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Affût tétras lyre en Suède

A l’occasion de mon voyage naturaliste en Suède, j’ai réalisé un affût pour photographier le tétras lyre, l’un des oiseaux emblématiques de la taïga suédoise. L’affût a été réalisé au printemps pendant la parade nuptiale de l’espèce. Retour sur cette expérience qui s’est révélée extraordinaire.

Le tétras lyre, une espèce fragile

Le Tétras-lyre (Tetrao tetrix) ou petit coq de bruyère est un oiseau de taille moyenne de l’ordre des galliformes comprenant également les dindes, les poules, les pintades, les cailles et les faisans.

C’est une espèce paléarctique sédentaire, largement répartie sur tout le nord de l’Eurasie, de la Grande-Bretagne, jusqu’en Sibérie et en Chine en passant par la Scandinavie. Dans le sud de l’Europe, on le trouve essentiellement dans les Alpes et les Carpates. La population du tétras lyre décline en France, raison pour laquelle l’oiseau est classé « quasi-menacé » dans l’hexagone depuis 2016. A l’échelle européenne, le classement passe à « préoccupation mineure ». Toutefois, les études montrent également un déclin de la population de tétras lyres en Europe centrale et dans les forêts boréales de Scandinavie. Trois facteurs semblent avoir un impact sur ce déclin : l’utilisation intensive des terres, la prédation et le dérèglement climatique. C’est d’autant plus problématique que le taux de reproduction diminue lui aussi.

Le dimorphisme sexuel du tétras lyre est prononcé. Impossible de confondre le mâle et la femelle. Le coq possède un plumage noir à reflets bleus avec une petite barre blanche sur les ailes. Le dessous des ailes et de la queue est également blanc. Au printemps, période des parades nuptiales, une caroncule rouge se développe sur la tête au dessus des yeux. Sa taille varie de 49 à 58 cm incluant sa queue en forme de lyre et son poids moyen est de 1,3 kg. La poule possède un plumage brun-roux barré de gris et de noir. Elle est plus petite (40 à 45 cm) et sa queue, également plus courte, est légèrement échancrée.

Mon arrivée et mon installation dans la cabane

Mon affût tétras lyre a été réalisé dans la région de Bergslagen, qui signifie la loi de la montagne en suédois. Cette région se situe au nord du lac Mälar où j’ai aussi photographié le balbuzard pêcheur. Je rejoins la région en véhicule directement après mon affût ours brun. Je ferai des arrêts en route pour photographier la grue cendrée à plusieurs reprises et un vanneau huppé. Je retrouve un ornithologue local au point de rendez-vous, au carrefour de deux pistes. Ensemble, nous nous rendons sur le site des affûts en plein milieu d’une tourbière. En route, je rencontre mes premiers tétras lyre du secteur. Nous nous arrêtons en bord de piste et rejoignons le site à pied par une sente d’environ 400 m.

Il y a sur place une cabane en bois permettant à 4 personnes de passer la nuit confortablement au chaud et des tentes d’affût mobiles pour être au plus proche des parades nuptiales pour la session photo. De l’autre côté de la prairie, j’observe un nid de balbuzards pêcheurs. Alors que le soleil est en train de descendre sur l’horizon, nous observons ensemble les tétras lyres aux jumelles avant qu’ils quittent le lek. Je profiterai que la zone soit libre pour aller repérer les lieux avant de rejoindre la cabane pour la nuit.

La cabane comprend 4 couchages, des sacs de couchage, un chauffage au gaz, des chaussons, des toilettes sèche. On me remet aussi un panier pique-nique pour le dîner et le petit-déjeuner comprenant un repas traiteur, thé, salade et bière.

Affût face au lek des tétras lyre

La nuit a été excellente mais courte. J’avais programmé mon alarme pour 3h45. J’avale rapidement un thé puis mange deux trois bricoles avant de me mettre en route pour mon affût mobile distant d’environ 100 m. Il fait nuit noire lorsque je sors mais la lune éclaire suffisamment la tourbière pour que n’allume pas ma frontale. Il fait -2°C. A l’approche des tentes, il y a des plateformes en bois. Je dois vraiment être vigilant pour ne pas glisser car elles sont complètement gelées. Je m’installe dans la nuit, le trépied et sa tête ayant été préalablement installés dans la cabane. Les tétras lyres sont déjà là. Même si je ne les vois pas encore, je les entends lancer leurs roucoulements graves et rapides typiques de la parade nuptiale.

Petit à petit, la pénombre s’estompe, je discerne d’abord des formes puis des couleurs, d’abord les tâches blanches qu’on trouve sur certaines parties du plumage des mâles ainsi que les caroncules. Je déclenche mon appareil photo pour la première fois à 4h45 à 6400 isos et réalise mon dernier cliché à 7h25. Entre-temps, les tétras lyres s’en donnent à cœur joie devant l’affût, surtout les mâles.

Mais avant de vous en dire un peu plus sur les observations réalisées, peut-être déjà devrais-je m’attarder sur ce qu’est un lek. Le lek désigne l’unité monétaire de l’Albanie. Mais dans notre cas, le lek porte une toute autre définition. L’étymologie du mot est datée de 1871 et traduit « le fait de courtiser » chez certains animaux. Le lek définit une place sur laquelle se rassemble des individus d’une même espèce lors de la parade nuptiale. Dans le cas du tétras lyre, les poules choisissent les mâles qu’elles considèrent comme dominants. Et pour être choisi les mâles développent toute une série de sons et de comportements devant les femelles qui discrètement assistent à la parade. Déjà, ils roucoulent et accumulent les gloussements. Le lek du tétra lyre n’est pas silencieux. Et puis le coq doit montrer ses atours. Il gonfle alors son plumage, lève le bec vers le ciel, déploie ses ailes et sa queue. Ce n’est pas suffisant pour attirer madame ? Le voilà parti en découdre avec un autre mâle en s’adonnant à une étrange chorégraphie où s’entremêlent provocation, fuite et attaque. Voilà par quoi doit passer le mâle pour avoir le droit de s’accoupler avec les poules tétras. C’est tout simplement passionnant à observer et à photographier.

Avant d’arriver sur le site, je pensais que si je voyais entre 10 et 20 mâles, ça serait un super lek. Finalement, c’est 52 mâles qui sont venus parader sur le lek et j’ai pu observer 6 femelles en bordure de la tourbière. Je quitte finalement la tente d’affût à 7h30 une fois que le lek s’est vidé. Prochaine étape de mon voyage : un affût pour grand tétras.

Cahier pratique sur mon affût tétras lyre en Suède

Comment s’y rendre ?

Vol international jusqu’à l’aéroport Arlanda de Stockholm. La voiture est ensuite indispensable pour se rendre sur le site de l’affût à 1h45 de route au nord de l’aéroport.

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Avec qui faire son voyage naturaliste en Suède ?

Pour votre voyage naturaliste dans le centre de la Suède, je vous conseille d’adresser votre demande de voyage sur mesure auprès de l’agence locale avec qui je suis parti. Je l’ai sélectionnée pour son sérieux et sa connaissance faunistique de la région. Contactez Sylvia, Experte sur le centre de la Suède.

Quand photographier le tétras lyre en Suède ?

La parade nuptiale du tétras lyre peut se photographier dans le centre de la Suède du 1er avril au 15 mai.

A savoir pour un affût réussi

Pour réussir son affût photo, prévoir avec vous :

  • Des vêtements chauds, discrets et silencieux. Pensez également aux gants et au bonnet.
  • Un équipement photo avec une focale supérieure à 500 mm
  • Un trépied et idéalement une tête pendulaire
  • Un thermos pour profiter d’un café bien chaud pendant la séance

Guides d’observation

Le guide ornitho est la référence pour l’observation des oiseaux en Europe, Afrique du nord et Moyen-Orient. Existe aussi en application IOS et Android.

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