand visiter la réserve de Moremi pour l’observation et la photographie de la faune ?
Pour maximiser les chances d’observer et de photographier la faune dans la réserve de Moremi, le choix de la saison est déterminant. La lumière, la densité de végétation, les déplacements des animaux et l’accessibilité des pistes varient fortement au fil de l’année.
De juin à septembre : la période la plus favorable
La saison sèche, et plus particulièrement les mois de juin à septembre, offre les meilleures conditions pour la photographie animalière. La végétation rase améliore la visibilité et les animaux se rassemblent autour des points d’eau, rendant les scènes de chasse et d’interactions plus fréquentes.
Les températures modérées garantissent de longues heures de safari, avec une lumière douce le matin et en fin de journée, idéale pour les portraits et les scènes d’ambiance.
Mai et octobre : un excellent compromis
Les mois de mai (fin de saison des pluies) et octobre (fin de saison sèche) sont souvent sous-estimés. La faune est très présente, les contrastes sont forts et les paysages conservent encore une belle texture.
Octobre peut être chaud, mais la concentration d’animaux est maximale, offrant des opportunités photographiques intenses, notamment autour des derniers points d’eau. C’est la période à laquelle a été réalisé mon safari.
La saison des pluies pour les oiseaux
De novembre à avril, la végétation devient dense et les animaux plus dispersés. L’observation est plus difficile, mais cette période séduit les photographes en quête d’images différentes : jeunes animaux, comportements rares, ciels orageux et lumières dramatiques.
C’est aussi la meilleure saison pour la photographie d’oiseaux, avec l’arrivée de nombreuses espèces migratrices. Les pistes peuvent être difficiles pour les 4×4.
Avec qui partir ?
J’ai accompagné ce safari pour Objectif Nature. L’agence organise des safaris photos avec un photographe depuis plus de 30 ans. Le safari s’intitule La rivière Perdue.
Je m’appelle Grégory et je suis l’auteur de My-Wildlife, mon blog sur les safaris, l’ornithologie et l’observation animalière. Si comme moi, tu aimes la nature, suis mes conseils et inspire-toi de mes carnets naturalistes pour voyager en découvrant la vie sauvage. J’accompagne aussi des voyages photo qui offrent la possibilité de progresser en photographie tout en bénéficiant d’excellentes conditions d’observation et de prises de vue.
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