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15 jours de safari dans les réserves du nord Kenya

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De retour de 15 jours de safari au Kenya dans les parcs et réserves du nord du pays, j’ai souhaité publier un article à chaud sur ce voyage incroyable et particulier en pleine pandémie de Covid-19 que j’ai réalisé entre les deux confinements en France.

 

Parc national Meru

Après une nuit à Nairobi dans un hôtel sans charme près de l’aéroport, longue route pour le parc national Meru avec un arrêt en route pour déjeuner à la ville de Nanyuki. Nous arrivons à l’Ikweta Safari Camp situé à deux km seulement de la Murera gate du parc national. C’est un camp confortable offrant un excellent rapport qualité/prix. Nous déposons nos bagages et partons prendre les permis pour les deux prochains jours.

Le parc national Meru est déjà habituellement peu visité. Mais avec la crise sanitaire, il n’y avait tout simplement personne. Nous n’avons croisé qu’un seul 4×4 en deux jours de safari. J’ai vraiment vécu l’exploration du parc national comme un privilège. Debout dans le 4×4, cheveux au vent, j’ai eu du mal à contenir mon émotion les premiers instants en safari. Je me suis revu plus jeune lors de mon premier game-drive ou de mon premier safari à pied. J’ai eu le sentiment de revivre. Ça fait un bien fou.

Meru est un très beau parc national de savane de 870 km². D’aspect sec, il dispose de sols riches volcaniques ; il est traversé par de nombreux ruisseaux permanents s’écoulant des collines de Nyambeni et le fleuve Tana, qui prend sa source dans le massif d’Aberdare, marque la frontière avec le parc national Kora. Un cocktail qui explique la présence des animaux.

Meru m’a surpris par son avifaune très diversifiée (le parc compte près de 300 espèces d’oiseaux), ses grandes populations de buffles et de girafes réticulées. J’en profite pour dire que je suis venu dans le nord Kenya en partie pour observer les northern Big 5. La girafe réticulée en fait partie avec le zèbre de grévy, l’oryx Beisa, le gerenuk et l’autruche de Somalie. On pourrait même y ajouter la pintade vulturine. Ces animaux ne vivent pas dans le sud du Kenya.

Le parc comprend un sanctuaire à rhinocéros blancs et noirs de 83,5 km². Même si la zone est clôturée, les rhinocéros ne sont pas faciles à observer. Nous avons pu voir un rhinocéros blanc derrière une épaisse végétation.

L’un des challenges au parc national Meru, c’est d’observer mais surtout de photographier le petit koudou. Cette antilope endémique à l’Afrique de l’Est fréquente les zones arides. Je l’avais furtivement observée dans le parc national Tsavo Ouest. Rapide, elle est aussi très craintive et ne supporte pas le bruit.

 Ikweta Safari Camp

Réserve national de Shaba

Après un dernier safari matinal dans le parc national Meru, nous prenons la direction de la ville d’Archer’s Post à la confluence des réserves nationales de Shaba, samburu et Buffalo Springs. Nous nous installons au Lion’s Cave Camp situé le long de la rivière Ewaso Ng’iro. Tenu par des Samburus, il offre une vue spectaculaire sur la rivière.

Le jour suivant, nous passons la journée dans la réserve nationale de Shaba. Elle est considérée à juste titre comme la plus belle du trio Samburu, Buffalo Springs et Shaba mais aussi la plus pauvre en faune. C’est vrai que c’est la réserve dont la faune est la moins visible mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de belles observations à faire. J’y ai rencontré de belles populations de cobes à croissant, de gérénuks et d’oryx Beisa. J’y ai aussi observé mes premiers zèbres de Grévy. C’est le plus grand des zèbres. C’est aussi à mes yeux le plus beau. J’aime sa robe composée de fines rayures noires et ses grandes oreilles arrondies.

Côté avifaune, 390 espèces ont été comptabilisées. Il y a une belle densité de calaos Von der Decken’s et de tisserins. J’étais bien heureux de photographier le tisserin écarlate particulièrement remarquable en plumage nuptial.

On s’est aussi embourbé mais ça je vous en parlerai plus en détail dans un autre article.

 Lion’s Cave Camp

Réserve nationale de Samburu

J’ai exploré la réserve nationale de Samburu pendant 2 jours et demi. C’est la plus réputée des trois réserves qui longent la rivière Ewaso Ng’iro autour d’Archer’s Post. Malgré ça, on y croise très peu de 4×4 en cette période de Covid-19.

C’est depuis l’excellent Elephant Bedrooms Camp que j’ai réalisé mes safaris deux fois par jour. La réserve est bien connue des spécialistes pour ses grandes populations d’éléphants et ses léopards. Si nous croisons bien des éléphants mâles solitaires, nous ne rencontrons pas de groupes composés des femelles et des jeunes. Nous verrons aussi une jeune léoparde de 2 ou 3 ans. Nous la pisterons pendant près de 30 minutes. Le plus beau moment de mon voyage au Kenya.

Pas mal d’oiseaux aussi à observer : de nombreux guêpiers nains, des martins-chasseurs à tête grise, de nombreux rapaces, autruches de Somalie et pintades vulturines.

Je suis tombé amoureux de Samburu.

Jusqu’à la fin 2019, on pouvait se rendre à Buffalo Springs par un pont qui enjambe la rivière Ewaso Ng’iro. Si le pont est toujours debout, il ne peut plus être emprunté car il a été fragilisé par les inondations de décembre 2019. Il faut donc sortir de la réserve, rejoindre l’A2 puis entrer à Buffalo Springs.

 Elephant Bedrooms Camp

Réserve nationale de Buffalo Springs

Bien que Buffalo Springs soit juste de l’autre côté de la rivière Ewaso Ng’iro, ses paysages diffèrent un peu de Samburu et sont encore plus ouverts.

Tous les grands troupeaux d’éléphants de la région semblent avoir convergés vers Buffalo Springs. Il semblerait que c’est un comportement habituel après les pluies. Et il a plu deux jours avant notre arrivée à Samburu.

Les grands herbivores du nord du Kenya sont bien représentés : zèbres de Grévy (mais aussi zèbres des plaines), gérénuks, autruches de Somalie, girafes réticulées, pintades vulturines.

C’est ici que j’ai croisé le plus de chacals à chabraque. Les grandes étendues facilitent leur observation. J’ai aussi eu la chance de voir deux guépards aux heures les plus chaudes de la journée.

A l’inverse, moins d’oiseaux observés mais j’ai quand même pu faire deux observations intéressantes : des gangas à face noir et un tchagra à croupion rose que je n’avais jamais vu auparavant.

A l’Ashnill Samburu Camp tout comme dans la savane, j’ai pu croiser de nombreux vervets et babouins. Lorsque les plus jeunes sont transportés par les femelles, je craque. Pas vous ?

Après un jour et demi de safari, je prends la route de la Il Ngwesi Conservancy.

 Ashnill Samburu Camp

Il Ngwesi Conservancy

Pour rejoindre Il Ngwesi Conservancy, nous prenons la direction du plateau de Laikipia et passons par la Lewa Conservancy. La piste est scabreuse par moment et le chemin n’est pas évident pour se repérer dans la Lewa. La route aurait été plus rapide par Isiolo mais au moins, j’ai pu me rendre compte à quoi ressemble la Lewa.

On arrive en début d’après-midi à Il Ngwesi Eco lodge. La conservancy a été créée et continue à être gérée par les Masaïs. Si ses 8765 hectares ne lui garantissent pas autant de faune que dans les autres réserves, le site est un bon spot pour photographier le petit koudou ainsi que le rhinocéros blanc que l’on peut approcher à quelques mètres à pied. Globalement, les animaux sont plus craintifs ici que dans les autres réserves.

Au lodge, les oiseaux sont nombreux tout comme les damans. Depuis la terrasse de ma chambre, j’avais la chance de voir régulièrement éléphants, girafes, impalas, zèbres de Grévy venir s’abreuver à un petit waterhole. Juste magique. L’Eco lodge et l’équipe Masaï garantissent un séjour hors du temps.

 Il Ngwesi Eco lodge

Ol Pejeta Conservancy

Retour sur Nanyuki pour déjeuner puis route vers la Ol Pejeta Conservancy qui est l’une des réserves privées les plus actives sur le plateau de Laikipia pour la protection des rhinocéros noirs et blancs. Je verrais les deux types de rhinocéros à plusieurs reprises. C’est la réserve la plus proche de Nairobi pour voir les Big 5 : rhinocéros, éléphant, lion, léopard et buffle.

Installation au Stables, les anciennes écuries de l’ancien propriétaire d’Ol Pejeta, Adnan Khashoggi. C’est l’hébergement à bas coût de la réserve. C’est simple mais propre. J’y resterais deux nuits. L’équipe est sympa. Le camp est propice à la photographie d’oiseaux, notamment le choucador superbe, le coliou rayé et le cordon-bleu à joues rouges.

Ol Pejeta comprend de grandes étendues de savane à l’instar de Masaï Mara. On y trouve tous les grands herbivores : impalas, zèbres des plaines, gazelles de Thomson, gazelles de Grant, bubales Jackson. La réserve compte aussi son lot de prédateurs : lions, léopards, guépards, lycaons, hyènes tachetées et rayées.

Les marécages sont aussi propices à de belles rencontres : buffles, cobes de fassa, éléphants et oiseaux d’eau.

Ol Pejeta propose un nombre important d’activités. J’ai participé à un game-drive nocturne et à un safari en quête de lions disposant d’un collier GPS. Le coût est assez important (60 USD par personne) mais ça vaut le détour et c’est une façon de soutenir l’action de la conservancy. Cela m’aura permis de voir entre-autre la hyène rayée de nuit et une pride de lions.

 The Stables

Parc national Nairobi

Le parc national de Nairobi au porte de la capitale kenyane n’était au départ pas au programme de mon voyage au Kenya mais la situation de la Covid-19 a compliqué les réservations de lodge. Peu étaient ouverts. Au final, je me suis retrouvé avec une journée à occuper. Mon choix s’est porté sur le parc national de Nairobi.

Et j’ai bien eu raison. Trois lions observés au cours de cette journée ainsi que tous les grands animaux classiques de la savane kenyane hormis l’éléphant qui n’est pas présent dans le parc national.

Cahier pratique

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Avec qui faire son safari au Kenya ?

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Hébergements en safari

Hormis à Il Nggwesi Conservancy, tous les autres parcs et réserves proposent plusieurs options d’hébergements en camping ou en lodge/camp de toile.

On trouve deux types de camping : les campings publics et les special campsites. Les campings au Kenya sont bien moins bien équipés qu’en Afrique du Sud et même en Tanzanie.

J’ai personnellement fait le choix du lodge pour ces 15 jours de safari au Kenya (référence dans chaque paragraphe).

Quand se rendre dans les parcs du nord Kenya ?

Les meilleures périodes pour voir les mammifères sur ces parcs et réserves sont à la saison sèche de juin à octobre puis de janvier à mars. La meilleure période ornithologique s’étend d’octobre à avril.

JFMAMJJASOND

Guides d’observation

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4 commentaires au sujet de “15 jours de safari dans les réserves du nord Kenya”

  1. Merci Greg, grâce à toi je viens d’apprendre qu’il existait plusieurs espèces de zèbres ! Et c’est vrai que celui que tu as photographié ici est super joli, et fait presque davantage penser à un bodet du Poitou par sa silhouette. 😉

    Répondre
    • Et oui il existe même 4 sous espèces de zèbre : le zèbre des plaines, le plus commun, le zèbre de montagne du Cap le zèbre Harmann et le zèbre de grévy, celui qu’on trouve dans le nord Kenya. Ses rayures sont fines, il a de grandes oreilles et c’est aussi le plus grand au garrot.

      Répondre

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