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Voyage naturaliste au Sri Lanka

Je suis parti un peu plus de deux semaines pour réaliser un voyage naturaliste au Sri Lanka dans la partie sud de l’île afin de parfaire mon premier repérage réalisé en 2020 pour monter un voyage photo. Le Sri Lanka est réputé pour l’observation des mammifères, en particulier l’éléphant d’Asie et le léopard, ainsi que des oiseaux avec 528 espèces enregistrées dont 34 endémiques (notés en gras dans l’article). Retour sur ce voyage.

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Negombo et son lagon

26 janvier, nous atterrissons à l’aéroport international de Colombo. Sanjaya nous accueille. J’avais déjà voyagé avec lui trois ans plus tôt. Nous sommes ravis de nous revoir après cet épisode de Covid 19. Il nous conduit à notre guesthouse à Negombo à quelques minutes au nord de l’aéroport.

Après nous être reposé, nous allons nous balader le soir même au marché aux poissons de Negombo. L’activité est plus forte le matin mais la découverte vaut quand même le détour le soir. Depuis le Pitipana bridge, nous observons des aigrettes garzettes, hérons cendrés, sternes naines et sternes hansel. Elles ne sont d’ailleurs pas évidentes à différencier puisqu’elles ne sont pas en plumage nuptial. C’est surtout la taille qui permet de les comparer.

Le lendemain matin, on fait un tour de deux heures dans le lagon de Negombo pour observer les oiseaux. On reverra les mêmes espèces que près du marché aux poissons mais aussi la grande aigrette, l’aigrette intermédiaire, le bec-ouvert indien, la sterne huppée, le héron strié, le corbeau familier, le cormoran de Vieillot, l’ibis à tête noire, le cormoran à cou brun, le martin-pêcheur commun ainsi que le pied, un varan malais et des macaques à toque qui ont malheureusement été déplacés sur des îlots et qui sont nourris par les locaux et les touristes. C’est globalement une belle entrée en matière. Puis, on poursuit le roadtrip vers la ville de Kandy.

Observation des oiseaux à Kandy

Nous arrivons à Kandy le midi. Nous commençons par manger dans un restaurant sur les hauteurs de la ville. L’après-midi, nous visitons le temple bouddhiste de la Dent, le principal intérêt d’une visite à Kandy et partons faire le tour du lac à pied. Je n’ai que mon 24-70 mm et 70-200 mm avec moi. Mais j’ai l’incroyable chance de pouvoir photographier à quelques mètres de moi un martin-chasseur de Smyrne assommant puis avalant un petit crabe. On verra aussi un cormoran à cou brun, une perruche à collier et un écureuil (Funambulus palmarum).

Le lendemain matin, direction le jardin botanique de Peradeniya à quelques kilomètres du centre de Kandy. Il compte plus de 4 000 espèces de plantes sur plus de 60 hectares et 145 espèces y sont recensées par ebird. J’en photographierai 11 sur la matinée, parmi eux le grand minivet, le loriot à capuchon noir, le gobemouche Muttui, la brève du Bengale, le ketoupa brun et le shama dayal…) ainsi que le macaque à toque et la chauve-souris géante d’Inde que l’on trouve dans les arbres qui longent la rivière Mahaweli.

En fin d’après-midi, on ira se balader dans le sanctuaire d’Udawatta Kele qui surplombe la ville de Kandy. La forêt est réputée pour l’ornithologie avec 184 espèces au compteur. Mais c’est très dur de les photographier du fait de la densité de la forêt et de la hauteur de la canopée. On y observera quand même un souimanga pourpré, un tchitrec de paradis, un rossignol indien, un tchitrec azuré, quelques gobemouches muttui, des sangliers et un muntjac indien. Hélas tout ça dans de très mauvaises conditions de lumière.

Sur la route entre Kandy et Nuwara Eliya

Le lendemain matin, route pour Nuwara Eliya. En chemin, on fait quelques arrêts pour observer des perruches à collier au nid, des loriots à capuchon noir, des capucins dominos, un serpentaire bacha en vol, un barbu à front d’or, un pic de Lichtenstein, un gobemouche de Ceylan et un couple de guêpier de Leschenault.

A la recherche du gobemouche du Cachemire à Nuwara Eliya

Nuwara Eliya est aussi connue sous le nom de « petite Angleterre » en raison de son climat froid et humide et son passé colonial dont on retrouve encore quelques beaux bâtiments dont la Poste de la bourgade. Nuwara Eliya ne devait être qu’une ville étape mais Sanjaya me révèle que c’est sans doute le meilleur spot du Sri Lanka pour observer et photographier le gobemouche du Cachemire, un migrateur venu du nord-ouest de l’Himalaya où il niche entre 1800 et 2700 mètres d’altitude. Le mâle est gris dessus et orange vif dessous ; la femelle est plus pâle, avec seulement une légère teinte orange sur la poitrine. A Nuwara Eliya, on peut le rencontrer au Victoria Garden.

Le premier oiseau que nous rencontrons est un zostérops de Ceylan, un passereau endémique au Sri lanka. La découverte du jardin commence bien. Puis, nous observons des hérons garde-bœufs dans le lit du ruisseau ; des martins tristes dans les pelouses et un râle à poitrine blanche qui garde bien sa distance avec l’objectif.

On prend un petit sentier escarpé au cœur d’une bois en espérant y trouver le gobemouche du cachemire mais c’est finalement le bulbul oreillard que l’on déniche. C’est un autre endémique du Sri Lanka.

Dans une autre partie du bois, dans un environnement très sombre, on croisera la grive du Sri Lanka, encore une espèce endémique. Décidément ce Victoria Garden est plein de surprises. Dans le même environnement, le gobemouche du Cachemire se montrera aussi ainsi que dans les bosquets qui longent le chemin avant la sortie du parc. Hélas vu la luminosité, j’ai été obligé de photographier à 12 800 isos.

Balade à Horton Plains

Réveil matinal pour rejoindre au lever du soleil le parc national Horton Plains classé au patrimoine de l’UNESCO pour y réaliser la randonnée du World’s End. C’est une boucle de 9 km à travers les hauts plateaux. En chemin, cascade, points de vue, plaines dégagées et forêts se succèdent avec quelques observations ornithologiques au passage.

Dans les prairies d’altitude, nous croisons souvent le tarier pie sur des perchoirs. C’est pourtant un résident rare classé en « préoccupation mineure » sur la liste rouge de l’UICN. Le mâle est noir avec le ventre blanc et une tache blanche sur les ailes alors que la femelle est brune avec un croupion et des parties inférieures beige rougeâtre.

On a aussi croisé des alouettes de Jerdon, des bulbuls oreillards ainsi qu’un sambar, des macaques à toque et semnopithèque blanchâtre, tous deux endémiques à l’île.

Comme souvent, le ciel s’est couvert au milieu de la matinée et on a fini la randonnée sous une fine pluie.

Sur la route entre Nuwara Eliya et Kataragama

On poursuit notre voyage naturaliste dans le sud du Sri Lanka en prenant la direction de la ville de Karagama proche du parc national Yala.

Le long de la route, on fait un premier arrêt pour observer un groupe de macaques à toque et quelques langurs qui vaquent à leur occupation. Et ce qui attire mon regard, c’est de voir deux macaques à toque épouillaient un langur.

On fait plus loin une pause culturelle aux statues bouddhistes de Buduruwagala. Elles sont superbes. Juste avant d’y arriver, la route longe des rizières. J’y verrais des guêpiers à queue d’azur, un paon faisant le beau, un serpentaire bacha ainsi que des cisticoles des joncs. Après les rizières, la route passe devant un réservoir. Les oiseaux y sont nombreux : différentes espèces de hérons, de sternes et de martins-pêcheurs. Sur le site, je photographie mon premier écureuil géant du voyage ainsi qu’un pygargue à tête grise, une première pour moi.

L’après-midi, on fera notre premier safari dans le parc national de Yala.

Le Parc national Yala

Nous avons réalisé trois jours de safari dans le parc national de Yal : une demi-journée dans le bloc 5, une demi-journée dans le bloc 6 (anciennement parc national Lunugarmvehera) et deux journées dans le bloc 1, de loin le plus fréquenté.

Dans un article dédié à Yala, je posais la question s’il fallait faire un safari dans le parc national de Yala ? Mon avis n’a pas changé. Le bloc 1 est surfréquenté le week-end et pendant les jours de fête. Sur ce sujet, je complèterai l’article prochainement.

Les bloc 5 et 6 sont vides de visiteurs et sont intéressants pour les amoureux des oiseaux. Pour aller au bloc 5, on croise des éléphants d’Asie sur la route. Super, pourrait-on penser. Et bien pas du tout, ils sont là parce qu’ils savent qu’ils reçoivent de la nourriture de personnes qui passent par là en bus ou en voiture. Je trouve ça navrant et désolant, sans compter que cela crée des accidents régulièrement.

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Le bloc 5 a révélé encore de belles surprises avec de belles proximités pour photographier le guêpier d’Orient et le guêpier à queue d’azur. On a même vu un martin-chasseur de Smyrne mangeait une souris. Je ne m’y attendant pas du tout. Il porte bien son nom ce martin.

Pour le bloc 6, nous n’avons pas eu de chance avec la météo car il a beaucoup plu quand nous y étions. C’est aussi une belle destination ornithologique, particulièrement pour les oiseaux d’eau grâce à la présence d’un réservoir. On a pu y observer le blongios à cou jaune ou le martin-chasseur gurial, deux résidents certes mais rarement observés.

Pour le bloc 1, on a eu une belle journée en semaine avec de belles observations de léopards et aussi le téphrodorne de Ceylan, un oiseau endémique du Sri Lanka, et une journée assez horrible un samedi qui était aussi jour de fête pour les sri lankais. C’était très largement surfréquenté.

Je ne vous en dis pas plus sur Yala ici, je m’étendrai davantage sur les observations et mon ressenti sur ce parc dans l’article que je lui ai déjà consacré.

Le Parc national Bundala

Après Yala, je souhaitais revenir à Bundala car c’est un parc national que j’apprécie beaucoup. Il intéressera les amateurs d’oiseaux. Pour cette matinée, on était accompagné de deux amis, Karine et Audrey, en vacances au Sri Lanka et ornithologues amatrices.

Là encore une superbe matinée d’ornithologie avec de belles observations de limicoles, talèves sultanes, chacals, hérons et parmi eux le blongios de Chine, un résident peu commun.

Je complèterai mon article sur le parc national de Bundala en y indiquant plus de détails quant à mes observations.

La Sinharaja Forest Reserve

Situé dans le sud-ouest du Sri Lanka, la réserve forestière de Sinharaja est une des dernières forêts tropicales humides du pays. 60% des arbres sont endémiques, 32 des 34 espèces d’oiseaux endémiques s’y trouvent. C’est une forêt d’un grand intérêt ornithologique.

J’ai exploré Sinharaja à pied avec un guide local. Il est obligatoire et croyez-moi, il est bien utile. Parmi les espèces endémiques, j’ai pu observer les suivantes : Pirolle de Ceylan, bulbul à tête noire, dicée de Ceylan, grive à ailes tachetées, calao de Ceylan et coucal de Ceylan. Pas mal quand même en une demi-journée de balade forestière.

Je vous parle prochainement de cette expérience à Sinharaja dans un article dédié car j’ai pu observer et photographier bien d’autres espèces.

Entre la Sinharaja Forest Reserve et Tangalle

La fin du voyage approche. Trois heures de route nous attendent pour rejoindre la station balnéaire de Tangalle. Le long de la route, nous observons un aigle huppé juvénile facilement reconnaissable à son plumage blanc nuancé par de petites parties chamois. Au Sri Lanka, la sous-espèce Ceylonensis a une crête bien visible. Pour l’heure, le juvénile sèche ses ailes après l’averse tropicale que nous avons essuyée. Bien que nous soyons en saison sèche, il pleut régulièrement depuis notre arrivée, la faute aux basses pressions sur le golfe du Bengale.

Un peu plus loin sur la route, Sanjaya stoppe la voiture. Il a repéré un nid de Souimanga à croupion pourpre en bordure de la route. Nous descendons et observons un moment le va-et-vient du mâle et de la femelle pour nourrir les deux jeunes au nid. Le mâle passe beaucoup moins de temps au nid que la femelle, ce qui nous intrigue. Nous observons soigneusement les passages de la femelle et constatons qu’en plus de donner à manger à ses oisillons, elle récupère leurs excréments directement à la sortie de l’anus. Ainsi, le nid reste toujours propre !

Tangalle et le sanctuaire de Kalametiya

Je finis les derniers jours à buller à Tangalle avant de revenir en France. Dans le jardin de l’hôtel, les langurs nous rendent visite régulièrement. Je verrai aussi le verdin de Jerdon, un splendide passereau de 19 cm avec un plumage vert émeraude. Le mâle a une tâche bleue foncée, presque noire, sur la gorge alors que la femelle a la gorge bleue pâle.

Je prendrai quand même le temps pour découvrir le sanctuaire ornithologique de Kalametiya. Le marais se découvrir à partir d’une petite embarcation à rame. L’approche est paisible. C’est vraiment un chouette endroit. On observe beaucoup d’espèces de hérons dont le pourpré, la talève sultane ou le jacana à longue queue.

Ainsi s’achève mon voyage naturaliste au Sri Lanka. Un repérage qui s’est avéré très instructif. Alors, vous m’accompagnez sur ce voyage photo animalier au Sri Lanka ?

Cahier pratique – voyage naturaliste au Sri Lanka

Comment se rendre au Sri Lanka ?

Vol international jusqu’à l’aéroport de Colombo. Le plus simple pour se déplacer est de louer une voiture avec chauffeur.

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Avec qui partir ?

Pour votre voyage naturaliste au Sri Lanka, je vous conseille d’adresser votre demande de voyage sur mesure auprès de l’agence de voyage locale francophone avec qui je suis parti. Je l’ai sélectionnée pour son sérieux et sa connaissance de Ceylan. Contactez Catherine, Experte sur le Sri Lanka.

Mes hébergements lors de ce voyage naturaliste au Sri Lanka ?

  • Negombo : Guesthouse Binnacle – Petit établissement dans le centre de Negombo. Au calme. Super accueil.
  • Kandy : Fox Resorts – Un hôtel sur les hauteurs de Kandy. Cadre agréable.
  • Nuwara Eliya : Villa de Roshe. Une chambre d’hôtes sur les hauteurs de la ville. Accueil très sympa.
  • Ella : Waterfalls View. Petit-déjeuner royal, accueil très chaleureux, beau panorama.
  • Kataragama : Grand Tamarind Lake. Grande chambre, belle piscine mais le restaurant laissait à désirer. Regardez du côté du Camp Leopard, l’adresse m’a été recommandée.
  • Tissamaharama : Blue Turtle Hotel – J’adore cet hôtel : cadre très agréable, belle piscine, au calme. Retrouvez mon article sur le Blue Turtle Hotel.
  • Sinharaja : Sinharaja Forest Gate – Accueil moyen, chambre sombre. Passez votre chemin sauf si c’est complet au Sinharaja Vini Villa.
  • Tangalle : Buckingham Place – Magnifique hôtel 4 étoiles pour finir le séjour en bord de mer.

Quand y aller ?

Le Sri Lanka comprend deux saisons : la saison sèche et la saison des moussons. Mais ces deux saisons n’ont pas lieu en même temps partout dans le pays.

Sur la côte sud et ouest du Sri Lanka, la saison sèche s’étale de décembre à mars. Sur la côte nord et est, la saison sèche est de mai à septembre.

Guides de voyage et naturalistes

  • Guide du Routard Sri Lanka : guide généraliste pour les voyageurs indépendants.
  • Sri Lankan Wildlife aux éditions Bradt (en anglais) : guides naturalistes de petits formats. Parfait pour emporter en voyage et avoir une vue globale de la faune du Sri Lanka (.
  • Wildlife Sri Lanka : Plus fouillé que le précédent, la taille de l’ouvrage l’empêche toutefois de l’emporter avec soi en voyage (en anglais).
  • A Photographic Field Guide To The Birds Of Sri Lanka : présente les 468 espèces du Sri Lanka avec photo. Le livre comprend également des informations sur le climat et la topographie, les ordres et les familles, les résidents, les migrants, les endémiques, les vagabonds et les migrants très rares, la topographie et les principaux sites d’observation des oiseaux (en anglais).
  • Birds of Sri Lanka : L’ouvrage d’identification des oiseaux de référence avec des planches à dessin (en anglais).
  • A Naturalist’s Guide to the Reptiles of Sri Lanka : la référence pour les reptiles au Sri Lanka (en anglais)
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