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Safari dans la réserve nationale de Shaba

J’ai découvert la réserve nationale de Shaba lors de mon voyage au Kenya en 2020 à la découverte des parcs nationaux et réserves du nord Kenya.

Shaba fait partir d’un trio de réserves nationales le long de la rivière Ewaso Ng’iro. Buffalo Springs et Samburu, la plus connue, complètent le trio. Shaba a la réputation d’être la plus jolie réserve des trois mais la moins intéressante d’un point de vue animalier.

Pendant une journée, j’ai exploré la réserve nationale de Shaba, ce qui est suffisant au regard de sa superficie (239 km²) et de son réseau de piste. Retour sur cette expérience.

L’arbre à tisserins

Depuis notre camp Samburu, le lion’s cave camp le long de la rivière Ewaso Ng’iro, nous nous dirigeons vers la Natorbi Ogura Gate, la porte d’entrée principale de la réserve nationale de Shaba.

Pendant que Jean-Yves, mon guide, part régler les formalités d’entrée, je sors du 4×4 et m’approche d’un acacia qui comprend de nombreux nids de tisserins : beaucoup de mahalis à sourcils blancs et des alectos à tête blanche qu’on rencontre un peu partout dans les savanes sèches et semi-arides d’Afrique de l’est. J’observe également un tisserin à tête noire mâle en plumage nuptial.

Un tisserin écarlate mâle en plumage nuptial construit également un nid sans me prêter la moindre attention. Chez cette espèce, c’est toujours le mâle qui a cette tâche qui lui prendra deux ou trois semaines. Il construit jusqu’à quatre nids en forme de bouteille retournée dans un rayon proche, parfois cinq. C’est la femelle qui choisit le nid qu’elle tapissera ensuite d’écorces, de fibres, de plumes, d’herbes sèches ou de feuilles. Elle y pondra en moyenne 3 œufs.

Cobes à croissant, généruks et dik-dik de Günther

On se met en route en empruntant la piste qui longe la rivière Ewaso Ng’iro qui prend sa source sur le versant oriental du Mont Kenya et dont le nom signifie « rivière brune ». On ne tarde pas à observer nos premiers cobes à croissant, des mâles, des femelles et des jeunes. C’est de loin l’herbivore que nous rencontrerons le plus dans la réserve nationale de Shaba. Au départ, cela m’étonne un peu car il est toujours associé à l’eau. Il aime particulièrement les roselières. Shaba est une réserve semi-aride mais la présence annuelle de la rivière lui assure suffisamment d’eau toute l’année. Il aime être dans les hautes herbes situées ente la piste et la rivière. J’aime particulièrement le mâle dont les cornes annelées sont superbes.

Avec le cobe à croissant, le gérénuk est l’autre herbivore qu’on voit fréquemment à Shaba. Restreinte à la corne de l’Afrique, l’antilope vit dans les habitats arides. On la nomme aussi gazelle de waller ou gazelle girafe car elle se dresse sur ses deux pattes arrière pour manger des feuilles situées en hauteur. On distingue le mâle de la femelle par les petites cornes. Contrairement aux cobes à croissant, les gérénuks sont plus craintifs et il n’est pas rare de les voir quitter la zone où ils sont à notre approche.

Plus rarement, on croise aussi l’oryx beisa, la gazelle de Grant, la girafe réticulée, le zèbre de Grévy ou encore l’impala.

J’ai eu la chance d’observer furtivement derrière un bush dense un dik-dik de Günther bien plus rare à rencontrer que le dik-dik de Kirk. Endémique à la corne de l’Afrique, on le reconnaît grâce à son nez en trompe.

Des oiseaux et des buffles

Avec près de 400 espèces d’oiseaux comptabilisées sur le trio de réserves nationales Shaba/Buffalo Springs/Samburu, les ornithologues se feront plaisir à Shaba.

Shaba est bien fourni en rapaces. Sur la journée, j’ai pu observer aigle fascié, aigle ravisseur, bateleur, buses variables, autour à ailes grises souvent en vol, de temps en temps posés sur une branche.

Le long de la rivière Ewaso Ng’iro, calaos à bec rouge s’observent souvent. On peut aussi rencontrer le Calao de der Decken ainsi que le très répandu choucador superbe, guêpier à gorge blanche ou tourterelle masquée.

Dans les zones arides et elles sont nombreuses à Shaba, on croise dans les hautes herbes l’outarde kori. Dans les sous-bois, la huppe fasciée s’observe aussi.

Dans les marécages situés près de la Gafarsa gate, on peut observer les oiseaux inféodés à ce milieu comme les ibis sacrés, les vanneaux éperonnés, les spatules d’Afrique ou les hérons et aigrettes.

C’est aussi là que j’ai pu voir cinq buffles mâles entourés de hérons garde-boeufs. A cause de la sècheresse, ils avaient quitté la réserve. Contrairement aux cobes à croissant, ils préfèrent les mares de boue, les waterholes et les marécages aux rivières où ils ne trouvent pas leur alimentation. Les marécages leur permettent de manger des roseaux et des plantes aquatiques.

L’embourbement

Sur le chemin du retour vers la porte Natorbi Ogura, nous avancions tranquillement sur la piste E810. Depuis le début de la journée, l’état des pistes était bon mais après le passage de la zone du marécage, des poches de boue apparaissent de plus en plus. Alors que nous discutions d’une précédente observation ornithologique, nous nous sommes fait prendre par une poche de boue que nous avions mal évaluée.

Le 4×4 est bloqué. Jean-Yves sort le crique et la machette pour évacuer la terre autour des roues. On ramasse des pierres, cherchons des morceaux de bois à caler sous les pneus. Rien n’y fait. Depuis le matin, nous n’avons croisé qu’un seul 4×4 d’une famille expatriée au Kenya. Par chance, le peu de réseau téléphonique disponible nous permet de contacter le camp où nous dormons. Il prévient alors les rangers de la réserve qui viennent nous sortir du pétrin. Nous laissons un beau chantier derrière nous et des souvenirs. Ce qui est sûr, c’est que les 4×4 suivants n’iront pas s’engouffrer dans nos traces.

Le léopard en fuite et les barbicans

Avant de franchir le portail de la réserve, nous suivons un 4×4 de loin. Ils faisaient un tel boucan qu’ils ont réussi à faire fuir un jeune léopard. J’ai à peine le temps de prendre une photo du léopard en fuite. Le silence et l’attention sont la base  de bonnes observations. Quel dommage !

Juste après avoir franchi le portail de la réserve, nous avons la chance de croiser trois barbicans à tête rouge posés sur des branches sur le bord de la piste. J’apprécie beaucoup cet oiseau dont les couleurs vivent sont un enchantement pour les yeux et la photographie. Pour distinguer le mâle de la femelle, il faut regarder la tête. Seul le mâle a une calotte noire.

Le safari dans la réserve nationale de Shaba se termine sur cette bonne note. Beaucoup de voyageurs ne s’y rendent pas préférant Buffalo Springs et Samburu. J’ai personnellement apprécié cette journée de safari qui allie de beaux paysages, en particulier sur la rivière Ewaso Ng’iro et des observations naturalistes régulières. C’est sûr que la densité de la faune n’est pas équivalente à Buffalo Springs et Samburu mais Shaba a aussi les plus beaux paysages et le nombre de 4×4 y est beaucoup plus réduit.

Cahier pratique – Réserve nationale de Shaba

Comment se rendre à la réserve nationale de Shaba ?

Vol international jusque Nairobi puis par la route en passant par Nanyuki. Comptez 5 heures de route depuis la capitale.

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Quand y aller ?

La réserve nationale de Shaba peut-être découverte toute l’année. Il n’y a pas de mois extrêmement défavorable.

Les meilleurs mois restent cependant la saison sèche de juin à octobre ainsi que janvier et février. Pour les ornithologues, ayez à l’esprit que les oiseaux migrateurs affluent de novembre à avril et que les mois de novembre et avril sont les plus pluvieux.

JFMAMJJASOND

Où dormir ?

Il y a peu d’hébergements dans et près de la réserve nationale de Shaba.

A l’intérieur de Shaba il y a le Joy’s Camp, un camp de tente isolé et le Sarova Shaba Game Lodge. Il était complet lors de mon passage (par l’équipe d’un tournage de film). On s’était rabattu sur le Lion’s Cave Camp situé à 15 mn de la Natorbi Ogura. Je n’ai pas regretté. Excellent rapport qualité/prix.

Guides d’observation

Avec qui partir au Kenya ?

Pour votre safari en au Kenya, je vous conseille d’adresser votre demande de voyage sur mesure auprès des deux agences de voyage francophones avec qui je travaille au Kenya. Je les ai sélectionné pour leur sérieux et leur capacité à répondre aux demandes personnalisées. Contactez Carlo et ou Jean-Yves, Expert sur le Kenya.

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Tisserin écarlate, réserve nationale de Shaba

4 commentaires au sujet de “Safari dans la réserve nationale de Shaba”

  1. Merci pour vos articles sur le kenya. Vous m’avez convaincu de faire un safari dans les réserves du nord. J’espère que nous pourrons voyager bientôt.

  2. Bonjour, oui j’ai vu ce safari que vous allez encadrer en septembre. Je trouve que 10 jours c’est peut être un peu juste ? Nous attendons, aussi, de voir comment évolue la crise actuelle. Merci pour tous vos articles et magnifiques photos 🤗

    • Mieux vaut 10 jours bien guidé que 15 jours en allant à l’aveuglette. Et puis rien ne vous empêche de prolonger de quelques jours pour découvrir ensuite d’autres réserves (Masaï Mara, Amboseli, par exemple).

Les commentaires sont fermés.

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