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Safari dans la Ol Pejeta Conservancy

Pendant mes 15 jours de safari dans les réserves du Nord Kenya, je me suis rendu  3 jours dans la réserve de la Ol Pejeta Conservancy sur le plateau de Laikipia réputée pour son travail de protection des rhinocéros. Retour sur quelques-unes de mes rencontres en safari.

Téléchargez la carte de la Ol Pejeta Conservancy au format pdf.

La Ol Pejeta Conservancy

La Ol Pejeta Conservancy est une réserve privée située sur le plateau de Laikipia au nord-ouest du Mont Kenya et à 200 km au nord de Nairobi. C’est le sanctuaire animalier le plus proche de la capitale kenyane qui contient tous les Big 5 (rhinocéros, éléphant, lion, léopard et buffle).

D’une superficie de 360 km², la Ol Pejeta Conservancy est aujourd’hui une réserve qui est citée en exemple pour sa gestion et sa politique de conservation des animaux sauvages, notamment des rhinocéros.

Les jabirus d’Afrique font sécher leurs ailes

Je pénètre dans la Ol Pejeta Conservancy par la Rongai Gate. A la porte, la ranger nous demande d’ouvrir le coffre pour vérifier que nous n’avons pas d’arme à feu. Ici, on ne rigole pas avec le braconnage.

Je me rends directement à mon hébergement, The Stables, proche des bureaux du staff de la réserve et de la piste d’aviation. On y dépose rapidement nos affaires et on part en safari en direction des marécages de Sweetwaters proches de notre hébergement. On y croise très vite quelques buffles à moitié immergés dans les herbes marécageuses, des impalas, cobes de Fassa, zèbres des plaines. Les oiseaux sont nombreux autour du marécage : ibis haguedash, rollier à longs brins, choucador à oreillons bleus, aigle martial, huppe fasciée, ouette d’Egypte, grue couronnée, héron mélanocéphale… Deux jabirus d’Afrique nous offriront un joli spectacle en faisant sécher leurs ailes. Quand ils quittent les lieux, nous avons la surprise de voir deux immatures sortir de derrière le bush pour les suivre comme leur ombre.

On y retournera tous les jours.

Les herbivores dans les grandes plaines

La Ol Pejeta Conservancy dispose de grandes plaines de savane à l’image de Masaï Mara. D’ailleurs, de nombreux herbivores sont communs aux deux réserves comme l’impala, le zèbre des plaines, le buffle d’Afrique, le bubale de Jackson, les gazelles de Thomson et de Grant, le raciphère champêtre, le suni de Zanzibar, l’élan du Cap, le guib harnaché, le phacochère, le céphalophe de Grimm, le redunca de montagne, le cobe des roseaux. Concernant la girafe, à Ol Pejeta Conservancy, c’est la girafe réticulée qu’on croise comme à Meru ou à Samburu.

Il est fréquent de voir sur le bord de la piste des vanneaux couronnés, communs dans toute l’Afrique de l’Est ainsi que des vanneaux à ailes noires, beaucoup moins communs car leur aire de répartition se situe au-delà de 1300 m d’altitude. A la Ol Pejeta Conservancy, on est donc complètement dans leur biotope. Les outardes kori se déplacent aussi non loin des pistes en quête de petits mammifères, lézards ou serpents tandis que l’élanion blanc attend patiemment sa proie sur une branche d’un arbre solitaire. A trois reprises, nous observerons aux jumelles l’aigle des steppes survoler la savane.

Les rhinocéros de la Ol Pejeta Conservancy

La Ol Pejeta Conservancy a fait de la protection des rhinocéros blancs et noirs une mission prioritaire. 141 rhinocéros noirs, 37 rhinocéros blancs du sud et les 2 derniers rhinocéros blancs du nord (Najin, 31 ans, et sa fille Fatu, 20 ans) ont été comptabilisés en 2020 à Ol Pejeta. Chercheurs et scientifiques tentent de sauver le rhinocéros blanc du nord par des techniques d’insémination artificielles. 13 rhinocéros sont également nés dans la réserve cette même année (11 noirs et 2 blancs du sud). C’est la troisième année consécutive sans braconnage dans l’ensemble de la réserve grâce aux actions des rangers au niveau de l’éducation et de la surveillance des espèces et de la réserve. Voilà qui fait réellement plaisir.

Vous l’avez compris, à Ol Pejeta, les chances d’observer et de photographier les rhinocéros sont grandes. Un cimetière a été établi en plein cœur de la savane. Les stèles indiquent le petit nom des rhinocéros morts avec leurs dates de naissance et de mort ainsi que la cause du décès. Pour se souvenir et ne pas oublier.

22 octobre, fin de journée dans la Ol Pejeta Conservancy. Nous voyons 4 rhinocéros blancs sortir du bush pour entrer dans la savane. Derrière nous, la réserve est dominée magistralement par le Mont Kenya dont j’ai réalisé l’ascension à pied il y a déjà quelques années. Un éléphant s’approche des rhinocéros dont un adulte s’extirpe pour protéger le groupe et le jeune rhino. Le face à face dure quelques minutes. Pendant ce temps là, le reste du groupe de rhinocéros s’éloigne calmement de l’éléphant. Il se rejoigne finalement, s’approche du 4×4. L’un d’eux est maculé de boue séchée. Le soleil décline à l’horizon. Nous nous mettons à contre-jour pour réaliser des images des rhinocéros blancs dans la poussière de la savane. Superbe ambiance. Il nous faut rentrer hélas car nous avons booké un night game drive.

Night game drive pour voir les hyènes de nuit

Le Night Game drive est une activité proposée par les rangers de la réserve. Le coût est de 60 $ USD par personne pour un safari de nuit de 2h00. Ce type d’activité permet de participer financièrement aux projets de conservation de la Ol Pejeta Conservancy.

Nous quittons donc les Stables de nuit. Rapidement, nous croisons un cobe de fassa ainsi qu’une girafe réticulée et un troupeau d’éléphants. Les pachydermes sont encore plus impressionnants de nuit.

Les hyènes tachetées, si discrètes le jour à Ol Pejeta, s’observent en grand nombre la nuit où elles quittent leur terrier. J’étais déjà aux anges. Mais lorsque le faisceau de la torche du ranger éclaira une hyène rayée, je ne tenais plus en place. Hirsute avec un pelage rayé, on la rencontre rarement dans la nature car elle est solitaire contrairement aux hyènes tachetées et elle est surtout nocturne. Le Kenya et la Tanzanie constituent l’extrémité sud de sa zone de répartition.

Nous observerons d’autres espèces nocturnes comme l’engoulevent d’Abyssinie, l’otocyon ou la mangouste à queue blanche. Nous verrons aussi des phacochères, chacals à chabraque, buffles, rhinocéros noirs, et même une queue de lion mais nous l’avons perdu dans le bush. Nous espérons à ce moment là que ce n’est que partie remise.

La traque des lions et les rhinocéros noirs

Pour la dernière matinée de safari dans la réserve de la Ol Pejeta Conservancy, nous décidons de participer à une autre activité organisée par la réserve : le tracking des lions. Comme pour le night drive, l’activité coûte 60 $ par personne. Elle permet de financer le suivi scientifique des lions et d’en savoir plus sur leurs territoires, leurs déplacements, leurs alimentations, leurs santé, etc.

Deux rangers viennent nous chercher à 6h30. Juste avant de nous rejoindre, ils sont passés par le bureau du staff pour prendre les derniers relevés GPS. Nous partons donc en direction de la position GPS récupérée. Lorsque nous arrivons sur la position GPS, pas de lion en vue. Le GPS est alors troqué pour une antenne et un récepteur radio. Etant donné la surface de la réserve, rien n’est garanti !

Nous nous dirigeons donc au cœur de la réserve pour augmenter nos chances de capter un signal. Les minutes défilent sans que nous captions le moindre signal. Le jour s’est levé depuis un moment déjà. Nous faisons de belles observations de rhinocéros noirs. Puis, sur le coup de 7h45, un signal très faible est capté puis perdu. Nous allons le chercher sur zone. Le signal est au cœur d’une dépression forestière. Un autre 4×4 de la réserve arrive sur le site. Ils ont capté le même signal. Nous sortons de la piste (seuls les 4×4 de la réserve sont autorisés à faire du hors-piste) et partons à la recherche de la pride de lions. Nous les trouverons finalement à 8h25 dans un dédale de hors-piste délicat. Les lions sont tout doucement en train de se réveiller de leur nuit. Certains sont complètement affalés sur le sol tandis que d’autres commencent à s’étirer et à bailler. Ce sont les premiers signes du réveil. Comme souvent ce sont les jeunes qui s’activent les premiers autour des adultes. On reste avec la famille de lions pendant une petite trentaine de minutes puis on rentre au camp.

Avant de quitter la réserve de la Ol Pejeta Conservancy, on part rendre visite aux chimpanzés qui ont vécu des épisodes traumatisants dans leur vie et qui ont été recueillis dans le sanctuaire de Sweetwaters. On en apprend plus sur l’histoire de ces chimpanzés mais je dois dire que j’ai toujours bien du mal à apprécier l’observation d’animaux vivants dans des enclos même si leur sanctuaire n’est pas du tout comparable à un zoo.

Sur le chemin vers la sortie, nous observons une dernière fois une lionne, des éléphants et un buffle. Nous prenons la direction de Nairobi pour découvrir un dernier sanctuaire animalier : le parc national de Nairobi.

Cahier pratique

Comment se rendre à Ol Pejeta Conservancy ?

Vol international jusqu’à l’aéroport Jomo-Kenyatta de Nairobi. Puis 220 km de route depuis l’aéroport, soit environ 2h30 de route.

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Quand faire un safari à Ol Pejeta ?

Le meilleur moment pour faire un safari dans la Ol Pejeta Conservancy va de juin à octobre ainsi qu’en janvier et février, ce qui correspond à la saison sèche.

En dehors de cette période, il faudra un 4×4 robuste et un bon chauffeur pour éviter les embourbements consécutifs aux fortes pluies.

Où dormir à Ol Pejeta Conservancy ?

La réserve de la Ol Pejeta Conservancy bénéficie d’une grande diversité d’hébergements, du camping sommaire au camp de toile luxueux. Voici la liste des hébergements gérés par Ol Pejeta :

  • Pelican House : Cottage à louer (pour 6/8 personnes)
  • The Stables : hébergement petit prix. C’est celui que j’ai utilisé.
  • Les campings : Mbobo campsite, Murera Nonda campsite, Hippo Hide Campsite, Ewaso campsite, Ol Lerai Campsite

Et les autres hébergements :

Guides d’observation

Avec qui faire un safari au Kenya ?

Pour votre safari en au Kenya, je vous conseille d’adresser votre demande de voyage sur mesure auprès des deux agences de voyage francophones avec qui je travaille au Kenya. Je les ai sélectionné pour leur sérieux et leur capacité à répondre aux demandes personnalisées. Contactez Carlo et ou Jean-Yves, Expert sur le Kenya.

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Rhinocéros blancs, Ol Pejeta Conservancy

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